Amazon défie Starlink en déployant 5 000 satellites pour connecter les smartphones
Amazon Leo, filiale du géant du web, vient de déposer une demande d’agrément pour placer en orbite plus de 5 000 satellites. Objectif : fournir des services de téléphonie mobile depuis l’espace. Un marché que Starlink, la société d’Elon Musk, paraissait bien parti pour dominer.
Résumé
Amazon rachète Globalstar
En avril 2025, Amazon a annoncé son intention d’acquérir la société américaine Globalstar, spécialisée dans les télécommunications par satellite.
Cette opération, en cours de finalisation, représente un investissement de 11,6 milliards de dollars, soit environ 10,2 milliards d’euros.
Globalstar possède déjà des satellites en orbite et des licences pour fournir des services de communication mobile.
Ce rachat s’inscrit dans une stratégie plus large d’Amazon pour développer son propre réseau de satellites, afin de proposer des services de connectivité directe aux smartphones et autres appareils mobiles.
L’acquisition vise à renforcer la position d’Amazon face à ses concurrents dans le domaine des télécommunications spatiales.
Demande de 5 000 satellites
Le 27 juillet 2025, Amazon a déposé une demande officielle auprès de la Commission fédérale des communications (FCC), l’autorité américaine régulant les télécommunications.
L’entreprise souhaite obtenir l’autorisation de lancer plus de 5 000 satellites en orbite terrestre.
Ces satellites auraient pour mission de connecter directement les smartphones et appareils mobiles à Internet, sans passer par les antennes-relais terrestres traditionnelles.
Cette technologie, appelée D2D (direct-to-device), permettrait de couvrir des zones actuellement mal desservies par les réseaux mobiles classiques, comme les régions rurales ou les zones en mouvement (avions, bateaux, etc.).
Amazon met en avant l’objectif de réduire la fracture numérique en offrant une connectivité universelle.
Concurrencer Starlink
Avec ce projet, Amazon entend rivaliser directement avec Starlink, la filiale spatiale d’Elon Musk, qui domine actuellement le marché des connexions Internet par satellite.
Starlink, déjà opérationnelle dans plus de 150 pays, utilise une constellation de plus de 10 000 satellites pour fournir un accès haut débit à Internet.
Cependant, Starlink se concentre principalement sur les connexions fixes (antennes, routeurs) plutôt que sur les smartphones.
Amazon mise sur une approche différente en ciblant spécifiquement les appareils mobiles, ce qui pourrait lui permettre de capter une partie du marché des utilisateurs en déplacement ou dans des zones isolées.
Cette compétition s’inscrit dans une course plus large entre les géants de la tech pour contrôler l’accès à Internet, notamment dans les régions éloignées.
Objectif de couverture mondiale
Dans sa demande à la FCC, Amazon souligne l’ambition de connecter des millions de personnes vivant, voyageant ou travaillant dans des zones non couvertes par les réseaux terrestres actuels.
L’entreprise évoque notamment les millions d’utilisateurs potentiels dans des régions rurales, des déserts, ou encore des océans, où les infrastructures mobiles classiques sont absentes ou trop coûteuses à déployer.
En combinant l’acquisition de Globalstar et le déploiement de ses propres satellites, Amazon cherche à créer un réseau global capable de fournir une connexion Internet stable et rapide, indépendamment de la localisation géographique.
Cette initiative pourrait avoir un impact significatif sur l’inclusion numérique, en offrant un accès à Internet à des populations actuellement exclues du numérique.
Enjeux et défis du projet
Le déploiement de 5 000 satellites supplémentaires soulève plusieurs questions, notamment en termes de régulation, de coût et d’impact environnemental.
La FCC devra évaluer la faisabilité technique et les risques liés à la multiplication des satellites en orbite, déjà très encombrée.
Par ailleurs, le coût total du projet, incluant les lancements et la maintenance des satellites, reste un défi financier majeur pour Amazon, qui devra rentabiliser son investissement.
Enfin, l’augmentation du nombre de satellites en orbite terrestre basse pourrait aggraver le problème de la pollution spatiale, déjà pointé du doigt avec les constellations existantes comme celle de Starlink.
Ces enjeux pourraient ralentir ou modifier la mise en œuvre du projet, malgré son ambition initiale.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Découvre plus de contenu sur Napseflow


