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Des fumées « malsaines » : le GP de F1 de Singapour va se dérouler dans des conditions particulières

Presse-Citron · mis à jour il y a 28 j

Les pilotes de F1 sont habitués à la chaleur étouffante du circuit de Marina Bay et à son tracé très exigeant, truffé de virages à l'aveugle. Cette année, ils vont devoir affronter un autre adversaire : l'air, complètement irrespirable..

Brouillard toxique à Singapour

Singapour subit depuis cinq semaines un brouillard toxique persistant, charrié par les vents de sud-est depuis les îles indonésiennes de Bornéo et de Sumatra. Ce phénomène est causé par des feux de forêt ravageant l’Indonésie, les plus violents depuis onze ans. Ces incendies, aggravés par un épisode El Niño exceptionnellement intense et une sécheresse prolongée, ont déjà brûlé plus de 202 000 hectares de terres en 2026, exposant 12,5 millions de personnes à la fumée. Les particules fines ont traversé les frontières, touchant la Malaisie, Brunei, les Philippines et Singapour, où l’air est classé malsain depuis le 4 septembre. L’indice PSI (Pollutant Standards Index), qui mesure la qualité de l’air sur 24 heures en intégrant six polluants, oscille entre 101 et 200, avec un pic à 164 le 29 septembre dans la zone centrale de Singapour.

Risques pour la santé

L’air malsain à Singapour expose les habitants à des risques sanitaires, notamment une réduction de l’effort physique en extérieur recommandée par les autorités. La course de Formule 1, prévue du 9 au 11 octobre, présente des dangers spécifiques pour les pilotes, les commissaires, les mécaniciens et les spectateurs. En effet, la F1 est un sport intense : les pilotes subissent un effort cardio-vasculaire extrême, avec un rythme cardiaque pouvant atteindre 160-170 battements par minute, voire 180 bpm. Leur déshydratation est importante, avec une perte de plusieurs litres d’eau par course. Dans ces conditions, l’inhalation de particules fines peut pénétrer directement dans leur sang via les alvéoles pulmonaires, aggravant les risques pour leur santé. En 2019, Singapour avait déjà connu une situation similaire, mais limitée à quelques jours, alors qu’en 2026, ce brouillard toxique s’étire depuis plus d’un mois.

Ce que ça pourrait changer

La Fédération internationale de l’automobile (*FIA*) a décidé de maintenir le Grand Prix de Singapour malgré les conditions polluées, sans définir de seuil au-delà duquel la course serait annulée. La FIA se base sur les recommandations des autorités singapouriennes, notamment la *National Environment Agency* (*NEA*), qui surveille la qualité de l’air. Les organisateurs pourraient restreindre les animations en extérieur en cas de dégradation supplémentaire, mais la course en elle-même, prévue dimanche 11 octobre à 20 heures, ne sera pas interrompue. En 2019, des mesures comme des postes de premiers secours supplémentaires et la distribution de masques N95 aux spectateurs avaient été mises en place. Cependant, la situation actuelle est bien plus durable et intense, posant la question de la priorité donnée à la rentabilité du Grand Prix plutôt qu’à la santé des participants et du public.

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