Pourquoi la Chine cherche à réduire fortement les naissances par césarienne depuis 15 ans
Des initiatives innovantes, des formations pour les sages-femmes aux systèmes numériques, transforment les pratiques obstétricales en Chine.
Résumé
Césariennes en Chine
En Chine, le taux de naissances par césarienne a fortement augmenté depuis les années 1990, atteignant jusqu'à 50 % des accouchements en 2010, un niveau bien supérieur à la moyenne mondiale d'environ 20 %.
Cette pratique, initialement justifiée par des raisons médicales comme la souffrance fœtale ou les présentations anormales du bébé, s'est généralisée pour des motifs non médicaux.
Les femmes chinoises optaient souvent pour une césarienne par choix, notamment pour éviter les douleurs de l'accouchement ou pour programmer la date de naissance.
Cette tendance a conduit les autorités sanitaires à s'inquiéter des conséquences sur la santé des mères et des nouveau-nés, ainsi que des coûts élevés pour le système de santé.
Risques médicaux
Les césariennes, bien que parfois nécessaires, comportent des risques accrus par rapport à un accouchement par voie basse.
Pour la mère, elles peuvent entraîner des complications comme des infections, des hémorragies ou des problèmes liés à l'anesthésie.
Pour l'enfant, elles augmentent légèrement le risque de difficultés respiratoires à la naissance et de complications liées à la prématurité si la date n'est pas optimale.
De plus, les césariennes répétées peuvent fragiliser l'utérus, posant des problèmes pour les grossesses futures.
En Chine, ces risques ont été amplifiés par la fréquence élevée des césariennes, poussant les autorités à agir.
Politique de réduction
Dès 2009, la Chine a lancé une campagne nationale pour réduire le taux de césariennes non médicalement justifiées.
Les autorités ont mis en place des mesures incitatives pour encourager les accouchements par voie basse, comme des primes pour les hôpitaux et les médecins respectant les recommandations.
Des campagnes de sensibilisation ont été menées auprès des femmes enceintes pour leur expliquer les avantages et la sécurité de l'accouchement naturel.
Ces efforts ont permis de faire baisser le taux de césariennes à environ 35 % en 2020, mais les autorités visent désormais un objectif de 30 % ou moins.
Résistances culturelles
Malgré les efforts des autorités, la préférence pour la césarienne reste ancrée dans la culture chinoise, notamment dans les grandes villes où l'accès à l'information médicale est élevé.
Certaines femmes et familles perçoivent encore la césarienne comme plus sûre ou plus pratique, en raison de la planification possible de la date de naissance ou de la peur de la douleur.
Les médecins, soumis à des pressions pour éviter les complications lors des accouchements par voie basse, peuvent aussi être réticents à encourager cette pratique.
Ces résistances culturelles et professionnelles freinent la baisse du taux de césariennes.
Impact économique
La réduction des césariennes non justifiées a un impact économique significatif pour la Chine.
Une césarienne coûte environ deux à trois fois plus cher qu'un accouchement par voie basse, en raison des frais d'hospitalisation prolongée et des soins postopératoires.
En limitant ces interventions, le système de santé chinois réalise des économies substantielles.
Par exemple, une étude estime que la baisse du taux de césariennes a permis d'économiser plusieurs milliards de yuans (environ 100 millions d'euros) par an.
Ces économies sont réinvesties dans d'autres secteurs de la santé publique.
Succès et défis
Depuis 15 ans, la Chine a enregistré des progrès notables dans la réduction des césariennes non médicales, avec une baisse de 15 points en une décennie.
Cependant, des défis persistent, notamment dans les zones rurales où l'accès aux soins et à l'information reste limité.
Les autorités continuent de renforcer les campagnes de sensibilisation et de former les professionnels de santé pour promouvoir les accouchements naturels.
L'objectif est d'atteindre un équilibre entre sécurité médicale et respect des choix des femmes, tout en maîtrisant les coûts pour le système de santé.
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