“La France brûle” : les scènes de chaos à la une des journaux en Iran
Les scènes d’incendies et de pillages qu’ont connues Paris et d’autres villes françaises ce week-end ont fait la une des journaux iraniens lundi 19 octobre. Téhéran a dénoncé la répression policière et appelé les autorités françaises à répondre aux revendications de la jeunesse..
Les médias iraniens ont largement couvert les violences en France le week-end du 18 octobre 2026, avec des titres comme "La France brûle", publiés dans des journaux comme Sazandegi ou Jam-é-Jam. Ces titres reflètent une lecture critique des événements, mêlant soutien aux revendications sociales et condamnation des violences urbaines. Le quotidien Sazandegi, proche du Parti des cadres de la construction (une formation réformiste iranienne fondée en 1996 par des proches de l’ex-président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani), a analysé les tensions comme un conflit entre les demandes des jeunes (meilleures conditions de vie, liberté de manifester) et les méthodes répressives de l’État français. Le journal souligne l’échec des promesses gouvernementales et l’absence de solutions concrètes pour la jeunesse.
Les autorités iraniennes ont critiqué la gestion française des manifestations, notamment la répression policière. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé le président français Emmanuel Macron à écouter les revendications des jeunes, déclarant le 19 octobre 2026 : "Le peuple français exige un changement total, y compris de la liberté de manifester. Écoutez l’avenir de la France, monsieur le président." Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques entre les deux pays, l’Iran évoquant même un lien entre les difficultés économiques françaises (hausse des prix du carburant) et le blocus du détroit d’Ormuz, une route maritime stratégique pour le transport pétrolier. En janvier 2026, la France avait elle-même dénoncé la répression sanglante d’une contestation en Iran, faisant des milliers de morts.
Les médias iraniens attribuent les tensions en France à un "cercle vicieux de l’impuissance et de la violence", selon le titre du quotidien néerlandais De Volkskrant repris par Courrier international. Plusieurs facteurs sont mis en avant : les revendications sociales des lycéens et des classes populaires, la hausse du coût de la vie, et l’absence de mesures gouvernementales efficaces. Le journal Sazandegi souligne que les promesses de changement n’ont pas été suivies d’effets, alimentant la frustration. Les violences urbaines (incendies, pillages) sont présentées comme une conséquence de cette impasse, avec des dégâts estimés à plusieurs millions d’euros pour les biens publics et privés.
L’Iran lie la situation en France à des enjeux plus larges, comme la guerre économique et les sanctions internationales. Le quotidien Tehran Times évoque une "France prise dans un écheveau de problèmes en partie alimentés par la guerre contre l’Iran", faisant référence aux tensions autour du détroit d’Ormuz, un point de passage clé pour 20 % du pétrole mondial. Cette région est régulièrement le théâtre de tensions entre l’Iran et les puissances occidentales, notamment les États-Unis et leurs alliés européens. Pour l’Iran, les difficultés économiques françaises (inflation, pouvoir d’achat) seraient aggravées par ces conflits géopolitiques.
La couverture médiatique iranienne s’inscrit dans un mouvement plus large de commentaires internationaux sur la crise française. D’autres pays, comme le Royaume-Uni ou l’Italie, ont également relayé les images de violences, avec des analyses parfois critiques envers la gestion française. Par exemple, la presse britannique a exprimé une forme de schadenfreude (plaisir face au malheur d’autrui), tandis que l’Italie a rapporté des scènes similaires à Milan. Ces réactions montrent que la crise française dépasse les frontières, avec des échos dans plusieurs pays européens et au-delà.

