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Manifeste pour le Mouvement de Libération de l’Attention

multitudes· 6 juin 2026

Manifeste pour le Mouvement de Libération de l’Attention Dans ce manifeste, le collectif The Friends of Attention invite à prendre soin de l’attention pensée comme « attensité ». Soit une méfiance envers ceux qui valorisent la seule capacité de l’esprit à rester concentré et qui stigmatisent, par c…

Résumé

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Crise de l'attention

Le Manifeste pour le Mouvement de Libération de l’Attention dénonce une crise systémique de l’attention, où les individus subissent une sursollicitation constante de leur capacité cognitive.

Cette situation est exacerbée par l’économie de l’attention, un modèle économique où les plateformes numériques (réseaux sociaux, moteurs de recherche, applications) captent et monétisent l’attention des utilisateurs.

Selon le manifeste, cette économie repose sur des algorithmes conçus pour maximiser l’engagement, souvent au détriment du bien-être mental et de la productivité.

Les auteurs soulignent que cette crise touche particulièrement les jeunes générations, avec une étude citée indiquant que les 18-24 ans passent en moyenne 3 heures par jour sur les réseaux sociaux, fragmentant leur attention en micro-interactions de quelques secondes.

La concentration profonde, nécessaire pour des activités complexes comme la lecture ou la réflexion, devient ainsi un luxe rare.

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Origines du mouvement

Le mouvement de libération de l’attention s’inspire de plusieurs courants intellectuels et militants, notamment les travaux du philosophe sud-coréen Byung-Chul Han sur la société de la fatigue, où l’individu est à la fois victime et complice de son propre épuisement.

Il s’appuie aussi sur les critiques de l’économie numérique portées par des penseurs comme Shoshana Zuboff, auteure de L’Âge du capitalisme de surveillance, qui analyse comment les géants du numérique (Google, Meta, TikTok) exploitent les données personnelles pour façonner nos comportements.

Le manifeste est porté par des collectifs comme Multitudes, une revue francophone dédiée aux enjeux politiques, économiques et culturels contemporains, qui publie des textes engagés sur ces questions depuis 2000.

Le mouvement émerge dans un contexte où les régulations (comme le RGPD en Europe) peinent à encadrer les pratiques des plateformes.

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Objectifs du manifeste

Le manifeste propose une désintoxication numérique collective, inspirée des mouvements comme le Digital Detox ou la slow tech, qui prônent une réduction volontaire de l’usage des technologies numériques.

Ses objectifs principaux incluent la reconquête de l’autonomie cognitive, la protection des données personnelles et la promotion d’un usage plus responsable des outils numériques.

Il appelle à une régulation démocratique des algorithmes, exigeant plus de transparence sur leurs mécanismes et leurs impacts.

Le texte défend aussi l’idée d’un revenu universel d’autonomie, inspiré des propositions de l’économiste Daniel Cohen, pour compenser les effets négatifs de l’automatisation et de la précarité numérique.

Enfin, il encourage le développement de communs numériques, des ressources partagées et non marchandes, comme alternative aux plateformes privées.

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Stratégies proposées

Pour atteindre ses objectifs, le manifeste suggère plusieurs stratégies concrètes.

D’abord, il recommande des ateliers d’éducation critique aux médias, visant à enseigner aux citoyens comment décrypter les mécanismes de captation de l’attention et à développer des compétences numériques autonomes.

Ensuite, il propose la création de zones sans écran dans les espaces publics et privés, comme les écoles ou les lieux de travail, pour favoriser la concentration et les interactions sociales non médiatisées.

Le texte milite aussi pour une fiscalité des géants du numérique, taxant les profits des entreprises comme Meta ou Google pour financer des programmes de sensibilisation et des alternatives locales.

Enfin, il encourage la mise en place de défis collectifs, comme le 30 jours sans réseaux sociaux, pour briser les habitudes addictives et recréer du lien social hors ligne.

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Enjeux politiques

Le mouvement s’inscrit dans un débat plus large sur la souveraineté numérique, c’est-à-dire la capacité des États et des citoyens à contrôler leurs données et leurs outils technologiques.

Il critique l’hégémonie des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), dont les modèles économiques reposent sur l’exploitation des données personnelles.

Le manifeste appelle à une coopération internationale pour réguler ces acteurs, en s’appuyant sur des cadres existants comme le Digital Services Act (DSA) européen, entré en vigueur en 2024.

Il souligne aussi l’urgence d’une réforme des modèles éducatifs, pour intégrer des enseignements sur les enjeux de l’attention et de la santé mentale liés au numérique.

Enfin, il questionne le rôle des États dans la protection des citoyens, entre néolibéralisme numérique et autoritarisme technologique.

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Résistances et limites

Malgré son ambition, le mouvement fait face à des résistances majeures.

Les géants du numérique, dont les revenus dépendent de l’attention des utilisateurs, déploient des stratégies pour maintenir leur emprise, comme l’ajout de fonctionnalités addictives (notifications, scroll infini) ou le lobbying contre les régulations.

Les auteurs du manifeste reconnaissent aussi les inégalités d’accès aux alternatives numériques, notamment pour les populations défavorisées ou âgées, qui peuvent se sentir exclues des solutions proposées.

Une autre limite réside dans la volonté individuelle nécessaire pour adhérer au mouvement : sans changement structurel, les efforts personnels risquent d’être inefficaces face à des systèmes conçus pour capter l’attention.

Enfin, le texte note que les régulations existantes, comme le RGPD, restent souvent peu appliquées en raison de leur complexité ou de leur manque de moyens.

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Appel à l'action

Le manifeste se termine par un appel à l’action, invitant les citoyens à s’emparer de ces enjeux pour transformer leur rapport au numérique.

Il propose des actions symboliques, comme le port d’un badge ou d’un bracelet rappelant l’importance de l’attention, et des actions collectives, comme la création de groupes locaux pour organiser des débats ou des ateliers.

Les auteurs encouragent aussi les lecteurs à signer une pétition pour soutenir des propositions concrètes, comme l’inscription du droit à la déconnexion dans le code du travail ou la création d’un observatoire indépendant sur les impacts du numérique.

Le texte insiste sur l’idée que la libération de l’attention est un projet politique, nécessitant une mobilisation à la fois individuelle et collective pour contester les logiques économiques dominantes.

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