Sault-Sainte-Marie : un projet de centre de données lié à l’IA suscite la controverse

Le projet intègre un centre de données optimisé pour l’intelligence artificielle.
Résumé
Projet controversé à Sault-Sainte-Marie
En décembre 2025, le conseil municipal de Sault-Sainte-Marie, une ville du Nord-Est de l’Ontario au Canada, a approuvé la construction d’un centre de données dédié à l’intelligence artificielle (IA) et à la cybersécurité.
Ce projet, situé dans le parc industriel de l’ouest de la ville, suscite une vive opposition locale, avec plus de 2 600 personnes ayant signé une pétition contre son implantation.
Le centre, développé en partenariat entre l’entreprise de cybersécurité Protexxa et la Première Nation crie de Missanabie, vise à analyser et corriger les failles de sécurité informatique pour des organisations et gouvernements.
Cependant, ce type d’infrastructure est de plus en plus critiqué en 2026 pour sa consommation élevée d’eau, d’électricité et sa pollution sonore, ce qui alimente les débats sur son impact environnemental et social.
Consommation et enjeux environnementaux
Les centres de données dédiés à l’IA, comme celui prévu à Sault-Sainte-Marie, sont souvent critiqués pour leur consommation massive de ressources.
Selon l’Université York, 96 de ces centres dits « hyper-échelle » (d’une capacité de 100 mégawatts ou plus) sont en développement au Canada en 2026.
Leur refroidissement nécessite d’énormes quantités d’eau douce, ce qui pose problème dans un contexte de crise hydrique mondiale.
À Sault-Sainte-Marie, l’entreprise Protexxa n’a pas encore précisé le volume exact d’eau nécessaire, mais explore l’utilisation de la neige pour réduire cette consommation.
Une résidente locale, Vixie Vikken, exprime ses craintes : *« Nous traversons une crise hydrique mondiale, c’est terrifiant.
Si nous manquons d’eau douce, nous sommes fichus.
»* Ces inquiétudes rejoignent des mouvements de protestation observés ailleurs dans le monde contre ce type d’infrastructures.
Arguments des promoteurs et promesses
Les promoteurs du projet, dont Protexxa et la Première Nation crie de Missanabie, mettent en avant ses retombées économiques et technologiques.
Le centre de données créerait au moins 200 emplois dès son ouverture, avec un potentiel de 1 000 emplois une fois pleinement opérationnel.
Protexxa affirme que sa mission est de « protéger chaque être humain dans notre monde numérique et de transformer la cybersécurité en aidant les entreprises à trouver et corriger les vulnérabilités cybernétiques ».
Le directeur général de la ville, Tom Vair, souligne que le bâtiment prévu (entre 100 000 et 160 000 pieds carrés) serait de taille modeste comparé aux mégacentres de données connus pour leur surconsommation.
Il précise qu’il s’agirait plutôt d’un « immeuble de bureaux abritant un centre d’opérations et une salle de serveurs standard ».
Doutes et incertitudes locales
Malgré l’approbation municipale, le projet reste controversé au sein de la communauté.
Une partie des habitants, comme Vixie Vikken, s’inquiète de l’impact sur les ressources naturelles et de la hausse des prix locaux.
Le volume exact d’eau douce nécessaire n’a pas été communiqué, et l’option de la neige pour le refroidissement soulève des questions sur sa faisabilité.
Par ailleurs, le fournisseur d’électricité local, PUC Distribution inc., a indiqué que le centre devra passer une évaluation d’impact sur le réseau avant d’être raccordé.
Le conseiller municipal Corey Gardi, qui soutient le projet, affirme n’avoir reçu que « quelques courriels » de citoyens inquiets et se dit confiant dans la capacité des promoteurs à atténuer les impacts environnementaux.
L’entreprise Protexxa n’a pas encore finalisé la vente du terrain (3 hectares évalués à 349 000 $) ni bouclé son financement.
Contexte économique et politique
Le projet s’inscrit dans un contexte économique difficile pour Sault-Sainte-Marie, marquée par le licenciement de 1 000 travailleurs chez Algoma Steel.
Certains acteurs locaux, comme l’entrepreneur Derek Pearce, y voient une opportunité de relancer l’économie.
Pearce rappelle que « le grand public oublie souvent qu’il dépend de ces infrastructures au quotidien pour faire fonctionner les réseaux sociaux et traiter les données en ligne ».
Politiquement, le conseil municipal a donné son feu vert en décembre 2025, mais la vente du terrain n’est pas encore finalisée, avec une transaction prévue pour l’automne 2026.
Le débat reflète ainsi les tensions entre développement économique et préservation des ressources dans une région en mutation.
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