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Et si l’IA permettait d’augmenter le nombre d’emplois, plutôt que de les supprimer ?

Mathilde Saliou· 7 juillet 2026
Et si l’IA permettait d’augmenter le nombre d’emplois, plutôt que de les supprimer ?

Dans le secteur de l’information (médias, numériques), l’adoption forte de l’IA s’accompagne d’une augmentation des effectifs sur 24 mois, relève une nouvelle étude. Des résultats qui viennent ajouter de la complexité (ou de la nuance ?) dans les débats sur les effets de ce type de technologies sur…

Résumé

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IA et création d'emplois

Une étude récente menée par les sociétés Ramp et Revelio Labs révèle que l'adoption intensive de l'intelligence artificielle (IA) dans certaines entreprises s'accompagne d'une augmentation des effectifs plutôt que d'une suppression d'emplois.

Les chercheurs ont analysé les données de 22 000 entreprises américaines sur une période de 24 mois.

Ils constatent que les sociétés investissant le plus dans l'IA (en moyenne 30 $ par employé et par mois pendant leurs trois premiers mois d'utilisation) voient leur nombre total d'employés croître de 10,2 % et leurs postes juniors de 12 %.

Ces résultats contredisent partiellement les craintes traditionnelles selon lesquelles l'IA détruirait des emplois.

Cependant, l'étude précise que cette tendance s'observe principalement dans les entreprises dites de « haute intensité » en IA, c'est-à-dire celles qui intègrent profondément ces technologies dans leurs processus de travail.

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Secteurs et profils concernés

L'augmentation des emplois liée à l'IA concerne tous les types de métiers, mais elle est particulièrement marquée dans les entreprises technologiques (médias, logiciels, services numériques).

Les secteurs comme la construction, la santé ou l'hôtellerie-restauration, où l'adoption de l'IA est moins forte, ne montrent pas de variation significative de leurs effectifs.

Les entreprises concernées par cette croissance sont souvent des structures plus grandes, plus techniques et déjà en croissance avant même d'utiliser l'IA.

Elles sont également plus fréquemment soutenues par des fonds d'investissement (capital-risque).

Par exemple, les entreprises actives dans l'information (médias, fournisseurs de logiciels) présentent le lien le plus fort entre adoption d'IA et augmentation de l'emploi à moyen terme.

Enfin, la présence d'équipes d'ingénieurs favorise fortement l'adoption de l'IA, ces profils étant plus enclins à intégrer ces outils dans leur travail quotidien.

3

Débat sur les causes

L'étude ne permet pas d'affirmer avec certitude que l'IA est directement responsable de la création d'emplois.

En effet, les entreprises qui investissent massivement dans l'IA sont souvent celles qui connaissaient déjà une croissance rapide avant même d'adopter ces technologies.

Leur profil (taille, secteur, financement) influence également leur capacité à embaucher.

Par ailleurs, les auteurs soulignent que les effets de l'IA sur l'emploi pourraient prendre plus de trois ans à se matérialiser pleinement.

Contrairement à d'autres travaux, cette étude adopte une approche macro, c'est-à-dire qu'elle observe les tendances globales sans analyser la qualité des emplois créés ou les modifications précises des postes existants.

Enfin, elle ne révèle aucun effet négatif direct de l'IA sur l'emploi, comme une réduction des effectifs, ce qui contraste avec certaines anticipations alarmistes.

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Explications possibles

Plusieurs hypothèses pourraient expliquer ces résultats, différents des études plus pessimistes.

D'abord, le recul sur les impacts de l'IA s'allonge, permettant une analyse plus nuancée.

Ensuite, certaines entreprises pourraient utiliser l'IA comme argument pour justifier des suppressions d'emplois, alors que ces réductions seraient liées à d'autres difficultés économiques.

Enfin, cette étude s'inscrit dans un ensemble plus large de travaux qui, pris ensemble, ne permettront de dégager une image claire des effets de l'IA sur l'emploi qu'après plusieurs années.

Les auteurs rappellent également que l'IA pourrait simplement accélérer des tendances déjà existantes, comme la transformation des métiers ou l'automatisation partielle de certaines tâches, sans nécessairement créer ou détruire des emplois en masse.

5

Limites des données

Cette étude présente des limites importantes.

Elle ne précise pas si les emplois créés sont de meilleure qualité que ceux supprimés ou modifiés.

Elle ne mesure pas non plus l'impact de l'IA sur les salaires, les conditions de travail ou la satisfaction des employés.

De plus, elle se concentre sur les entreprises américaines, ce qui limite la portée géographique des conclusions.

Les auteurs notent enfin que les effets de l'IA sur l'emploi pourraient varier selon les secteurs, les tailles d'entreprises ou les profils de travailleurs.

Par exemple, les postes juniors pourraient bénéficier davantage de l'IA, mais les métiers manuels ou relationnels (comme le service client) pourraient être moins impactés.

Ces nuances soulignent la complexité des interactions entre technologie et marché du travail.

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