La Chine est-elle sur le point de rivaliser avec SpaceX ? Elle sait récupérer ses fusées, mais ne les a pas encore fait revoler
Deux propulseurs chinois se sont posés intacts cet été, l'un rattrapé en mer, l'autre sur ses pieds. La fusée réutilisable chinoise n'a pourtant jamais resservi, alors que le premier étage vaut 70 % du lanceur..
Cet été, la Chine a réalisé une avancée notable dans le domaine spatial en récupérant intacts deux propulseurs de fusée. L’un a été attrapé en mer, tandis que l’autre s’est posé verticalement sur ses pieds, une manœuvre délicate appelée atterrissage contrôlé. Ces propulseurs font partie de la fusée réutilisable chinoise Longue Marche 8, un lanceur conçu pour réduire les coûts des missions spatiales. La réutilisation des fusées est une technologie clé pour l’industrie spatiale, car elle permet de réemployer des éléments coûteux comme les propulseurs, qui représentent environ 70 % de la valeur totale d’un lanceur. Cependant, malgré ce succès technique, ces propulseurs n’ont pas encore été relancés dans l’espace, une étape essentielle pour prouver leur fiabilité et leur rentabilité.
La réutilisation des fusées est un objectif majeur pour les agences spatiales et les entreprises privées, car elle permet de diviser par dix ou plus les coûts d’un lancement. Par exemple, le premier étage d’une fusée, qui représente 70 % de sa valeur, coûte des dizaines de millions d’euros. En le récupérant et en le relançant, une entreprise peut économiser des sommes considérables. SpaceX, l’entreprise américaine dirigée par Elon Musk, a été pionnière dans ce domaine avec sa fusée Falcon 9, dont les premiers étages sont régulièrement réutilisés depuis 2017. La Chine, avec sa fusée Longue Marche 8, cherche à rattraper ce retard technologique. Pourtant, malgré la récupération réussie de ses propulseurs, elle n’a pas encore démontré leur réutilisation, un défi technique et logistique majeur.
SpaceX domine actuellement le marché des lanceurs réutilisables grâce à sa fusée Falcon 9, dont les premiers étages sont récupérés et relancés jusqu’à dix fois. Cette performance a permis à l’entreprise de réduire significativement ses coûts et de dominer le secteur des lancements commerciaux. La Chine, avec sa fusée Longue Marche 8, ambitionne de rivaliser avec SpaceX, mais elle en est encore à une phase de test. Les deux propulseurs récupérés cet été n’ont pas encore été relancés, contrairement à ceux de SpaceX. La Chine mise sur cette technologie pour devenir un acteur majeur du spatial, mais elle doit encore prouver que ses fusées réutilisables sont aussi fiables et économiques que celles de son concurrent américain.
La Chine a pour ambition de rendre ses fusées réutilisables opérationnelles d’ici quelques années, une étape cruciale pour son programme spatial. Le succès de la récupération des propulseurs cet été est une preuve de sa capacité technique, mais la réutilisation reste un défi. L’objectif est de réduire les coûts des missions spatiales, comme le fait déjà SpaceX, et de renforcer la compétitivité de la Chine dans le secteur. Cependant, la Chine n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour la première réutilisation de ses fusées. Cette technologie pourrait aussi servir pour des missions habitées ou des projets comme la construction d’une station spatiale lunaire, un domaine où la Chine investit massivement.

