Les singes sont sûrement meilleurs en géométrie que vous
On a longtemps cru que la capacité à penser l’espace, les formes et les lignes droites était le produit de notre culture ou de nos cours de mathématiques. Une nouvelle étude révèle que les singes possèdent, eux aussi, une intuition géométrique innée.
Résumé
Étude sur la géométrie
Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique PNAS remet en question l'idée selon laquelle la compréhension de la géométrie serait une compétence exclusivement humaine.
Les chercheurs ont démontré que des singes, comme les babouins et les macaques, sont capables de raisonner en géométrie, en identifiant des formes et leurs relations abstraites, comme la symétrie ou les angles droits.
Cette découverte est présentée comme une preuve que la différence entre l'intelligence humaine et celle des autres primates serait davantage une question de degré que de nature.
Elizabeth Brannon, professeure de psychologie à l'université de Pennsylvanie, souligne que cette étude apporte des éléments convaincants pour nuancer la vision d'un saut évolutif unique chez l'humain dans ce domaine.
Protocole expérimental
Pour tester les capacités géométriques des singes, les chercheurs ont utilisé un système d'écrans tactiles installé au zoo de Seneca Park, dans l'État de New York.
Huit singes adultes ont participé à l'expérience via le Portail des primates, une plateforme interactive.
Le protocole consistait à présenter une forme de référence, comme un carré, que les singes devaient toucher pour valider leur attention.
Ensuite, deux nouvelles formes apparaissaient à l'écran, et les singes devaient sélectionner celle qui correspondait au modèle initial.
Pour éviter que les animaux ne se basent uniquement sur leur mémoire visuelle, les formes étaient parfois soumises à une rotation, forçant ainsi leur cerveau à reconnaître la structure géométrique indépendamment de son orientation dans l'espace.
Comparaison avec humains
Les performances des singes ont été comparées à celles de deux groupes humains : cinquante-huit enfants américains âgés de 3 à 6 ans, et soixante-dix-neuf adultes issus du peuple Tsimané, une communauté d'agriculteurs-cueilleurs de l'Amazonie bolivienne.
Les adultes Tsimané, malgré un accès limité à l'éducation classique, ont maîtrisé les règles du jeu presque instantanément, tandis que les singes et les jeunes enfants ont eu besoin de plus de temps pour analyser chaque figure.
Les récompenses variaient selon les groupes : des céréales pour les singes, des gommettes pour les enfants, et une simple confirmation visuelle pour les adultes.
En cas d'erreur, un signal sonore désapprobateur, un « bonk », était émis, suivi d'une brève suspension du jeu.
Résultats et implications
Les résultats montrent que la maturité cognitive influence les performances, mais aussi que la capacité à raisonner en géométrie n'est pas une exclusivité humaine.
Les singes, bien que moins performants que les adultes Tsimané, ont démontré une intuition géométrique similaire, suggérant que cette compétence repose sur des mécanismes mentaux partagés depuis des millénaires.
Jiawei Li, coauteur de l'étude, explique que cette recherche révèle que notre capacité à concevoir des structures complexes, comme des pyramides ou des gratte-ciels, n'est pas le fruit d'une évolution biologique unique, mais plutôt l'extension sophistiquée d'un « compas intérieur » commun aux humains et aux macaques.
Cette étude ouvre de nouvelles perspectives sur la compréhension des origines de la cognition humaine.
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