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Économie

Pourquoi la politique française ne peut plus se penser à la seule échelle nationale

Telos · mis à jour il y a 25 j

Dans un monde profondément interdépendant, les problèmes auxquels sont confrontés les citoyens restent vécus localement et nationalement, mais leurs causes comme leurs solutions se situent souvent à plusieurs échelles. Or le débat politique français continue largement de fonctionner comme si la nation constituait un espace autonome, au sein duquel la volonté politique pouvait librement déterminer les résultats économiques, sociaux ou environnementaux..

Un monde interdépendant

Les problèmes vécus par les citoyens français, comme les canicules, les pandémies ou la hausse des prix de l'énergie, ne connaissent pas de frontières. Par exemple, le prix des carburants dépend des décisions de pays producteurs situés à des milliers de kilomètres, tandis que celui de l'électricité et du gaz est influencé par les infrastructures et les règles européennes. Pourtant, le débat politique en France continue de se concentrer uniquement sur des solutions nationales, comme si le pays pouvait agir de manière autonome. Cette vision ignore que les causes et les solutions à ces problèmes se situent souvent à une échelle plus large, européenne ou mondiale. En 2026, cette inadéquation entre les défis et les réponses politiques alimente un sentiment d'impuissance publique et une défiance envers les institutions, avec seulement 15 % de confiance accordée aux partis politiques selon le CEVIPOF.

Partis nationaux vs enjeux européens

Les partis politiques français sont organisés autour d'un système centré sur l'État-nation, où les dirigeants, les programmes et les financements sont déterminés nationalement. Leurs candidats sont sélectionnés et leurs promesses électorales élaborées en fonction des clivages internes, sans tenir compte des décisions qui se prennent à l'échelle européenne ou internationale. Pourtant, une part croissante des politiques publiques affectant les Français est négociée ou décidée au niveau de l'Union européenne. Par exemple, des sujets comme la taxation des géants du numérique (GAFAM) ou l'aide à l'Ukraine ont été bloqués ou ralentis par le droit de véto d'un État membre. Cette situation crée un décalage entre les attentes des citoyens et la réalité des leviers d'action disponibles, contribuant à la crise de confiance politique actuelle.

Volt Europa : un parti paneuropéen

Face à cette inadéquation, des mouvements comme Volt Europa proposent une approche originale en organisant la politique à l'échelle européenne plutôt que nationale. Volt Europa est un parti présent dans 31 pays, qui fonctionne sous un même nom et avec des orientations communes, tout en agissant simultanément aux niveaux local, national et européen. Contrairement aux partis traditionnels français, son objectif est de construire une Europe fédérale où les décisions souveraines, comme la défense ou l'industrie, seraient prises à l'échelle européenne. Cette organisation permet de contourner les limites des systèmes nationaux et de répondre aux défis qui dépassent les frontières, comme la crise climatique ou les tensions géopolitiques.

Fin du véto national à Bruxelles

L'une des propositions clés de Volt Europa est de supprimer le droit de véto des États membres au Conseil de l'Union européenne, un mécanisme qui bloque régulièrement des décisions importantes. Par exemple, le véto hongrois a ralenti l'aide à l'Ukraine, et d'autres États ont bloqué des taxes sur les revenus des géants du numérique comme les GAFAM. Volt Europa suggère de transformer le Conseil en un Sénat européen, où les décisions seraient prises à la majorité qualifiée, et de donner au Parlement européen le droit d'initiative législative. Cette réforme vise à rendre l'Europe plus efficace et à éviter que des intérêts nationaux ne paralysent des actions collectives. Aujourd'hui, la souveraineté est souvent perçue comme la capacité de dire non, mais dans une Europe fragmentée, le véto devient un outil d'impuissance plutôt que de puissance.

Ce que ça pourrait changer

La guerre en Ukraine a rappelé que l'Europe doit renforcer sa capacité à se défendre collectivement. Bien que les pays européens dépensent beaucoup pour leur défense (68 milliards de dollars pour la France en 2025, 190 milliards pour la Russie, 336 pour la Chine et 954 pour les États-Unis), ces budgets restent trop fragmentés pour être efficaces. *Volt Europa* propose de créer une armée européenne en deux étapes. D'abord, unifier les achats d'armements pour soutenir une base industrielle et technologique de défense commune, mutualiser les commandes et standardiser les équipements. Ensuite, mettre en place un commandement intégré sous l'autorité d'un ministère européen de la Défense, avec des académies militaires européennes et une chaîne de commandement progressivement unifiée. L'objectif est de permettre à l'Europe de peser face aux grandes puissances mondiales et de défendre ses intérêts de manière coordonnée.

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