Le thème de l’islam est déjà dans la campagne présidentielle française, “ et ce n’est pas une bonne nouvelle”
Marine Le Pen a proposé la “pénalisation du voile islamiste dans l’espace public” tandis que Mathilde Panot a déclaré que l’interdiction de l’abaya à l’école serait abolie si LFI arrivait au pouvoir. Le thème du religieux s’est déjà invité dans la présidentielle, regrette “Le Temps”, selon qui ce sujet exacerbe les fractures de la société..
Dès le début de la campagne pour l’élection présidentielle française de 2027, le thème de l’islam s’est imposé comme un sujet central, alors qu’aucune actualité particulière ne l’y a directement poussé. Ce choix éditorial ou politique intervient dès les premiers jours de la campagne, ce qui est inhabituel pour un thème aussi sensible. Selon le quotidien suisse Le Temps, cette focalisation précoce sur l’islam risque d’exacerber les divisions au sein de la société française. L’article souligne que ce sujet, bien que présent dans le débat public, n’est pas nouveau mais devient un marqueur politique récurrent lors des élections.
Marine Le Pen, figure du Rassemblement national (RN), a lancé le débat le 31 août 2026 en proposant une mesure forte : la pénalisation du voile islamiste dans l’espace public. Cette déclaration, faite sur le réseau social X (anciennement Twitter), vise à lutter contre ce qu’elle qualifie d’idéologies islamistes. Le RN, parti d’extrême droite, considère cette mesure comme une priorité pour préserver ce qu’il présente comme les valeurs françaises. Cependant, cette proposition a immédiatement suscité des critiques, y compris au sein des autres forces politiques, qui y voient une stigmatisation des musulmans ou une restriction des libertés individuelles.
En réaction aux propositions du RN, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, a contre-attaqué en annonçant que son parti abolirait l’interdiction du port de l’abaya dans les établissements scolaires si LFI arrivait au pouvoir. L’abaya est une robe longue portée par certaines femmes musulmanes, souvent associée à des débats sur la laïcité à l’école. Cette interdiction, mise en place en 2023, avait été critiquée par des associations de défense des droits humains et des musulmans. LFI, parti de gauche radicale, défend une approche plus libérale en matière de pratiques religieuses dans l’espace public.
Ces prises de position opposées illustrent comment le thème de l’islam est devenu un enjeu politique majeur en France, bien au-delà de son cadre religieux. Les candidats de tous bords se positionnent sur des questions comme le port de signes religieux ou la lutte contre l’islamisme, ce qui reflète une polarisation croissante de la société. L’article souligne que cette instrumentalisation du religieux dans la campagne électorale pourrait renforcer les clivages entre les communautés et alimenter les tensions sociales. Le Temps regrette que ce sujet, déjà récurrent dans les débats politiques français, soit utilisé comme un outil de division plutôt que comme un sujet de réflexion collective.
L’analyse publiée par *Le Temps*, un quotidien suisse, offre un regard extérieur sur la situation française. Le journal souligne que la France, souvent perçue comme un modèle de laïcité, utilise de plus en plus l’islam comme un thème de campagne, ce qui n’est pas sans conséquences. Selon l’article, cette focalisation précoce et systématique sur l’islam pourrait fragiliser la cohésion nationale et détourner l’attention des autres enjeux politiques, économiques ou sociaux. Le *Temps* s’interroge sur les motivations derrière cette stratégie et ses impacts potentiels sur la société française.

