NapseflowNapseflow
Article externe

« C’est très inhabituel » : achalandage monstre dans plusieurs urgences du Québec

ICI Radio-Canada· 10 juillet 2026
 « C’est très inhabituel » : achalandage monstre dans plusieurs urgences du Québec

Les hôpitaux de Montréal et de Québec sont très occupés depuis les derniers jours.

Résumé

1

Urgences surchargées au Québec

Plusieurs urgences du Québec fonctionnent à des taux d’occupation exceptionnels pour un mois de juillet, avec des pics à 285 %, 200 % et même 150 % de leur capacité normale.

Ces chiffres, habituellement observés pendant les fêtes de fin d’année ou les épidémies hivernales, sont décrits comme très inhabituels par les médecins spécialistes.

Par exemple, l’Hôpital général juif de Montréal a atteint près de 285 % de sa capacité un jeudi soir, tandis que l’Hôpital Lakeshore, dans l’Ouest-de-l’Île, était au double de sa capacité le vendredi suivant.

Le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMUQ), souligne que ces taux rendent le travail des équipes médicales difficile et compromettent parfois la sécurité des patients.

Idéalement, une urgence devrait fonctionner à environ 85 % de sa capacité pour absorber d’éventuels afflux de patients, comme en cas d’accident majeur.

Au-delà de 150 %, la situation devient carrément dangereuse, selon les experts.

2

Causes multiples de la crise

Plusieurs facteurs expliquent cette surcharge exceptionnelle des urgences en plein été.

D’abord, une vague de chaleur intense a frappé le Québec la semaine précédente, entraînant des visites pour des malaises liés à la chaleur.

Ensuite, le personnel médical, comme les médecins et les infirmières, commence à prendre ses vacances, ce qui réduit les effectifs dans certains hôpitaux.

Les cliniques médicales et les CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée) sont également moins disponibles, car leurs employés sont en congé.

Par exemple, dans certains CHSLD, les médecins ne sont pas remplacés pendant leurs vacances, ce qui force les résidents à être transportés à l’hôpital en cas de problème.

De plus, les patients ont plus de difficulté à obtenir des rendez-vous avec leur médecin de famille ou dans les cliniques en raison des fermetures estivales, les poussant à se tourner vers les urgences, même pour des problèmes mineurs.

3

Info-Santé saturée

La ligne Info-Santé (811), un service téléphonique gratuit offrant des conseils médicaux, est également débordée.

Le volume d’appels a augmenté de 30 % par rapport à l’été dernier, avec une moyenne de 6 400 appels par jour contre 4 900 en 2025.

Les temps d’attente pour parler à un conseiller ont parfois dépassé une heure et demie.

Pour limiter les délais, une option d’attente virtuelle permet aux appelants de se faire rappeler ultérieurement.

Ce service, géré par Santé Québec, vise à orienter les patients vers les ressources appropriées sans surcharger les urgences, mais la demande est telle que même ce système est mis à rude épreuve.

4

Patients en attente prolongée

La situation dans les urgences est si tendue que de nombreux patients doivent attendre plus de 48 heures dans les corridors, une pratique décrite comme difficile à voir par les médecins.

Le Dr Boucher explique que ces délais prolongés, inhabituels en été, sont la conséquence directe de la surcharge des urgences.

Pourtant, vendredi matin, une légère amélioration a été observée, sans que les causes profondes ne soient résolues.

Les experts rappellent que les urgences devraient rester un recours pour les cas urgents, mais que l’absence de services de première ligne accessibles en soirée ou le week-end pousse les patients à s’y rendre par défaut, même pour des problèmes non critiques.

5

Solutions envisagées

Les acteurs du système de santé soulignent l’urgence d’agir pour désengorger les urgences.

Le Dr Guillaume Lacombe, de l’ASMUQ, recommande aux patients de consulter les services de première ligne pour les problèmes mineurs, comme ils le feraient pendant les fêtes ou la saison de la grippe.

Sylvie Tremblay, directrice générale du Regroupement provincial des comités des usagers, propose une solution structurelle : offrir davantage de rendez-vous avec les médecins de famille en soirée et le week-end.

Selon elle, cette mesure réduirait significativement la pression sur les urgences, où les patients se rendent faute d’alternatives.

Cependant, aucune mesure concrète n’est évoquée dans l’article pour résoudre immédiatement la crise actuelle.

Commentaires (0)

Connecte-toi pour commenter

Se connecter

Aucun commentaire pour le moment.

Voir aussi

Plus de contenus dans cette catégorie →

Découvre plus de contenu sur Napseflow