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Au-delà du projet immobilier Kushner-Trump, les racines de la contestation politique en Albanie

<name>Altin Gjeta, PhD Candidate in Political Science and International Studies, University of Birmingham</name> <foaf:homepage rdf:resource="https://theconversation.com/profiles/altin-gjeta-1510477"/>· 8 juillet 2026

Née de l’opposition au projet immobilier de Jared Kushner et d’Ivanka Trump sur le littoral albanais, la mobilisation, qui se déroule depuis le début du mois de juin, révèle des tensions politiques plus profondes. Elle met en lumière le rejet de la corruption et du mode de gouvernance du premier mi…

Résumé

1

Projet immobilier controversé

En juin 2026, un projet immobilier porté par Jared Kushner et Ivanka Trump, gendre et fille de l’ancien président américain Donald Trump, suscite une vive opposition en Albanie.

Ce projet, d’un coût de 4 milliards d’euros, prévoit la construction d’un complexe touristique de luxe sur le littoral préservé de Zvërnec, dans le sud du pays, ainsi que dans des zones humides environnantes.

Ces dernières abritent des écosystèmes fragiles et des espèces protégées, comme les flamants roses, qui donnent leur nom au mouvement de contestation, la « révolution des flamants roses ».

Les riverains et les associations environnementales dénoncent des litiges fonciers non résolus et une menace pour la biodiversité.

Le premier ministre albanais Edi Rama soutient ce projet, le présentant comme un levier économique pour le pays, notamment pour le secteur touristique.

2

Mouvement de contestation

À partir de fin mai 2026, des manifestations massives éclatent à Tirana et dans plusieurs villes du pays contre le projet immobilier et la gouvernance d’Edi Rama.

Ces mobilisations, devenues les plus importantes depuis des décennies, ont été déclenchées par une vidéo virale montrant un manifestant agressé par des agents de sécurité sur le site du projet.

Les contestataires, issus de divers horizons, dénoncent non seulement le projet lui-même, mais aussi la corruption systémique et les abus de pouvoir du gouvernement.

Ils exigent la démission de Rama et des réformes institutionnelles, comme une refonte du système électoral.

La diaspora albanaise en Europe s’est également mobilisée en soutien aux manifestants.

3

Corruption et gouvernance

La contestation actuelle en Albanie reflète un rejet profond de la corruption et du mode de gouvernance d’Edi Rama, au pouvoir depuis 2013.

Plusieurs ministres ont été incarcérés pour abus de pouvoir et faits de corruption, affaiblissant les mécanismes de transparence et de contrôle dans le pays.

La lutte contre la corruption est pourtant une condition essentielle pour l’adhésion de l’Albanie à l’Union européenne, dont les négociations ont officiellement débuté en 2024.

Rama est accusé de concentrer le pouvoir entre les mains de proches et de saper les institutions indépendantes.

Il a même accusé les manifestants d’être influencés par des puissances étrangères, comme l’Iran, sans fournir de preuves.

4

Crise économique et sociale

L’Albanie traverse une crise économique marquée par une flambée des prix, notamment des carburants et de l’immobilier.

Les prix des carburants étaient déjà parmi les plus élevés des Balkans avant les chocs énergétiques liés aux guerres en Ukraine et en Iran.

Le secteur immobilier, en pleine expansion, est soupçonné d’être alimenté par du blanchiment d’argent, notamment à Tirana et sur le littoral.

Le tourisme, qui attire des millions de visiteurs chaque année, ne profite pas équitablement à la population locale en raison de l’absence de développement dans d’autres secteurs comme l’agroalimentaire ou les infrastructures.

Plus d’un demi-million d’Albanais ont émigré vers l’Union européenne ces dix dernières années à la recherche d’opportunités.

5

Réactions internationales

La pression internationale sur le gouvernement albanais s’intensifie.

Le 17 juin 2026, le Parlement européen a appelé les autorités albanaises à suspendre les travaux dans les zones protégées de Zvërnec.

Parallèlement, le parquet albanais a engagé des poursuites pour blanchiment d’argent dans le secteur de la construction, un pilier du pouvoir de Rama.

Des signes de dissidence apparaissent également au sein du Parti socialiste au pouvoir, avec des départs de députés et des critiques publiques de l’ancien gouvernement.

Malgré ces pressions, Rama refuse de démissionner et mise sur un essoufflement du mouvement.

Cependant, les manifestations ont renforcé l’idée qu’un changement politique majeur pourrait être possible.

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