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Des PFAS dans les fraises : 6 échantillons sur 10 cultivés en Europe contaminés

Reporterre· 7 juillet 2026

Près de 6 échantillons de fraises cultivées en Europe sur 10 sont fortement contaminés par des PFAS provenant de pesticides. C'est le résultat inquiétant d'une enquête menée par Pesticide Action Network ( PAN ) Europe publiée le 7 juillet. L'étude, qui porte sur 41 échantillons (majoritairement en…

Résumé

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PFAS : des polluants persistants

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont une famille de plus de 4 700 composés chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméables et résistantes à la chaleur.

Ces molécules, surnommées Forever Chemicals (produits chimiques éternels) en raison de leur extrême persistance dans l’environnement, ne se dégradent pas naturellement.

Elles s’accumulent dans les sols, les eaux et les organismes vivants, y compris les humains.

Les PFAS sont présents dans de nombreux produits du quotidien comme les poêles antiadhésives, les emballages alimentaires, les textiles imperméables ou encore les mousses anti-incendie.

Leur utilisation intensive et leur résistance ont conduit à une contamination généralisée, touchant aussi bien l’air, l’eau que les aliments, comme le révèle une étude récente sur les fraises cultivées en Europe.

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Fraises européennes contaminées

Une enquête menée par le média Reporterre et l’ONG Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) a révélé que 60 % des échantillons de fraises cultivées en Europe contiennent des résidus de PFAS.

Sur les 42 échantillons analysés, 25 présentaient des taux détectables de ces polluants, avec des concentrations variables selon les pays.

Les fraises issues de cultures conventionnelles étaient davantage touchées que celles issues de l’agriculture biologique.

Les échantillons provenaient de plusieurs pays européens, dont l’Espagne, l’Italie, la Pologne et la France, sans qu’aucun pays ne soit épargné.

Ces résultats soulèvent des questions sur l’exposition des consommateurs à ces substances via leur alimentation, alors que les fraises sont l’un des fruits les plus consommés en Europe.

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Origines de la contamination

Les PFAS présents dans les fraises trouvent principalement leur origine dans les sols et les eaux d’irrigation contaminés.

Ces polluants peuvent provenir de plusieurs sources, notamment l’utilisation de boues d’épuration issues de stations de traitement des eaux usées, souvent riches en PFAS, comme engrais agricole.

Les rejets industriels, les mousses anti-incendie utilisées lors d’exercices militaires ou d’accidents, ainsi que les produits phytosanitaires contenant des PFAS contribuent également à cette pollution diffuse.

En Europe, la réglementation sur l’usage des PFAS reste fragmentée, avec des limites maximales de résidus (LMR) variables selon les pays, ce qui complique leur contrôle et leur réduction à l’échelle continentale.

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Risques pour la santé humaine

L’exposition aux PFAS est associée à plusieurs risques pour la santé humaine, bien que les effets varient selon les composés et les niveaux d’exposition.

Des études épidémiologiques ont établi des liens entre ces substances et des problèmes de fertilité, des perturbations du système immunitaire, des cancers (notamment du rein et des testicules), ainsi que des troubles du développement chez les enfants.

Les PFAS sont également suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, capables d’interférer avec le système hormonal.

Leur accumulation dans l’organisme, même à faible dose, est préoccupante en raison de leur persistance.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommande de réduire l’exposition à ces substances, mais les seuils de sécurité actuels font débat parmi les scientifiques.

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Réactions des autorités européennes

Face à l’ampleur de la contamination, la Commission européenne a proposé en 2023 de restreindre strictement l’usage des PFAS dans l’Union européenne, dans le cadre du règlement REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques).

Cette proposition vise à interdire la fabrication, la mise sur le marché et l’utilisation de ces substances, sauf pour des usages essentiels où aucune alternative n’existe.

Cependant, le processus d’adoption est long et complexe, avec des négociations en cours entre les États membres, certains pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas soutenant fermement la restriction, tandis que d’autres, comme la France, adoptent une position plus prudente.

En attendant, les associations de défense de l’environnement et de la santé publique appellent à une action immédiate pour protéger les consommateurs.

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Solutions pour limiter l'exposition

Pour réduire l’exposition aux PFAS via l’alimentation, plusieurs mesures peuvent être envisagées.

Les consommateurs peuvent privilégier les fraises issues de l’agriculture biologique, moins exposées à ces polluants en raison de l’interdiction des produits chimiques de synthèse.

Laver soigneusement les fruits et légumes avant consommation peut également réduire une partie des résidus en surface, bien que cela ne suffise pas à éliminer les PFAS déjà absorbés par la plante.

À plus grande échelle, les agriculteurs sont encouragés à adopter des pratiques culturales limitant la contamination des sols, comme l’utilisation de boues d’épuration contrôlées ou la rotation des cultures.

Les pouvoirs publics, quant à eux, pourraient renforcer les contrôles sur les rejets industriels et les épandages de boues, ainsi que financer des recherches pour identifier des alternatives aux PFAS dans les produits du quotidien.

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