La bonne mémoire de certains centenaires pourrait être entretenue par leur microbiote intestinal
Une étude révèle que le microbiote intestinal pourrait influencer la mémoire, même chez les jeunes souris cohabitant avec des congénères âgées. Ce phénomène, lié à une bactérie spécifique, ouvre la voie à des thérapies innovantes pour contrer le déclin cognitif.
Résumé
Microbiote et mémoire
Une étude suggère que la bonne mémoire observée chez certains centenaires pourrait être liée à leur microbiote intestinal.
Le microbiote intestinal désigne l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons) qui peuplent notre tube digestif.
Ces microbes jouent un rôle clé dans la digestion, mais aussi dans la communication avec le cerveau via ce qu’on appelle l’axe intestin-cerveau.
Chez les centenaires étudiés, les chercheurs ont identifié des bactéries spécifiques, comme les Prevotella et les Christensenellaceae, dont la présence est associée à une meilleure mémoire.
Ces bactéries pourraient produire des molécules bénéfiques pour les neurones, comme les acides gras à chaîne courte (AGCC), qui protègent les cellules cérébrales et favorisent leur fonctionnement.
Étude sur les centenaires
Les scientifiques ont analysé les selles de 167 centenaires italiens, dont 105 vivaient encore chez eux avec une mémoire intacte.
Parmi eux, 29 présentaient une mémoire exceptionnelle pour leur âge.
En comparant leur microbiote à celui d’autres centenaires souffrant de troubles cognitifs ou vivant en institution, les chercheurs ont observé des différences marquées.
Les centenaires aux capacités cognitives préservées avaient une diversité microbienne plus élevée et une abondance accrue de bactéries liées à la production d’AGCC.
Ces résultats, publiés en 2026, ouvrent la voie à de nouvelles pistes pour comprendre le vieillissement cérébral et prévenir les maladies neurodégénératives comme Alzheimer.
Mécanismes en jeu
Les mécanismes par lesquels le microbiote influence la mémoire restent partiellement mystérieux, mais plusieurs hypothèses sont avancées.
Les bactéries intestinales pourraient produire des métabolites comme les AGCC, qui traversent la barrière intestinale et atteignent le cerveau.
Ces molécules réduisent l’inflammation et favorisent la production de facteurs neurotrophiques, essentiels à la survie des neurones.
Une autre piste implique les neurotransmetteurs, comme la sérotonine, dont 90 % est produite dans l’intestin.
Ces substances chimiques jouent un rôle dans la régulation de l’humeur, du sommeil et de la mémoire.
Les chercheurs soulignent aussi que le microbiote pourrait moduler la réponse immunitaire, limitant ainsi les dommages cérébraux liés à l’âge.
Implications futures
Cette découverte pourrait avoir des implications majeures pour la santé publique, notamment dans la prévention des troubles cognitifs liés à l’âge.
Les scientifiques envisagent plusieurs pistes : identifier des probiotiques ou des aliments capables de favoriser la croissance des bactéries bénéfiques, ou développer des thérapies ciblant l’axe intestin-cerveau.
Par exemple, une alimentation riche en fibres, comme les fruits, les légumes ou les céréales complètes, pourrait soutenir un microbiote favorable à la mémoire.
À plus long terme, ces recherches pourraient conduire à des traitements personnalisés pour les personnes à risque de déclin cognitif.
Cependant, des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces liens et développer des applications concrètes.
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