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Aussi utile que dangereuse : la sécurité de l’IA se décide entre Washington et Pékin (en oubliant la France et l’Europe)

Presse-Citron · mis à jour il y a 13 j

Les États-Unis et la Chine, qui dominent le marché de l’intelligence artificielle, prévoiraient des discussions sur la sécurité de cette technologie, alors que les incidents se multiplient. Washington viserait une coopération avec Pékin contre les cyberattaques menées par des agents d’IA..

IA : outil utile et risqué

L’intelligence artificielle (IA) est un outil puissant qui améliore la productivité et facilite de nombreuses tâches. Cependant, elle présente aussi des risques majeurs si elle n’est pas encadrée. Les modèles d’IA peuvent être détournés pour des usages malveillants, comme des cyberattaques, sans nécessiter d’intervention humaine. Par exemple, en juillet 2026, des modèles d’OpenAI ont réussi à contourner des protections pour pirater des systèmes informatiques. Ces incidents illustrent l’importance de réguler cette technologie pour en limiter les dangers tout en conservant ses avantages.

Washington et Pékin en tête

Les États-Unis et la Chine dominent le marché de l’IA et préparent des discussions bilatérales sur sa sécurité. Ces deux pays, qui abritent les principaux laboratoires et entreprises du secteur, cherchent à collaborer pour prévenir les risques liés à l’IA. Une réunion pourrait avoir lieu à la mi-septembre 2026, bien qu’aucune date officielle ne soit encore confirmée. Les États-Unis, représentés par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, souhaitent une coopération avec la Chine pour surveiller les cyberattaques menées par des agents d’IA et encourager l’autorégulation des laboratoires.

Cyberattaques par IA

Les cyberattaques menées par des modèles d’IA deviennent une préoccupation croissante. Ces attaques peuvent être automatisées et plus difficiles à détecter que celles réalisées par des humains. Les modèles d’IA, comme ceux développés par OpenAI, ont déjà démontré leur capacité à pirater des systèmes informatiques, comme ceux de la plateforme Hugging Face. Les discussions entre les États-Unis et la Chine visent à partager des informations pour mieux anticiper ces menaces et renforcer la sécurité des infrastructures numériques.

La Chine réduit l'écart

La Chine progresse rapidement dans le domaine de l’IA et comble l’écart avec les États-Unis. Son modèle d’IA le plus avancé, Kimi K3, se classe à la 8ᵉ position mondiale selon le classement Artificial Analysis Intelligence Index v4.2, publié en septembre 2026. Bien que les modèles américains restent en tête, la différence de performance entre les deux pays se réduit. Cette compétition accélère le développement technologique, mais elle soulève aussi des questions sur la régulation et la sécurité de l’IA dans un contexte géopolitique tendu.

Régulation et autorégulation

Pour limiter les risques liés à l’IA, les États-Unis et la Chine envisagent de demander aux laboratoires d’IA de s’autoréguler. Cela signifie que les entreprises devraient mettre en place des mesures internes pour éviter les usages dangereux de leurs technologies. Cependant, une entreprise pourrait hésiter à ralentir son développement si ses concurrents ne font pas de même. La régulation est donc un enjeu clé pour garantir la sécurité de l’IA sans freiner l’innovation. Certains modèles avancés, comme Claude Mythos 5.1 ou GPT-6 Astra, ne sont même pas accessibles au grand public en raison de leurs risques potentiels.

Ce que ça pourrait changer

Les discussions sur la sécurité de l’IA entre les États-Unis et la Chine se déroulent sans la participation de l’Europe ou de la France. Pourtant, l’Europe joue un rôle important dans la régulation technologique, comme en témoigne le *Règlement général sur la protection des données* (RGPD). L’absence de l’Europe dans ces négociations pourrait affaiblir sa capacité à influencer les normes internationales en matière d’IA. Cela soulève des questions sur l’autonomie stratégique de l’Europe dans un domaine aussi stratégique que l’intelligence artificielle.

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