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Environnement

Une start-up soutenue par Jeff Bezos veut s'approprier des archives coloniales pour trouver du lithium au Congo

Reporterre · mis à jour il y a 6 h

À l'AfricaMuseum de Tervuren, en Belgique, des archives géologiques héritées du Congo belge attisent les convoitises de KoBold Metals, une start-up minière étasunienne minière dopée à l' IA et soutenue par des milliardaires de la tech. Tervuren (Belgique), reportage Dans les sous-sols de l'AfricaMuseum de Tervuren, dans la banlieue de Bruxelles, sommeille un filon surprenant.

Start-up et Jeff Bezos

Une start-up américaine nommée KoBold Metals, spécialisée dans l'exploration minière, a reçu un soutien financier de Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et l'une des personnes les plus riches du monde. Cette entreprise, soutenue par des investisseurs comme Breakthrough Energy Ventures (un fonds dédié aux technologies propres créé par Bezos), cherche à exploiter des ressources naturelles en République démocratique du Congo (RDC). Son objectif est de trouver des gisements de lithium, un métal essentiel pour la fabrication des batteries des véhicules électriques et des appareils électroniques. Le projet suscite des questions en raison de son lien avec l'histoire coloniale et les enjeux géopolitiques de la région.

Archives coloniales exploitées

Pour localiser des gisements de lithium, KoBold Metals a obtenu l'accès à des archives coloniales datant de l'époque où la RDC était une colonie belge, sous le nom de Congo belge (de 1885 à 1960). Ces archives contiennent des rapports géologiques, des cartes et des données historiques sur les ressources minières de la région. L'entreprise utilise ces documents pour identifier des zones potentiellement riches en lithium, évitant ainsi des campagnes d'exploration coûteuses et longues. Cette méthode soulève des débats sur l'appropriation de données historiques liées à une période marquée par l'exploitation coloniale.

Contexte minier congolais

La RDC est un pays riche en ressources naturelles, notamment en cobalt, en cuivre et en lithium, des métaux cruciaux pour les industries technologiques et énergétiques. Cependant, son exploitation minière est souvent critiquée pour ses impacts environnementaux et sociaux, ainsi que pour les conflits liés à son contrôle. Le lithium, en particulier, est devenu un enjeu stratégique avec la transition vers les énergies propres, car il est indispensable pour les batteries des voitures électriques. KoBold Metals cherche à exploiter ce marché en utilisant des méthodes innovantes, mais son approche soulève des questions éthiques et politiques.

Méthodes d'exploration

KoBold Metals combine l'analyse des archives coloniales avec des technologies modernes comme l'intelligence artificielle et des outils de modélisation 3D pour identifier des gisements de lithium. L'entreprise utilise également des drones et des capteurs géophysiques pour cartographier les sols. Cette approche hybride vise à réduire les coûts et les risques liés à l'exploration minière traditionnelle. Cependant, cette méthode est encore expérimentale et son efficacité à long terme reste à prouver. Les données historiques, bien que utiles, peuvent aussi être incomplètes ou biaisées par les méthodes d'exploitation de l'époque coloniale.

Ce que ça pourrait changer

L'utilisation des archives coloniales par KoBold Metals suscite des critiques, notamment de la part d'organisations de la société civile et de chercheurs. Ces archives sont le fruit d'une période où les ressources naturelles du Congo étaient exploitées au profit de la Belgique, souvent au détriment des populations locales. Certains y voient une forme de **néocolonialisme**, où des entreprises étrangères profitent de données historiques pour extraire des richesses sans tenir compte des conséquences pour les communautés locales. Des questions se posent également sur la transparence de l'entreprise et l'équité dans le partage des bénéfices issus de l'exploitation minière.

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