PSPP défend une loi sur la laïcité caquiste que Fréchette désavoue aujourd’hui
La loi 94 interdit le port de signes religieux même aux parents qui font du bénévolat dans les écoles..
La loi 94, adoptée en 2025 par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), vise à renforcer la laïcité dans le réseau de l’éducation au Québec. Son objectif initial était d’établir des règles pour les personnes en position d’autorité par rapport aux enfants, comme les enseignants ou les membres du personnel scolaire. La loi interdit le port de signes religieux, même aux parents qui font du bénévolat dans les écoles. Cette mesure s’inscrit dans un débat plus large sur la laïcité, un principe qui sépare les institutions publiques de toute influence religieuse. La loi a été adoptée après des incidents rapportés à l’école primaire Bedford de Montréal, où des dérives liées à des signes religieux ont été observées. Elle s’applique désormais à un large éventail de personnes intervenant dans les écoles, y compris les bénévoles.
La cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, a désavoué l’application de la loi 94 aux parents bénévoles, reconnaissant que cette extension n’était pas prévue initialement. Elle a promis de clarifier les règles pour éviter des situations d’exclusion, comme celle vécue par Joanne Codère, une mère dont la fille fréquente une école de Montréal. Cette dernière s’est indignée sur Facebook après qu’une bénévole voilée ait été exclue d’une épluchette de blés d’Inde organisée par l’école. À l’inverse, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, défend l’application stricte de la loi. Il considère que les bénévoles, même parents, sont en position d’autorité et doivent retirer leurs signes religieux pour maintenir la confiance de tous. Le PQ propose également d’interdire aux élèves du primaire le port de signes religieux ostensibles, c’est-à-dire visibles et identifiables immédiatement.
Le PQ, dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé des mesures supplémentaires en cas de victoire aux élections du 5 octobre 2026. Il souhaite interdire aux élèves du primaire le port de signes religieux ostensibles, comme les voiles ou les turbans, tout en autorisant les signes discrets ou dissimulables. Cette proposition s’inspire du modèle français, où le terme ostensible désigne des signes religieux visibles et identifiables. Le PQ propose aussi de cesser le financement des écoles qui bénéficient du crédit d’impôt à titre d’organismes religieux, tout en maintenant les fonds publics pour celles qui suivent le programme officiel du ministère de l’Éducation. Cette mesure vise à clarifier la distinction entre les écoles religieuses et celles qui ne le sont pas, mais qui se sont enregistrées comme telles pour des raisons fiscales.
L’article cite l’exemple de Joanne Codère, une mère dont les enfants fréquentent une école de Montréal dans un quartier à prédominance maghrébine. Elle a partagé sur Facebook son indignation après qu’une bénévole voilée ait été exclue d’une activité scolaire, une épluchette de blés d’Inde. Selon le courriel reçu par l’école, cette bénévole ne pouvait participer qu’à condition de retirer son hidjab, un voile islamique couvrant la tête et les épaules. Ce cas illustre les tensions générées par la loi 94, qui, selon ses détracteurs, engendre des situations d’exclusion dans des milieux scolaires pourtant censés être inclusifs. D’autres parents et directions d’école au Québec ont également exprimé leur inconfort face à cette loi, soulignant son impact sur la cohésion sociale.
La loi 94 et ses conséquences alimentent un débat plus large sur la laïcité au Québec. Les partisans de la loi estiment qu’elle garantit la neutralité des institutions publiques et protège les enfants d’influences religieuses. Ses détracteurs, comme Christine Fréchette (CAQ), soulignent que son application aux bénévoles va trop loin et crée des divisions inutiles. Le PQ, tout en défendant la loi, propose des ajustements pour concilier laïcité et inclusion. Ce débat reflète les tensions autour de la place des religions dans l’espace public, un sujet récurrent en politique québécoise. La question de la laïcité est particulièrement sensible dans les écoles, où elle touche directement les élèves, les enseignants et les familles.

