NapseflowNapseflow
Culture

Doctolib veut utiliser les données personnelles de ses usagers pour alimenter son IA

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 3 h

Quand Doctolib s'intéresse à nos données médicales. La plateforme de prise de rendez-vous entend "améliorer les parcours de soins grâce à l'intelligence artificielle".

Doctolib et IA médicale

Doctolib, la plateforme française de prise de rendez-vous médicaux en ligne utilisée par 50 millions de personnes, a lancé un projet visant à exploiter les données personnelles de ses usagers pour entraîner une intelligence artificielle (IA). L'objectif affiché est d'améliorer les parcours de soins en analysant les historiques médicaux des patients. Cependant, cette initiative suscite des inquiétudes parmi certains acteurs du secteur médical et de la protection des données. Les utilisateurs ont reçu un mail début juillet leur permettant de s'opposer à cette collecte, bien que le projet soit déjà en cours depuis le week-end du 3 août 2026.

Données médicales sensibles

Les données concernées sont des informations médicales personnelles, comme les diagnostics, les traitements prescrits ou les antécédents de santé. Ces données sont considérées comme sensibles car elles révèlent des aspects intimes de la vie d'une personne. En France, leur utilisation est strictement encadrée par le Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui impose un consentement explicite pour leur traitement. Doctolib précise que l'utilisation de ces données est conditionnée à l'accord des utilisateurs, mais des associations comme la Ligue des droits de l'Homme et Que Choisir Ensemble critiquent le manque de transparence sur les modalités de cette collecte.

Critiques et oppositions

Plusieurs acteurs s'opposent à ce projet. Le collectif Interhop, composé de médecins et de chercheurs, qualifie le projet de problématique en raison des risques liés à la protection de la vie privée et à la sécurité des données. Ces critiques soulignent que l'utilisation de données médicales par une IA pourrait entraîner des biais ou des erreurs dans les recommandations cliniques. Par ailleurs, des associations de consommateurs et de défense des droits humains s'inquiètent de l'absence de garanties suffisantes pour éviter une exploitation commerciale ou une fuite de données.

Fonctionnement de l'IA

L'intelligence artificielle de Doctolib analysera les données médicales des patients pour proposer des recommandations cliniques, comme des diagnostics ou des protocoles de traitement. Cette technologie repose sur des algorithmes capables d'identifier des tendances ou des corrélations dans de grandes quantités de données. Cependant, l'efficacité de ces outils dépend fortement de la qualité et de la diversité des données utilisées. Les opposants au projet soulignent que les algorithmes peuvent reproduire ou amplifier des inégalités existantes dans les soins de santé, notamment si les données ne sont pas représentatives de l'ensemble de la population.

Ce que ça pourrait changer

En France, le traitement des données de santé est soumis à des règles strictes, notamment le RGPD et la loi *Informatique et Libertés*. Doctolib affirme que les utilisateurs peuvent s'opposer à la collecte de leurs données, mais les modalités de ce refus ne sont pas détaillées dans l'article. Les associations de protection des données et des droits humains appellent à une vigilance accrue sur les conditions de ce consentement, qui doit être libre, éclairé et réversible. Le projet de Doctolib soulève ainsi des questions sur l'équilibre entre innovation technologique et respect de la vie privée.

Sujets complémentaires