Une journaliste américaine attaquée par des colons en Cisjordanie
La photojournaliste du Washginton Post Heidi Levine a été battue alors qu'elle faisait son travail..
Une photojournaliste américaine expérimentée, Heidi Levine, travaillant pour le Washington Post, a été violemment agressée le vendredi 14 octobre 2023 par des colons israéliens en Cisjordanie occupée. Selon son témoignage, plus de 50 hommes masqués, armés de bâtons et de barres de fer, l'ont rouée de coups alors qu'elle couvrait la récolte des olives près des villages palestiniens de Turmus Ayya et Khirbet Abu Falah. Elle a tenté de se protéger en utilisant son sac contenant son téléphone, mais celui-ci lui a été arraché. Les assaillants l'ont frappée à plusieurs reprises, la laissant avec une plaie visible à la main gauche. Malgré son identification comme journaliste et comme mère, ainsi que le port d'un gilet pare-balles marqué du mot Presse, elle n'a pas été épargnée. Elle a été transportée dans une ambulance palestinienne vers un hôpital à Ramallah, où elle a été soignée avant d'être transférée vers un hôpital israélien près de Tel-Aviv.
La violence a éclaté alors que Heidi Levine documentait la récolte des olives, une activité agricole traditionnelle en Cisjordanie, souvent marquée par des tensions entre colons israéliens et agriculteurs palestiniens. Ces récoltes, qui ont généralement lieu entre octobre et novembre, deviennent des moments de confrontation, notamment en raison des revendications territoriales des colons. La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où vivent environ 3 millions de Palestiniens et plus de 500 000 Israéliens dans des colonies considérées comme illégales au regard du droit international. Les colons, souvent soutenus par des groupes extrémistes, s'opposent régulièrement à l'accès des Palestiniens à leurs terres, ce qui peut dégénérer en violences.
L'agression a suscité une vague de condamnations internationales. Le Washington Post, pour lequel travaille Heidi Levine, a exprimé son indignation face à cette attaque injustifiée contre une professionnelle effectuant son travail. Les États-Unis, par la voix d'un responsable du département d'État américain s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont également condamné la violence criminelle en Cisjordanie, sans désigner directement les colons. Ils ont appelé à des enquêtes sérieuses et proposé un soutien consulaire à la journaliste. De son côté, l'ONG Reporters sans frontières a dénoncé une violence décomplexée et l'impunité dont bénéficient souvent les colons extrémistes, souvent protégés par les forces armées israéliennes. Le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a assuré que les responsables seraient tenus pour responsables, tout en évitant d'accuser directement les colons.
Le bureau de Nétanyahou a présenté une version des événements différente de celle de Heidi Levine. Selon cette version, une quarantaine de jeunes Israéliens auraient été confrontés à environ 200 Arabes et militants d'extrême gauche, les deux camps s'étant lancés des pierres. L'armée israélienne a affirmé être intervenue pour mettre fin à un affrontement violent et a confirmé que la journaliste avait été blessée. La police israélienne a annoncé avoir ouvert une enquête et dépêché du personnel pour recueillir des preuves et des témoignages. Cette version contraste avec le récit de Heidi Levine, qui décrit une attaque unilatérale et non provoquée par des Palestiniens ou des militants.
Cette attaque s'inscrit dans un contexte plus large de violences croissantes en Cisjordanie, notamment depuis le début de la guerre à Gaza en 2023. Les colons israéliens multiplient les attaques contre les Palestiniens et les journalistes, souvent lors de la récolte des olives ou d'autres événements agricoles. Selon des ONG israéliennes et palestiniennes, ces violences sont rarement suivies d'enquêtes approfondies ou de poursuites, ce qui renforce un sentiment d'impunité. En octobre 2023, un photographe de l'AFP, Jaafar Ashtiyeh, avait également été roué de coups par des colons. En juillet 2023, une équipe de la chaîne américaine CNN avait été agressée près de Ramallah. Ces incidents illustrent une escalade de la violence, avec des attaques quasi quotidiennes contre les Palestiniens et les journalistes en Cisjordanie.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette affaire. **Heidi Levine** est une photojournaliste expérimentée, spécialisée dans la couverture des conflits au Moyen-Orient depuis des décennies. Le *Washington Post* est un journal américain influent qui a condamné l'attaque. Les **colonies israéliennes** en Cisjordanie, illégales selon le droit international, abritent plus de 500 000 Israéliens et sont souvent au cœur des tensions. Les **forces armées israéliennes** sont accusées de protéger parfois les colons, tandis que la **police israélienne** a annoncé une enquête. Les **ONG** comme *Reporters sans frontières* et les **États-Unis**, par l'intermédiaire de leur département d'État, ont condamné la violence et appelé à des enquêtes. Enfin, le **Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou** a promis que les responsables seraient tenus pour responsables, sans désigner explicitement les colons.

