Le "Super El Niño" pourrait provoquer jusqu'à 450.000 décès d'ici février
El Niño pourrait avoir des conséquences dramatiques. Dans un nouveau rapport, des climatologues estiment que le phénomène météorologique pourrait causer jusqu'à 450.000 décès d'ici février..
En 2026, le phénomène météorologique El Niño atteint une intensité record, avec des conséquences majeures sur le climat mondial. Ce phénomène naturel, qui se produit tous les deux à sept ans, se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans l'océan Pacifique tropical. Ses effets se propagent à l'échelle planétaire, influençant les régimes de pluie, les températures et les conditions météorologiques. Cette année, son intensité est telle qu'il pourrait provoquer jusqu'à 450 000 décès supplémentaires d'ici février 2027, selon des projections alarmantes. Les chercheurs soulignent que cette situation est directement liée au réchauffement climatique, qui amplifie la fréquence et l'intensité des épisodes d'El Niño.
Les scientifiques ont établi un lien direct entre les vagues de chaleur extrême et l'augmentation de la mortalité. Une étude publiée en 2022 par l'université de Chicago a analysé les données de 24 000 régions dans le monde pour quantifier cet impact. Les résultats montrent que les températures élevées, qu'elles soient liées à El Niño ou à d'autres phénomènes, entraînent une surmortalité, c'est-à-dire un nombre de décès supérieur à la normale. Par exemple, la canicule de juin 2026 en Europe a déjà causé 20 000 morts, selon les estimations du climatologue Christopher Callahan. Les personnes les plus vulnérables, comme les seniors de plus de 65 ans et les nourrissons de moins de 4 ans, sont les plus touchées.
L'Afrique est la région la plus exposée aux conséquences mortelles d'El Niño en 2026-2027, avec une estimation de 30 000 décès supplémentaires au Nigeria. D'autres pays sont également concernés : l'Indonésie pourrait enregistrer 19 000 victimes, l'Inde 16 000, et le Brésil 13 000. Ces chiffres proviennent d'un rapport du Climate Impact Lab, qui combine des données climatiques et des études épidémiologiques. Les chercheurs précisent que l'impact varie selon la capacité des populations et des infrastructures à s'adapter aux températures extrêmes. Les pays en développement, moins équipés pour faire face aux canicules, sont donc plus vulnérables.
La vulnérabilité face aux vagues de chaleur dépend de plusieurs facteurs, notamment l'âge, l'état de santé et les conditions de vie. Les personnes âgées, dont le système de régulation thermique est moins efficace, sont les plus exposées. Les nourrissons, dont l'organisme est en développement, le sont également. Les infrastructures jouent aussi un rôle clé : l'absence de climatisation, de systèmes d'alerte ou de plans d'urgence aggrave les risques. Emily Grover-Kopec, experte au Rhodium Group, souligne que ces disparités expliquent pourquoi certaines régions subissent des pertes humaines bien plus élevées que d'autres, même sous des températures similaires.
Les projections du *Climate Impact Lab* ne prennent en compte que les décès directement liés à la chaleur. Pourtant, *El Niño* peut aussi favoriser d'autres catastrophes naturelles mortelles. Par exemple, il intensifie les feux de forêt en Indonésie, augmente la propagation de maladies infectieuses en Amérique du Sud et provoque des inondations dans l'ouest des États-Unis. Le professeur Christopher Callahan estime que le nombre total de décès pourrait donc dépasser les 450 000 estimés, une fois ces effets indirects pris en compte. Ces phénomènes illustrent la complexité des impacts d'*El Niño*, qui dépasse largement le cadre des simples vagues de chaleur.

