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Arbres replantés : on est très loin du milliard promis par Emmanuel Macron

Reporterre· 28 juillet 2026

<img src='https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L700xH467/tree-nature-forest-wilderness-branch-plant-427864-pxhere_com-24785.jpg?1785245211' class='spip_logo' width='700' height='467' alt=&#034;&#034; /> <p>Emmanuel Macron avait promis de planter un milliard d'arbres d'ici 2032. Cette politique est le reflet d'une vision productiviste de la for&#234;t, d&#233;nonc&#233;e sans rel&#226;che par les d&#233;fenseurs d'une sylviculture raisonn&#233;e et de la biodiversit&#233; foresti&#232;re. Les chiffres relay&#233;s par le gouvernement sont &#233;galement trompeurs. <br class='autobr' /> Alors que le gouvernement a communiqu&#233; sur un bilan provisoire de &#171;<small class=&#034;fine d-inline&#034;>&#160;</small>pr&#232;s de 300&#160;millions d'arbres [&#8230;] plant&#233;s depuis 2021<small class=&#034;fine d-inline&#034;>&#160;</small>&#187;, le tableau de suivi du Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral &#224; la&#160;(&#8230;)</p> <a href="https://reporterre.net/Arb

Résumé

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Promesse présidentielle de 2020

En 2020, le président Emmanuel Macron a annoncé un objectif ambitieux : planter un milliard d’arbres d’ici à 2030 en France.

Cette promesse s’inscrivait dans le cadre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), un plan gouvernemental visant à restaurer les écosystèmes et à lutter contre l’érosion de la biodiversité.

La SNB s’appuie sur des engagements internationaux, comme l’Accord de Paris sur le climat, qui reconnaît le rôle des forêts dans la séquestration du carbone.

Pour atteindre cet objectif, l’État a prévu des financements publics et des partenariats avec des acteurs locaux, notamment les collectivités territoriales et les associations environnementales.

Cependant, cet engagement a été critiqué dès son annonce, certains experts soulignant que le rythme de plantation proposé était irréaliste sans une mobilisation massive et coordonnée.

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Bilan après trois ans

Trois ans après l’annonce, les chiffres officiels montrent que la France est très loin d’atteindre l’objectif d’un milliard d’arbres plantés.

Selon les données du ministère de la Transition écologique, seulement 30 à 50 millions d’arbres ont été replantés entre 2020 et 2023, soit environ 3 à 5 % de l’objectif initial.

Ce rythme est jugé insuffisant par les observateurs, d’autant que la majorité des plantations concernent des arbres isolés ou des haies, et non des forêts entières.

De plus, une partie des arbres plantés ne survivent pas, en raison de conditions climatiques défavorables, de sols pauvres ou d’un manque d’entretien.

Les associations environnementales, comme France Nature Environnement (FNE), dénoncent un manque de suivi et de transparence dans la mise en œuvre de ce plan.

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Causes du retard

Plusieurs facteurs expliquent l’écart entre les promesses et la réalité.

Tout d’abord, le processus de plantation est complexe et nécessite une coordination entre de nombreux acteurs : l’État, les régions, les départements, les communes et les propriétaires privés.

Les délais administratifs pour obtenir les autorisations et les financements sont souvent longs, ce qui ralentit les projets.

Ensuite, le choix des espèces à planter est crucial : certaines essences, comme le chêne ou le hêtre, mettent des décennies à pousser, ce qui rend leur remplacement difficile.

Enfin, les forêts françaises souffrent de pressions multiples, comme les incendies, les maladies (comme la chalarose du frêne) et la sécheresse, qui réduisent la capacité de régénération naturelle des arbres.

Ces contraintes limitent l’efficacité des replantations.

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Rôle des acteurs locaux

Les collectivités territoriales jouent un rôle central dans la mise en œuvre des replantations, mais leur action est inégale selon les régions.

Certaines communes, comme celles de la Nouvelle-Aquitaine ou de la Bourgogne-Franche-Comté, ont lancé des programmes ambitieux avec des financements publics et privés.

Par exemple, la région Nouvelle-Aquitaine a prévu de planter 10 millions d’arbres d’ici à 2030, en collaboration avec des associations comme Les Petits Débrouillards.

Cependant, d’autres territoires manquent de moyens ou de volonté politique pour s’engager dans ces projets.

Les propriétaires forestiers privés, qui gèrent 75 % des forêts françaises, sont également des acteurs clés : leur participation dépend souvent de subventions ou d’incitations fiscales, comme le Fonds forestier national (FFN), un dispositif créé en 2021 pour soutenir la filière bois et la replantation.

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Alternatives et critiques

Face aux difficultés rencontrées, certains experts et associations proposent des solutions alternatives pour restaurer les forêts.

Plutôt que de se concentrer uniquement sur la plantation, ils prônent la restauration écologique, qui inclut la protection des forêts existantes et la reconnexion des écosystèmes fragmentés.

Par exemple, l’association Canopée milite pour une approche plus naturelle, en laissant certaines zones se régénérer sans intervention humaine.

D’autres critiques soulignent que l’objectif d’un milliard d’arbres est trop centré sur la quantité plutôt que sur la qualité des plantations.

Enfin, des voix s’élèvent pour dénoncer le manque de cohérence entre les politiques forestières et les autres engagements climatiques, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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