Oubliez Disney: le vrai Robin des Bois passait son temps à décapiter des gens
Bien avant Hollywood, les légendes anglaises mettaient en scène des hors-la-loi capables des exploits les plus héroïques… et des violences les plus extrêmes. Pourquoi Robin des Bois est-il le seul à être entré dans la mémoire collective?
Résumé
Origine médiévale de Robin
Les premières traces écrites de Robin des Bois remontent à la fin du XVe siècle, notamment dans un récit intitulé A Gest of Robyn Hode.
Contrairement aux versions modernes, cette version médiévale se termine de manière violente : Robin est tué par la prieure de Kirklees à la suite d’une tentative de saignée qui tourne mal.
Cette fin tragique a inspiré des adaptations plus sombres, comme le film On l'appelait Robin des Bois avec Hugh Jackman.
Dans ces récits anciens, Robin n’est pas associé à un arbre emblématique comme le Major Oak de Sherwood, mais plutôt à un trystle, un arbre servant de lieu de rendez-vous secret.
Ces détails montrent comment la légende s’est enrichie au fil du temps, notamment autour d’éléments naturels marquants comme les chênes de Sherwood.
Un héros aux multiples visages
Robin des Bois a traversé les siècles car sa légende était malléable, permettant à chaque époque de projeter ses propres idéaux sur ce personnage.
Dans les premiers récits, Robin n’est pas un justicier social luttant contre les riches pour donner aux pauvres, comme le suggère la version de Disney.
Il est plutôt un hors-la-loi dévoué à la Vierge Marie, refusant de faire du mal aux femmes par piété.
Il récompense l’honnêteté et combat la corruption, mais sans une opposition de classes aussi marquée.
Par exemple, il prête de l’argent à un chevalier ruiné par le sort plutôt que de distribuer des aumônes.
Cette complexité explique pourquoi Robin a su séduire des publics variés à travers les siècles, des paysans aux nobles, en passant par les religieux.
Violence et brutalité médiévale
Les récits médiévaux décrivent Robin des Bois comme un personnage bien plus violent que sa version moderne.
Par exemple, après avoir affronté Guy de Gisborne, un ennemi, Robin le décapite, plante sa tête au bout de son bâton d’arc et mutile son visage pour qu’il ne soit pas reconnu.
Cette scène illustre la brutalité des hors-la-loi de l’époque, où la violence était souvent utilisée comme moyen de dissuasion ou de vengeance.
Ces détails contrastent avec l’image romantique d’un héros généreux et pacifique, montrant que la légende de Robin des Bois a été idéalisée au fil du temps.
Le film On l'appelait Robin des Bois cherche à restituer cette facette plus sombre et tourmentée du personnage.
Hors-la-loi oubliés de l'Angleterre
Robin des Bois n’est pas le seul hors-la-loi médiéval à avoir marqué l’histoire anglaise, mais il est le seul dont la légende a survécu jusqu’à aujourd’hui.
D’autres figures, comme Fulk FitzWarin, Hereward the Wake, Eustace le Moine, Gamelyn, ou encore Adam Bell, Clim of the Clough et William Cloudesley, sont aujourd’hui largement oubliées.
Pourtant, leurs exploits étaient tout aussi marquants.
Par exemple, les Coterels et les Folvilles, des bandes de hors-la-loi du début du XIVe siècle, se rendaient coupables de vols, meurtres, enlèvements, racket et extorsion.
Leur réputation était telle que leur forme de justice expéditive était appelée la « loi des Folville ».
Ces récits montrent que la violence et la rébellion étaient des thèmes récurrents dans l’Angleterre médiévale, bien au-delà de la légende de Robin des Bois.
William Cloudesley, un héros méconnu
Parmi les hors-la-loi oubliés, William Cloudesley se distingue par son histoire particulièrement héroïque et tragique.
Accusé de braconnage, il est déclaré hors la loi et doit fuir pour échapper à la justice.
Lors de son arrestation, sa femme Alice défend leur maison à la hache, tandis que William, assiégé, retient les hommes du shérif assez longtemps pour permettre à sa famille de s’échapper.
Capturé, il est condamné à la pendaison, mais ses compagnons Adam Bell et Clim of the Clough organisent un sauvetage spectaculaire, tuant 300 représentants de l’autorité.
Cloudesley démontre ensuite son talent d’archer en décochant une flèche qui atteint une pomme posée sur la tête de son fils de sept ans, un exploit rappelant la légende de Guillaume Tell.
Cette histoire illustre les thèmes de la solidarité, de la résistance et de la camaraderie, bien avant que Robin des Bois ne les incarne.
Redécouvrir la diversité des légendes
Les récits de William Cloudesley et de ses compagnons contiennent des scènes devenues emblématiques de la légende de Robin des Bois, comme les sauvetages audacieux, les duels à l’arc ou les scènes de solidarité familiale.
Pourtant, ces éléments ne trouvent pas leur origine dans les aventures de Robin, mais dans celles de ces hors-la-loi oubliés.
Par exemple, la scène où Alice défend sa maison avec une hache ou le sauvetage spectaculaire organisé par les compagnons de Cloudesley préfigurent des motifs récurrents dans les récits médiévaux.
L’article souligne qu’il est temps de sortir ces figures de l’ombre de Robin des Bois pour redécouvrir la richesse et la diversité des légendes médiévales anglaises.
Cette approche permet de mieux comprendre l’évolution des récits populaires et leur adaptation aux attentes de chaque époque.
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