Le nouveau format des Masters 1000, déjà désuet?
Le retrait de Sinner et de Djokovic de l'OBN soulève des questions sur le format en 12 jours des Masters 1000..
Depuis 2023, cinq tournois Masters 1000 de l’ATP (catégorie de tournois majeurs juste après les Grands Chelems) ont été étendus de 7 à 12 jours. Cette modification, adoptée pour s’aligner sur la durée des tournois d’Indian Wells et de Miami, vise à offrir un produit plus premium, similaire aux Grands Chelems, qui génèrent les revenus les plus élevés dans le tennis. Les tournois de Monte-Carlo et Paris conservent quant à eux une durée d’une semaine. Cette réforme a été critiquée par plusieurs joueurs, comme le Français Arthur Fils, qui a déclaré : « Je préfère les tournois d’une semaine, toujours. Deux semaines, c’est trop long. Douze jours, c’est presque comme un grand chelem. » Le but affiché était d’alléger le calendrier, mais certains estiment que cela a plutôt alourdi la charge de travail des athlètes.
L’annonce du retrait de Jannik Sinner et Novak Djokovic de l’Omnium Banque Nationale (OBN) à Montréal, ainsi que les absences répétées d’autres joueurs comme Carlos Alcaraz (blessé depuis avril 2024), soulèvent des questions sur l’impact du nouveau format. Alcaraz, malgré ses six victoires en neuf Masters 1000, n’a jamais atteint les demi-finales à Montréal, Shanghai ou Paris. Djokovic, absent à Paris depuis 2023, illustre aussi cette tendance. La directrice de l’OBN, Valérie Tétreault, reconnaît que le problème n’est pas nouveau à Montréal, mais que le format de 12 jours pourrait y contribuer. Les joueurs évoquent un manque de temps pour récupérer ou s’entraîner, et certains préfèrent se concentrer sur d’autres tournois comme celui de Cincinnati, joué juste avant l’US Open.
Le tournoi de Montréal souffre particulièrement de sa position dans le calendrier, placé après Wimbledon (repoussé d’une semaine depuis 2015). Les joueurs doivent s’adapter rapidement à la surface en dur, contrairement à la terre battue de Wimbledon. Certains optent pour le Masters 1000 de Cincinnati (13-23 août 2024), joué sur la même surface et plus proche de l’US Open (début septembre à New York), pour mieux préparer ce Grand Chelem. Cette situation n’est pas unique : les Masters 1000 de fin d’année, comme Shanghai ou Paris, subissent aussi des désistements ou des performances en baisse, avec des joueurs arrivant en mauvaise forme.
Le passage à 12 jours a permis d’augmenter les recettes et les prix pour les joueurs. En 2023, l’OBN a battu son record d’affluence avec environ 50 000 spectateurs de plus, grâce notamment à ces cinq jours supplémentaires. Les bourses des tournois sont désormais plus élevées, répondant à une demande des joueurs. Cependant, la directrice Valérie Tétreault souligne que le nombre total de matchs disputés par les meilleurs joueurs n’a pas significativement changé : c’est surtout le nombre de matchs d’exhibition qui a augmenté. Par exemple, Carlos Alcaraz et le Brésilien Joao Fonseca ont un match hors compétition prévu en décembre 2024. La parité salariale entre hommes et femmes à l’OBN sera atteinte en 2027.
L’absence de **Sinner** et **Alcaraz** place **Félix Auger-Aliassime** (FAA), joueur canadien, en tant que 2e tête de série à l’OBN 2024. C’est son meilleur classement pour un *Masters 1000*, et il vise sa première victoire dans un tournoi de cette envergure. **Tétreault** se réjouit de cette opportunité pour le tennis canadien, tout en reconnaissant la pression supplémentaire liée au statut de favori local. **Alexander Zverev**, vainqueur de *Roland-Garros* 2024, est la 1re tête de série. Le tournoi mise sur cette dynamique pour attirer du public, mais le défi reste de convaincre les stars mondiales de participer régulièrement, malgré les contraintes du nouveau format.

