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La chronique du Grand Continent, chronique du jeudi 06 août 2026

France Culture - Savoirs· 6 août 2026
La chronique du Grand Continent, chronique du jeudi 06 août 2026

Résumé

1

Discours radical de J.D. Vance

En 2021, alors qu'il était candidat au poste de sénateur de l'Ohio, J.D.

Vance, aujourd'hui vice-président des États-Unis, a prononcé un discours intitulé «Les universités sont l’ennemi».

Il y affirmait que les universités américaines inculquent des orthodoxies progressistes basées sur la tromperie et le mensonge, et que les conservateurs devraient attaquer honnêtement et agressivement les universités de ce pays.

Vance a également déclaré : «Nous livrons nos enfants à nos ennemis, et il est temps d’arrêter de le faire».

Ces propos, soutenus par le milliardaire de la tech Peter Thiel, illustrent une vision radicale de l'éducation supérieure, perçue comme un outil de propagande idéologique.

À l'époque, Vance était un jeune politicien en ascension, mais ses idées ont depuis gagné en influence au sein du pouvoir américain.

2

Réforme du financement universitaire

Une réforme majeure du financement des universités américaines entrera en vigueur le 1er octobre 2026.

Jusqu’à présent, les subventions fédérales étaient attribuées principalement sur la base du mérite scientifique.

Désormais, la quasi-totalité de ces financements sera soumise à l’approbation de responsables politiques.

Leur rôle consistera à vérifier que les subventions font avancer de manière démontrable les priorités politiques du Président.

Cette mesure, passée relativement inaperçue, marque un changement structurel dans la gouvernance de la recherche aux États-Unis.

Le professeur de droit Robert Post, ancien directeur de l’École de Droit de Yale, souligne que cette réforme menace l’indépendance des universités, comme en témoigne l’exemple de l’université de Yale, prête à accorder au ministère de la Justice un droit de regard sur les admissions de ses étudiants en médecine et en droit.

3

Fin de l'universalisme scientifique

Depuis 1945 et l’ère Roosevelt, la politique scientifique américaine reposait sur trois piliers : l’universalisme (la science ouverte et accessible à tous), la science ouverte (partage des connaissances sans restriction) et les financements publics (soutien par l’État).

Le rapport Kratsios, remis le 20 juillet 2026 par Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche, propose de mettre fin à ce paradigme.

Intitulé «La science, un nouvel âge d’or», ce document vise à inaugurer une nouvelle ère scientifique, centrée sur la domination des États-Unis, dopée à l’intelligence artificielle, et hostile aux chercheurs étrangers ainsi qu’aux institutions traditionnelles.

Le rapport prône également un basculement vers des financements privés pour remplacer les subventions publiques.

4

Nouveau paradigme scientifique

Le rapport Kratsios marque un tournant dans la politique scientifique américaine en rejetant l’héritage de l’après-Seconde Guerre mondiale.

Il propose de remplacer l’universalisme par une approche nationaliste et compétitive, où la science devient un outil au service de la puissance des États-Unis.

L’intelligence artificielle est présentée comme un levier clé pour renforcer cette domination.

Le rapport s’inscrit dans une logique de méfiance envers les chercheurs étrangers et les institutions traditionnelles, comme les universités, perçues comme des bastions de l’idéologie progressiste.

Cette vision s’aligne avec les positions de figures comme J.D.

Vance et Michael Kratsios, qui prônent une science alignée sur les priorités politiques du gouvernement, plutôt que sur des critères académiques ou internationaux.

5

Menace sur l'indépendance académique

La réforme du financement des universités et les propositions du rapport Kratsios menacent directement l’indépendance académique, un principe fondamental de la recherche scientifique.

Par exemple, l’université de Yale envisagerait d’accorder au ministère de la Justice un droit de regard sur les admissions de ses étudiants en médecine et en droit.

Cette situation illustre comment la menace de suppression des subventions peut pousser les institutions à céder à des pressions politiques.

Robert Post, ancien directeur de l’École de Droit de Yale, souligne que cette dynamique reflète une volonté de contrôle accru de l’État sur la recherche et l’éducation, au détriment de l’autonomie des universités.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les universités américaines, autrefois perçues comme des modèles d’excellence et d’ouverture, voient leur rôle et leur financement redéfinis.

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