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Canicules, mégafeux, inondations : l’extrême droite à l’offensive

<name>Juliette Quénéa, doctorante en sociologie, Université de Rennes</name> <foaf:homepage rdf:resource="https://theconversation.com/profiles/juliette-quenea-2746061"/>· 2 août 2026

Alors que les événements climatiques extrêmes (vagues de chaleur, feux de végétation, inondations, etc.) se multiplient sous l’effet du dérèglement climatique, les acteurs d’extrême droite se sont récemment emparés du sujet pour avancer leur propre agenda anti-écologiste dans plusieurs pays occiden…

Résumé

1

Extrême droite et climat

L’article explique comment l’extrême droite en France, en Espagne et aux États-Unis utilise les événements climatiques extrêmes (canicules, mégafeux, inondations) pour promouvoir son agenda politique.

Alors que ces catastrophes naturelles devraient renforcer la prise de conscience écologique, ces partis tentent de minimiser ou de nier le rôle du dérèglement climatique d’origine humaine.

Par exemple, en France, le Rassemblement National (RN) a reconnu partiellement la gravité des canicules en 2026, tout en continuant à critiquer les politiques écologistes.

Aux États-Unis, Donald Trump a ignoré le lien entre les incendies de Los Angeles en 2025 et le changement climatique, affirmant que la situation allait s’améliorer.

En Espagne, le parti Vox a attribué les inondations de Valence en 2024 à un phénomène naturel, rejetant toute responsabilité humaine.

2

Inversion du blâme

L’extrême droite utilise une stratégie discursive appelée inversion du blâme pour accuser les écologistes et les politiques environnementales d’aggraver les conséquences des catastrophes naturelles.

En Espagne, Vox a affirmé que les écologistes étaient responsables des inondations en 2024 en empêchant l’entretien des barrages et des cours d’eau, une idée largement démentie par les faits.

Aux États-Unis, Donald Trump a accusé la protection d’une espèce de poisson menacée, l’éperlan du Delta, d’avoir aggravé les incendies de Los Angeles en 2025, privant les secours d’eau.

En France, le RN a reproché aux écologistes de bloquer les débroussaillages et de promouvoir une écologie de la décroissance, rendant les forêts plus vulnérables aux incendies.

Ces accusations visent à discréditer les écologistes et à éviter toute remise en question des politiques climatiques.

3

Solutions technosolutionnistes

Face aux catastrophes climatiques, l’extrême droite propose des solutions technologiques et des mesures de dérégulation environnementale.

En France, le RN a proposé un plan de climatisation massive pour lutter contre les canicules en 2026, sans tenir compte de ses impacts écologiques comme la surconsommation d’énergie.

Le parti défend également le nucléaire tout en s’opposant aux énergies renouvelables.

En Espagne, Vox a proposé la construction de nouveaux barrages et réservoirs après les inondations de Valence en 2024, s’opposant à une loi européenne de restauration de la nature.

Aux États-Unis, Donald Trump a relancé un projet d’acheminement des eaux du nord vers le sud de la Californie, initialement rejeté pour ses effets néfastes sur la biodiversité.

Ces propositions s’inscrivent dans une tendance plus large de détricotage des avancées écologiques, incluant la sortie des Accords de Paris sous Trump ou la réduction des dépenses environnementales en France.

4

Climatoscepticisme et stratégies

L’article souligne que l’extrême droite utilise des stratégies variées pour nier ou minimiser le rôle du dérèglement climatique.

En France, le RN a tenté de réécrire son discours climatosceptique en 2026, tout en continuant à critiquer les alertes du GIEC et à promouvoir des mesures comme la climatisation.

Aux États-Unis, Donald Trump a maintenu son climatoscepticisme, affirmant en 2020 que le climat allait se rafraîchir.

En Espagne, Vox a nié le lien entre les inondations de 2024 et le changement climatique, attribuant ces événements à des phénomènes naturels.

Ces positions s’accompagnent souvent de discours disqualifiant les écologistes, les présentant comme des éco-criminels ou des apôtres d’une religion climatique.

L’objectif est de promouvoir un agenda politique axé sur la dérégulation environnementale et la réduction des politiques climatiques.

5

Impact politique et mobilisation

L’extrême droite instrumentalise les catastrophes climatiques pour renforcer son influence politique.

En France, le RN a utilisé la canicule de 2026 pour proposer des mesures comme la climatisation, tout en critiquant les politiques écologistes.

En Espagne, Vox a exploité les inondations de 2024 pour promouvoir la construction de barrages et attaquer le gouvernement.

Aux États-Unis, Donald Trump a utilisé les incendies de 2025 pour relancer des projets controversés comme l’acheminement des eaux.

Ces stratégies s’inscrivent dans un mouvement plus large de détricotage des avancées écologiques, incluant la réduction des dépenses environnementales et l’opposition aux lois européennes sur la restauration de la nature.

L’objectif est de mobiliser l’électorat en proposant des solutions simplistes et en rejetant toute responsabilité humaine dans les catastrophes naturelles.

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