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Soudan : "Quand le plus jamais ça se transforme en encore et encore"

France Culture - Savoirs· 7 juillet 2026
Soudan : "Quand le plus jamais ça se transforme en encore et encore"

Au Soudan, la crainte d'un nouveau massacre à El Obeid, un an après El Fasher, persiste. La capitale de l'État du Kordofan du Nord est encerclée depuis dix-huit mois par les FSR, qui affrontent l'armée régulière soudanaise depuis avril 2023.

Résumé

1

Conflit au Soudan

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile opposant deux forces principales : les Forces de Soutien Rapides (FSR), un groupe paramilitaire, et l’armée régulière soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan.

Les FSR encerclent notamment la ville d’El Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord, depuis dix-huit mois.

Cette situation rappelle le siège d’El Fasher, où des violences massives et une famine avaient déjà frappé la population en 2025.

Le conflit a déjà causé la mort ou des blessures à au moins 330 enfants en 2026 selon l’UNICEF, une agence de l’ONU dédiée à la protection de l’enfance.

Les infrastructures civiles, comme les stations de distribution d’eau, sont régulièrement ciblées, aggravant une crise humanitaire déjà critique.

2

Crise humanitaire

La ville d’El Obeid subit une pression démographique sans précédent en raison de l’afflux massif de déplacés fuyant les violences dans d’autres régions du Soudan.

Les attaques de drones et les coupures de courant ont mis hors service le principal poste électrique de la ville, entraînant l’arrêt des pompes à eau et la fermeture des stations de distribution.

Selon les habitants, le prix du bidon d’eau a doublé ces dernières semaines, rendant l’accès à cette ressource vitale de plus en plus difficile.

Les ONG alertent sur le risque d’une crise sanitaire majeure, avec des maladies liées à l’eau non potable et à l’hygiène défaillante.

Cette situation rappelle les alertes lancées après le siège d’El Fasher, où la famine avait déjà fait des milliers de victimes.

3

Rôle international

Malgré les dénégations des Émirats Arabes Unis, des ONG et des diplomates accusent ce pays du Golfe de soutenir financièrement et militairement les FSR.

Le gouvernement britannique aurait été informé dès 2024 de ces liens, mais n’aurait pas réagi en raison de pressions exercées par les Émirats.

Le Financial Times donne la parole à Amgad Fareid Eltayeb, conseiller du général al-Burhan, qui appelle le Royaume-Uni à agir pour mettre fin à la guerre civile.

Il souligne que la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale au Soudan, dispose de moyens de pression pour interdire les FSR et couper leurs approvisionnements.

Cependant, certains observateurs qualifient cette demande de posture hypocrite, estimant que les deux camps en conflit exploitent la population soudanaise.

4

Échec de la communauté internationale

Vingt ans après le génocide au Darfour, où plus de 300 000 personnes avaient péri, la communauté internationale avait promis de ne plus laisser se reproduire de telles atrocités.

Pourtant, le génocide se répète au Soudan, et le monde semble détourner les yeux, selon un éditorial du Guardian.

L’alerte avait été lancée à plusieurs reprises en 2025 après le siège d’El Fasher, où des dizaines de milliers de personnes avaient été massacrées et où la famine avait frappé la population.

Malgré ces signaux d’alerte, les actions concrètes pour protéger les civils restent limitées, laissant la population soudanaise face à une violence récurrente et à une crise humanitaire qui s’aggrave.

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