NapseflowNapseflow
Article externe

«J’avais le sentiment d’étouffer» : un épisode de pollution «sans précédent» autour des incendies historiques en Gironde

Zoé Moreau· 28 juillet 2026
«J’avais le sentiment d’étouffer» : un épisode de pollution «sans précédent» autour des incendies historiques en Gironde

Les fumées du gigantesque incendie qui ravage la Gironde et les Landes ont provoqué une pollution atmosphérique d’une intensité exceptionnelle jusque dans l’agglomération bordelaise. Les autorités appellent la population à rester chez elle et à éviter tout effort physique.

Résumé

1

Incendies géants en Gironde

Des incendies d’une ampleur historique ravagent la Gironde et les Landes depuis plusieurs jours.

Au 28 juillet 2026, ils ont déjà détruit 42 000 hectares en Gironde et 3 600 hectares dans les Landes.

Les flammes dégagent des fumées toxiques qui, poussées par les vents, s’étendent bien au-delà des zones touchées, affectant une large partie de la Nouvelle-Aquitaine, notamment l’agglomération bordelaise.

Ces fumées contiennent des particules fines dangereuses, comme les PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 micromètres) et les PM2,5 (particules de diamètre inférieur à 2,5 micromètres), ainsi que d’autres polluants comme le benzène ou le formaldéhyde.

Les autorités qualifient la situation de pollution atmosphérique « sans précédent » en raison de l’intensité exceptionnelle des concentrations mesurées.

2

Niveaux de pollution records

Les concentrations de particules fines ont atteint des niveaux historiques.

Dans la nuit du 24 au 25 juillet 2026, une station de mesure à Bordeaux a enregistré une moyenne horaire de près de 600 microgrammes de PM10 par mètre cube d’air (µg/m³), soit plus de 13 fois la limite journalière recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fixée à 45 µg/m³.

Pour les PM2,5, la concentration horaire a dépassé les 300 µg/m³, soit plus de 20 fois la valeur guide journalière de l’OMS (15 µg/m³).

Ces seuils ont déclenché le « seuil d’alerte » (80 µg/m³ en moyenne journalière), dépassé depuis plusieurs jours.

Les vents ont ensuite poussé le panache polluant vers le sud et le littoral, réduisant temporairement l’impact sur les populations.

3

Alertes sanitaires des autorités

Face à cette situation, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a appelé la population à rester chez elle et à éviter tout effort physique.

Elle a également insisté sur l’importance de porter un masque FFP2 en cas de sortie, notamment pour les personnes fragiles.

Environ 2,5 millions de masques FFP2 ont été acheminés en urgence vers les pharmacies de la région.

Les autorités sanitaires recommandent de fermer portes et fenêtres, d’obstruer les aérations avec des linges humides et d’arrêter la ventilation mécanique contrôlée (VMC).

Le réseau de surveillance Atmo Nouvelle-Aquitaine qualifie la qualité de l’air de « dégradée » à « extrêmement mauvaise » en Gironde et dans les Landes.

4

Témoignages et impacts immédiats

Les habitants de la région décrivent une situation inédite.

Alexis Gonzalez, résident de Bègles, raconte avoir ressenti des migraines toute la journée du week-end, des maux de gorge et une sensation d’étouffement malgré la fermeture des fenêtres et le calfeutrage des ouvertures avec du scotch.

Son balcon était recouvert de cendres et le ciel était noir.

Les médecins et chercheurs s’attendent à une augmentation des hospitalisations, notamment pour les personnes vulnérables (asthmatiques, patients atteints de BPCO ou de maladies cardiovasculaires).

Les PM2,5 peuvent pénétrer profondément dans les organes et aggraver des pathologies existantes.

5

Risques sanitaires à long terme

Une exposition prolongée à ces fumées augmente les risques de développer des maladies graves.

Les particules fines sont associées à un risque accru de cancer du poumon, de diabète de type 2, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’infarctus.

La BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), responsable de 18 000 décès par an en France en moyenne, peut également s’aggraver.

Les composés organiques volatils (COV) comme le benzène ou le formaldéhyde, présents dans les fumées, sont particulièrement dangereux.

Les autorités appellent à une vigilance accrue, car les incendies pourraient mettre plusieurs mois à être totalement éteints.

6

Prévisions et incertitudes

La situation reste très incertaine et dépend fortement des conditions météorologiques.

Les dernières prévisions indiquent un déplacement du panache polluant vers le sud puis vers le littoral, ce qui devrait réduire l’impact sur les populations dans les prochains jours.

Cependant, les experts soulignent que « tout peut encore changer ».

Les autorités maintiennent une surveillance étroite de la qualité de l’air et appellent à la prudence, notamment pour les activités sportives ou les déplacements non essentiels.

La ministre de la Santé a assuré que les dispositifs de protection et de prévention restaient mobilisés.

Commentaires (0)

Connecte-toi pour commenter

Se connecter

Aucun commentaire pour le moment.

Découvre plus de contenu sur Napseflow