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Société

À voir au cinéma: «Des fleurs pour Tokyo» et «Girl»

Slate FR · mis à jour il y a 2 h

Les premiers films de Yuiga Danzuka et de Shu Qi ont en commun d'être centrés sur les relations familiales, labyrinthe d'affects chez l'un, espace de conflits chez l'autre..

Deux films asiatiques à l'affiche

L'article présente deux premiers films réalisés par des cinéastes asiatiques, sortis simultanément en France le 5 août 2026. Le premier, Des fleurs pour Tokyo, est signé par le Japonais Yuiga Danzuka, tandis que le second, Girl, est réalisé par la Taïwanaise Shu Qi. Ces deux œuvres s'inscrivent dans une tendance estivale marquée par une forte présence du cinéma asiatique en France, avec d'autres films comme The Fin de Syeyoung Park, Sous le ciel de Kyoto d'Akiko Ohku, ou encore Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, attendu pour le 12 août 2026. L'article souligne que cette période, traditionnellement moins dense en sorties cinématographiques, pourrait devenir un moyen de reléguer des œuvres méritantes hors des écrans pendant le reste de l'année.

Des fleurs pour Tokyo : une famille en crise

Des fleurs pour Tokyo explore les tensions au sein d'une famille japonaise à travers le prisme de Tokyo et de son urbanisme. Le film s'ouvre sur une scène dans un fast-food où une famille en vacances semble déjà en proie à des conflits. Dix ans et demi plus tard, la fille aînée, Yumiko, se marie, tandis que le fils, Ren, vit une existence instable en tant que livreur d'orchidées de luxe. Le père, architecte paysagiste, a disparu, et la mère est décédée. Le film met en lumière les relations complexes entre les personnages, notamment à travers des scènes où Ren doit livrer un bouquet sur le site d'une exposition dédiée à son père. La réalisation de Yuiga Danzuka, âgé de 28 ans, se distingue par une approche visuelle fluide et une attention aux émotions subtiles, mêlant réalisme et éléments oniriques. Le film dure 1h55 et met en scène des acteurs comme Kodai Kurosaki, Ken'ichi Endô et Haruka Igawa.

Tokyo : un personnage à part entière

Dans Des fleurs pour Tokyo, Tokyo n'est pas seulement un décor, mais un personnage central du récit. Le film utilise des plans généraux sur différents quartiers de la ville pour illustrer les tensions entre les personnages et leur environnement. Les déplacements des protagonistes dans les rues et leurs interactions avec les espaces urbains deviennent des éléments dramatiques majeurs. Par exemple, la livraison d'un bouquet par Ren sur le site d'une exposition d'urbanisme dédiée à son père symbolise les conflits familiaux et les questions d'héritage. La réalisation de Danzuka transforme la ville en un labyrinthe où les émotions et les relations humaines se mêlent aux contradictions urbaines, créant une atmosphère à la fois douce et piégée.

Girl : une adolescence douloureuse

Girl, premier film réalisé par Shu Qi, est une œuvre autobiographique qui retrace une adolescence difficile dans les années 1980 à Taïwan. Le film suit Hsiao-lee, une lycéenne maltraitée par sa mère, elle-même victime de violences conjugales et d'alcoolisme. Hsiao-lee subit également le mépris de son entourage et tente de protéger sa petite sœur dans un environnement familial toxique. Le film contraste la violence des scènes domestiques avec l'apparence physique des acteurs, comme la chanteuse pop 9m88 ou l'acteur Roy Chiu, qui incarnent des personnages en décalage avec leur jeunesse. Shu Qi, connue pour ses rôles dans des films hongkongais et taïwanais, explore ici son propre passé à travers une mise en scène qui joue sur les lumières et les distances entre les corps. Le film dure 2h04 et met en scène Bai Xiao-ying dans le rôle principal.

Contraste entre apparence et réalité

Un thème central de Girl est le décalage entre l'apparence physique des personnages et leur réalité intérieure. Les acteurs, souvent connus pour leur beauté ou leur statut de stars, incarnent des personnages brisés par la pauvreté, la violence et les addictions. Ce contraste souligne le poids de l'apparence dans la construction de l'identité et de l'existence, un thème qui a marqué la carrière de Shu Qi elle-même. La réalisatrice utilise des effets de lumière et de hors-champ pour renforcer cette tension, créant une atmosphère à la fois réaliste et poétique. Le film interroge ainsi la manière dont les normes sociales et les attentes liées à l'apparence physique peuvent influencer le destin des individus.

Ce que ça pourrait changer

L'article souligne l'importance de la présence du cinéma asiatique en France pendant l'été 2026, une période généralement moins riche en sorties cinématographiques. Cette tendance reflète une reconnaissance croissante des réalisations asiatiques, souvent reléguées à des périodes creuses de l'année. Les films mentionnés, comme *Des fleurs pour Tokyo* et *Girl*, illustrent la diversité des approches narratives et esthétiques du cinéma asiatique contemporain. Ils abordent des thèmes universels comme les conflits familiaux, l'urbanisation ou les traumatismes personnels, tout en intégrant des spécificités culturelles et géographiques. Cette présence accrue pourrait contribuer à une meilleure visibilité du cinéma asiatique en France tout au long de l'année.

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