Du nouveau sur les rapports de l’environnemental et du social
Le backlash n'est pas une lassitude diffuse de l'opinion à l'égard du climat : c'est une offensive délibérée, menée depuis la rentrée 2024 par la droite et l'extrême droite contre les politiques déjà adoptées. À rebours de cette attaque, les conventions citoyennes tenues chez Emmaüs montrent qu'une écologie du quotidien, née de pratiques de solidarité et non d'injonctions venues d'en haut, suscite l'adhésion là où l'on n'attendait que des résistances.Rediffusion d’un article du 2 février 2026. L’article Du nouveau sur les rapports de l’environnemental et du social est apparu en premier sur AOC media - Analyse Opinion Critique.
Résumé
Conflit historique
Depuis les années 1970, une idée récurrente oppose les préoccupations environnementales et sociales.
On a longtemps considéré que protéger l’environnement revenait à négliger les besoins des populations les plus pauvres.
Par exemple, la préservation des espaces naturels était perçue comme une réduction des terres disponibles pour l’agriculture ou l’emploi.
Des rapports comme celui de Meadows en 1972, qui alertait sur les limites de la croissance économique, ou les principes de développement durable issus de la Conférence de Rio en 1992, ont été interprétés comme des menaces pour l’emploi et le pouvoir d’achat.
Cette vision repose sur l’idée que les mesures écologiques, comme la transition énergétique, pèseraient inévitablement sur les plus défavorisés, justifiant ainsi leur report ou leur abandon.
Transition écologique critiquée
À partir des années 2000, la transition écologique est devenue un sujet central, souvent réduite à sa dimension énergétique (remplacement des énergies fossiles par des renouvelables) ou à l’adoption de modes de vie plus sobres.
Cependant, ces transformations ont été présentées comme coûteuses pour les ménages modestes, risquant de provoquer des mouvements sociaux hostiles.
Une critique récurrente affirme que l’opinion publique se détourne des objectifs écologiques, un phénomène qualifié de backlash (recul ou rejet).
Pourtant, cette analyse simplifie une réalité plus complexe, où les résistances s’expliquent aussi par des stratégies politiques délibérées plutôt que par un désengagement spontané de la société.
Offensive politique récente
Depuis la rentrée 2024, une offensive délibérée est menée par la droite et l’extrême droite contre les politiques environnementales déjà mises en place.
Cette attaque vise à discréditer les mesures écologiques en les présentant comme des contraintes imposées par une élite déconnectée des réalités sociales.
Cependant, des initiatives comme les conventions citoyennes organisées chez Emmaüs montrent une adhésion croissante à une écologie du quotidien, fondée sur des pratiques de solidarité et non sur des injonctions descendantes.
Ces expériences démontrent que les solutions écologiques peuvent émerger des citoyens eux-mêmes, sans opposition systématique aux besoins sociaux.
Nouveaux modèles d’écologie
L’auteure, Catherine Larrère, philosophe spécialiste de philosophie morale et politique, souligne que l’écologie ne doit pas être perçue comme un luxe réservé aux « bobos » (bourgeois bohèmes), mais comme une réponse aux besoins concrets des populations.
Les conventions citoyennes, par exemple, illustrent comment des pratiques solidaires et locales peuvent concilier environnement et justice sociale.
Ces initiatives contredisent l’idée selon laquelle l’écologie serait incompatible avec les priorités des plus défavorisés.
Elles montrent que des solutions existent, à condition de les ancrer dans le quotidien et les réalités des territoires.
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