"Les plus grandes funérailles du siècle" : l'Iran se prépare aux obsèques du guide suprême Ali Khamenei
Quatre mois après son assassinat par les forces israéliennes et américaines. La cérémonie d'hommage à Ali Khamenei commencera ce samedi à Téhéran. Les autorités disent attendre entre 15 et 20 millions de personnes pour ces trois jours pensés par le régime comme une grande démonstration de force.
Résumé
Contexte historique
Ali Khamenei a dirigé la République islamique d’Iran pendant 37 ans, jusqu’à sa mort début juillet 2026 dans une frappe ciblée attribuée à Israël et aux États-Unis.
Cette frappe survient dans un contexte de guerre ouverte entre l’Iran et ces deux pays.
Khamenei était le deuxième guide suprême de l’Iran, un rôle central dans le système politique iranien, où le guide suprême incarne l’autorité religieuse et politique suprême.
Son décès marque la fin d’une ère pour un régime qui se prépare à organiser des funérailles d’une ampleur exceptionnelle, présentées comme « les plus grandes du siècle ».
Cérémonie prévue
Les obsèques d’Ali Khamenei débutent le samedi 4 juillet 2026 à Téhéran, dans la Mosalla, un vaste espace dédié aux rassemblements.
La cérémonie s’étendra sur trois jours, avec une exposition permanente de sa dépouille.
Les autorités iraniennes prévoient d’accueillir entre 15 et 20 millions de personnes, un chiffre que la sociologue Azadeh Kian juge « largement surévalué ».
Selon elle, le régime pourrait forcer des fonctionnaires à y assister sous peine de sanctions, afin de gonfler artificiellement la participation.
Une trentaine de représentants étrangers sont attendus pour cette démonstration de force.
Objectifs politiques
Pour Azadeh Kian, ces funérailles visent deux objectifs principaux.
D’abord, envoyer un message aux États-Unis et à la communauté internationale : le régime affirme disposer d’un soutien populaire important, malgré les tensions internes.
Ensuite, faire taire les opposants iraniens, notamment les ultra-conservateurs, en montrant que le pouvoir reste uni.
La chercheuse souligne que Khamenei était perçu par une partie de la population comme responsable du massacre de janvier 2026, un événement non détaillé dans l’article mais qui semble avoir marqué les esprits.
Contexte social
Jean-Sébastien Soldaïni, envoyé spécial de France Culture, a pu constater sur place des signes d’assouplissement des règles sociales en Iran.
Par exemple, de nombreuses femmes ne portent plus le voile dans les rues de Téhéran, un phénomène lié au mouvement Femmes, vie, liberté qui a émergé après la mort de Mahsa Amini en 2022.
Cette jeune étudiante kurde est morte en détention après son arrestation par la police des mœurs pour « port du voile inapproprié ».
Malgré ces évolutions, Azadeh Kian précise que ces libertés restent tolérées tant qu’elles ne menacent pas la stabilité du régime, dirigé aujourd’hui par des militaires dont la priorité est le maintien au pouvoir.
Enjeux internationaux
L’assassinat de Khamenei par des forces israéliennes et américaines s’inscrit dans un conflit plus large entre l’Iran et ces deux pays.
Les funérailles sont donc aussi une occasion pour l’Iran de réaffirmer sa résilience face à ces puissances étrangères.
La présence de représentants internationaux lors de la cérémonie souligne l’importance géopolitique de l’événement.
Pour le régime iranien, il s’agit de transformer un moment de crise en une démonstration de légitimité et de cohésion nationale, malgré les divisions internes et les tensions externes.
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