Apple et Micron s’affrontent sur la mémoire chinoise

Une des solutions mises en œuvre par Apple pour soulager des marges mises à mal par la crise de la mémoire est d’augmenter les prix de ses appareils. Une autre serait d’équiper ses produits avec de la RAM chinoise. Une stratégie industrielle qui se heurte aux restrictions américaines que le constructeur espère faire sauter – […]
Résumé
Crise des mémoires électroniques
Apple fait face à une crise majeure concernant les mémoires électroniques, appelées RAM (mémoire vive) et NAND (mémoire de stockage), utilisées dans ses appareils comme les iPhone ou les Mac.
Ces composants sont devenus très chers en raison d'une forte demande, notamment de la part des entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle, qui consomment d'énormes quantités de mémoire.
Tim Cook, PDG d'Apple, a qualifié cette situation de sans précédent en quarante ans.
Pour compenser la baisse de ses marges, le géant californien a augmenté les prix de ses produits et envisage d'utiliser des mémoires chinoises, une solution qui suscite des tensions aux États-Unis.
Fournisseurs chinois ciblés
Apple négocierait avec deux entreprises chinoises pour s'approvisionner en mémoires : ChangXin Memory Technologies (CXMT), qui détient 7,67 % du marché mondial des mémoires DRAM, et Yangtze Memory Technologies (YMTC), spécialisée dans les mémoires NAND.
Ces deux acteurs pourraient équiper des appareils vendus en Chine.
Cependant, ils sont tous deux inscrits sur des listes noires américaines en raison de leurs liens présumés avec l'armée chinoise.
YMTC figure même sur la liste d'entités (entity list), qui limite strictement les exportations de technologies vers ces entreprises.
Apple tente de convaincre l'administration américaine de lever ces restrictions, mais se heurte à une opposition farouche.
Micron contre Apple
Micron, seul grand fabricant américain de mémoires face aux Coréens Samsung et SK Hynix, s'oppose fermement à l'utilisation de mémoires chinoises par Apple.
Le groupe, dirigé par Sanjay Mehrotra, a alerté les autorités américaines pour maintenir une position stricte contre CXMT et YMTC.
Micron accuse Apple d'avoir contribué à la crise actuelle en imposant des baisses de prix drastiques sur les mémoires, ce qui a forcé les fabricants à réduire leurs investissements dans de nouvelles usines.
Le groupe met en avant son plan d'investissement de 250 milliards de dollars aux États-Unis pour produire davantage de mémoires localement.
Enjeux géopolitiques
Cette rivalité entre Apple et Micron s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu entre les États-Unis et la Chine.
L'administration Trump doit trancher : soit elle assouplit les restrictions sur les mémoires chinoises pour faire baisser les prix et soutenir les consommateurs, soit elle accélère la production locale de semi-conducteurs pour réduire la dépendance américaine.
Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche, a souligné que « l'importance stratégique des technologies de mémoire et de stockage de pointe n'a jamais été aussi grande ».
Cependant, construire de nouvelles usines prendra des années, laissant le marché en tension dans l'immédiat.
Échec passé d'Apple
Apple avait déjà tenté en 2022 de collaborer avec YMTC pour s'approvisionner en mémoires NAND.
Le projet avait été abandonné après des critiques virulentes, notamment de la part de Marco Rubio, alors sénateur et futur secrétaire d'État de Donald Trump.
Ce dernier avait accusé Apple de « jouer avec le feu » en s'associant à une entreprise chinoise liée à l'armée.
Malgré cet échec, CXMT a connu un succès spectaculaire en Bourse, avec une hausse de 466 % de son action lors de sa première journée de cotation à Shanghai, portant sa valorisation à 484 milliards de dollars.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Découvre plus de contenu sur Napseflow


