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Panique en orbite : parti sauver un télescope spatial, le satellite chargé de la mission devient incontrôlable

Science & Vie · mis à jour il y a 4 h

Vieillir en orbite, pour un satellite, se solde d'ordinaire par une lente chute vers l'atmosphère. Plutôt que d'abandonner un télescope encore utile, la NASA a parié sur un engin capable de le rattraper et de le hisser plus haut.

Satellites vieillissants

En orbite autour de la Terre, les satellites subissent une lente dégradation due à des facteurs comme les frottements avec les particules atmosphériques résiduelles. Cette usure progressive les fait descendre progressivement vers des altitudes plus basses. Sans intervention, ils finissent par brûler dans l’atmosphère terrestre, généralement après une dizaine d’années en orbite. Ce phénomène, appelé désorbitation, est inévitable pour les engins non équipés de systèmes de propulsion capables de les maintenir à une altitude stable. Par exemple, le télescope spatial Hubble, lancé en 1990, est concerné par ce problème : sans une relance régulière de son orbite, il pourrait entrer dans l’atmosphère d’ici quelques décennies, mettant fin à sa mission scientifique.

Mission de sauvetage

Plutôt que d’accepter la perte d’un outil scientifique précieux comme Hubble, la NASA (l’agence spatiale américaine) a imaginé une solution pour prolonger sa durée de vie. L’idée était d’envoyer un satellite spécialisé, appelé remorqueur spatial, capable de s’amarrer au télescope et de le propulser vers une orbite plus haute et plus stable. Ce type de mission, encore rare, relève d’une technologie en développement appelée service en orbite (ou on-orbit servicing). Le remorqueur, nommé OSAM-1 (On-orbit Servicing, Assembly, and Manufacturing 1), avait pour mission de s’approcher de Hubble, de s’y fixer, puis de le tracter. Le coût estimé de cette opération s’élevait à environ 1,5 milliard de dollars, incluant le développement du satellite et son lancement.

Échec du remorqueur

Le 13 janvier 2025, la NASA a annoncé que le satellite OSAM-1 était devenu incontrôlable après son lancement. Les ingénieurs ont perdu le contact avec l’engin, rendant toute manœuvre impossible. Ce dysfonctionnement pourrait être lié à un problème technique survenu peu après la mise en orbite, comme une défaillance des systèmes de propulsion ou de communication. Sans solution rapide, OSAM-1 risque de devenir un débris spatial supplémentaire, ajoutant à la pollution déjà croissante en orbite terrestre. Cette situation met en lumière les défis techniques et financiers des missions de service en orbite, encore en phase expérimentale. La perte de ce satellite compromet non seulement la mission de sauvetage de Hubble, mais aussi les projets futurs de maintenance spatiale.

Ce que ça pourrait changer

Le télescope *Hubble*, lancé en 1990, a révolutionné l’astronomie en fournissant des images d’une précision inégalée de l’univers, des galaxies lointaines aux nébuleuses colorées. Son remplacement par le télescope *James Webb* en 2021 n’a pas rendu *Hubble* obsolète : il reste un outil complémentaire, notamment pour observer la lumière visible et ultraviolette. Une mission de sauvetage aurait permis de prolonger son utilisation jusqu’en 2035, voire au-delà. Sans cette intervention, *Hubble* pourrait cesser ses observations d’ici 2030, privant les scientifiques d’un instrument clé. Cet échec rappelle l’importance de développer des technologies fiables pour l’entretien des satellites, alors que l’espace devient de plus en plus encombré.

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