Tarifs : « Ce n’est pas une fête du Travail comme les autres »
Célébrer la fête du Travail a un goût particulier cette année en raison de la guerre commerciale..
À partir du 8 septembre 2026, le Canada appliquera de nouveaux contre-tarifs sur des produits américains en réponse aux tarifs imposés par les États-Unis. Ces contre-mesures visent à protéger les industries canadiennes, notamment dans les secteurs de l'automobile, du bois et de la fabrication. Lana Payne, présidente nationale d'Unifor (le plus grand syndicat du secteur privé au Canada), souligne que cette guerre commerciale met en péril des emplois et l'avenir industriel du pays. Les contre-tarifs sont présentés comme une riposte nécessaire pour éviter que des concessions répétées ne laissent le Canada sans industrie manufacturière face à l'administration Trump. Les entreprises canadiennes pourraient subir des coûts accrus en raison de l'augmentation du prix des intrants, c'est-à-dire des matières premières ou composants nécessaires à leur production, importés des États-Unis.
Les entreprises canadiennes, déjà fragilisées par les contre-tarifs de 2025, risquent de subir à nouveau des difficultés financières. Selon Mathieu Lavigne, vice-président aux affaires publiques de la Fédération des Chambres de commerce du Québec, les entreprises touchées pourraient tenir deux mois grâce aux aides fédérales, mais leur situation deviendra insoutenable par la suite. Ottawa a alloué 7,5 milliards de dollars canadiens pour soutenir les entreprises et les travailleurs, mais Lana Payne estime que des mesures supplémentaires, comme des subventions salariales ciblées, seront nécessaires. Les secteurs les plus vulnérables incluent l'automobile, le bois et la transformation des métaux, où les chaînes de production dépendent fortement des échanges avec les États-Unis.
Lana Payne, présidente d'Unifor, insiste sur la nécessité de mobiliser tous les moyens disponibles pour protéger les emplois canadiens. Elle propose d'étendre les contre-mesures en taxant les exportations d'énergie ou de potasse, une ressource utilisée dans la production d'engrais et dont plus de 50 % de la production canadienne est exportée vers les États-Unis. Pour elle, l'enjeu est de sauver l'industrie canadienne avant qu'il ne soit trop tard, notamment dans des secteurs clés comme l'automobile ou la transformation du bois. Elle souligne que sans une réponse ferme, le Canada pourrait perdre ses usines et son savoir-faire industriel d'ici deux ans.
Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) demande au gouvernement fédéral d'améliorer le programme d'assurance-emploi pour protéger les travailleurs menacés par la guerre commerciale. Milan Bernard, co-porte-parole du CNC, propose de rendre permanentes les mesures temporaires annoncées en août 2026, comme l'assouplissement des critères d'admissibilité à 420 heures de travail et l'extension des 20 semaines supplémentaires de prestations. Il met en garde contre les pertes d'emplois directes et indirectes, qui pourraient affecter des milliers de travailleurs dans des secteurs éloignés des entreprises directement touchées. Le gouvernement a répondu en réaffirmant son soutien aux Canadiens pour les aider à s'adapter à cette crise.
À quelques heures de l'entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens, aucune négociation n'est prévue entre Ottawa et Washington. Donald Trump a intensifié les tensions en interdisant la vente d'avions Bombardier aux États-Unis, affirmant que leurs produits n'étaient pas assez bons. Il a également critiqué le Canada pour ses restrictions envers les banques et entreprises américaines. Ni Janice Charette, négociatrice en chef du Canada, ni Dominic LeBlanc, ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, ne sont à Washington pour tenter de désamorcer la crise. Cette absence de dialogue laisse présager une escalade des mesures protectionnistes des deux côtés de la frontière.

