Billy Bishop : le gouvernement Ford accuse Ottawa d’avoir cédé à « un groupe marginal »

Le ministre des Transports de l’Ontario déplore qu’Ottawa ait plié devant « un petit groupe marginal ».
Résumé
Rejet fédéral du projet
Le gouvernement fédéral canadien a rejeté le projet d’expansion de l’aéroport Billy Bishop, situé sur les îles de Toronto, le 25 juillet 2026.
Cette décision interdit l’agrandissement de la piste d’atterrissage, qui aurait permis l’atterrissage d’avions à réaction.
Ottawa justifie ce refus par les résultats des consultations publiques qu’il a menées : sur les 87 000 réponses reçues, 87 % étaient défavorables au projet.
Le ministre fédéral des Transports n’a pas précisé les raisons détaillées de ce rejet, mais cette décision marque un désaccord entre le gouvernement fédéral et la province de l’Ontario, qui soutient le projet.
L’aéroport Billy Bishop est un aéroport régional situé sur une île artificielle, reliée à Toronto par un tunnel.
Il est géré par l’Administration portuaire de Toronto, une organisation publique indépendante.
Position de l'Ontario
Le gouvernement ontarien, dirigé par le premier ministre Doug Ford, conteste fermement la décision fédérale.
Le ministre provincial des Transports, Prabmeet Sarkaria, a déclaré que la province continuerait à défendre le projet, qu’il qualifie de « bonne chose » et de « logique ».
Sarkaria affirme que l’expansion de l’aéroport apporterait des retombées économiques estimées à 8,5 milliards de dollars par an pour le Canada.
Il souligne également que des collectivités du nord et de l’est de l’Ontario soutiennent le projet.
Le gouvernement ontarien refuse par ailleurs de rendre les terrains des îles de Toronto à la Ville de Toronto, comme le demande la mairesse Olivia Chow.
Selon Sarkaria, cette vision dépasse les cycles électoraux et s’inscrit dans une perspective à long terme.
Arguments économiques
Le gouvernement ontarien et l’Administration portuaire de Toronto mettent en avant les bénéfices économiques du projet.
Doug Ford a qualifié l’aéroport de « joyau » et a affirmé qu’un agrandissement permettrait d’ajouter des milliards de dollars à l’économie chaque année.
Le PDG de l’Administration portuaire, RJ Steenstra, a précisé que le coût de l’expansion serait compris entre 4 et 5 milliards de dollars sur 25 ans.
Ce financement serait assuré par les passagers et les compagnies aériennes, sans recours à des fonds publics.
Steenstra a également indiqué avoir partagé des plans préliminaires avec les gouvernements fédéral et provincial, mais pas avec la Ville de Toronto, invoquant des conflits d’horaire.
L’aérogare de l’aéroport appartient à Nieuport Aviation, une société contrôlée par J.P.
Morgan Asset Management, une firme financière américaine.
Réaction de Toronto
La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a exprimé sa déception face au rejet fédéral et a souligné l’absence de recours légaux pour récupérer les terrains des îles de Toronto et du parc Little Norway.
Elle a déclaré que le pouvoir du peuple, et non celui des institutions, pourrait faire évoluer la situation.
Chow a précisé que la Ville de Toronto est une « créature de la province », ce qui limite ses marges de manœuvre face aux décisions provinciales et fédérales.
Elle a tout de même indiqué entretenir de bonnes relations avec les différents niveaux de gouvernement.
Une motion sera débattue au conseil municipal de Toronto pour demander le retour des terrains, mais cette initiative intervient à moins d’un an des élections municipales d’octobre 2027.
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