Microsoft obtient d’Apple un copier-coller entre iPhone et PC
Le copier-coller devrait fonctionner de manière aussi transparente entre les OS d’Apple qu’entre un PC et un iPhone. Microsoft va obtenir d’Apple un équivalent de son presse-papier universel, mais pas avant l’automne 2027 au plus tôt, et probablement limité à l’Union européenne.
Microsoft a obtenu d’Apple le développement d’une fonctionnalité permettant de copier du texte ou un document sur un iPhone pour le coller sur un PC Windows, et inversement. Cette demande a été déposée en mars 2026 dans le cadre du règlement sur les marchés numériques (DMA), une loi européenne qui oblige les grandes plateformes comme Apple à garantir une interopérabilité gratuite et efficace entre leurs services et ceux de leurs concurrents. Le DMA vise à éviter les monopoles en imposant des règles strictes aux entreprises contrôlant des écosystèmes numériques majeurs. Apple, en tant que contrôleur d’accès, doit donc permettre aux autres acteurs d’accéder à certaines fonctions de son système iOS, comme le presse-papiers, de manière équitable.
Actuellement, copier du texte entre un iPhone et un PC Windows est compliqué et peu pratique. Une application Windows ne peut pas surveiller en permanence le presse-papiers de l’iPhone, qui stocke temporairement les données copiées (texte, images, etc.). De plus, l’utilisateur doit chaque fois autoriser manuellement l’accès au presse-papiers, ce qui interrompt le flux de travail. Microsoft souligne que cette méthode ne permet pas une expérience fluide, contrairement à ce que propose Apple entre ses propres appareils (iPhone et Mac) avec son presse-papiers universel. Ce dernier permet de copier un élément sur un appareil Apple et de le coller instantanément sur un autre, sans manipulation supplémentaire.
Apple a répondu à la demande de Microsoft en proposant un mécanisme plus encadré et sécurisé. Au lieu d’ouvrir totalement son presse-papiers, l’entreprise prévoit une seule autorisation de partage entre l’iPhone et le PC associé. Ce système reposerait sur deux technologies : l’Accessory Transport Extension framework, qui permet la transmission de données en arrière-plan, et l’AccessorySetupKit, utilisé pour jumeler les appareils. Une fois configuré, l’utilisateur n’aurait plus besoin d’ouvrir une application sur l’iPhone ni de valider chaque transfert. Le contenu copié serait envoyé automatiquement vers l’autre appareil, rendant l’expérience transparente.
Apple a annoncé que ce projet représente un chantier d’ingénierie conséquent et ne sera pas disponible avant un certain temps. Le développement devrait s’achever à l’automne 2027, suivi d’une phase de tests en version bêta. Le grand public devra donc patienter avant de bénéficier de cette fonctionnalité, qui ne sera pas immédiate. Par ailleurs, comme cette demande est liée au DMA, il n’est pas garanti qu’Apple étende cette fonctionnalité au-delà de l’Union européenne. Le DMA s’applique uniquement aux pays membres, ce qui limite la portée géographique de cette interopérabilité.
Cette initiative s’inscrit dans une série de concessions faites par Apple en Europe pour se conformer au DMA. Par exemple, la version iOS 26.5, sortie en mai 2026, a permis aux *montres connectées* autres que l’Apple Watch d’interagir avec les notifications envoyées par un iPhone. Auparavant, ces montres ne pouvaient que lire les notifications, sans pouvoir y répondre ou les gérer. Ces ajustements montrent une évolution progressive d’Apple vers une plus grande ouverture, bien que limitée à des fonctions spécifiques et encadrées par la réglementation européenne.

