En ouvrant cette tombe chinoise, les archéologues ont révélé un étrange rituel oublié depuis deux millénaires
Des objets en bronze retrouvés dispersés dans une sépulture indiquent de possibles rites funéraires pratiqués dans la Chine du VIIᵉ siècle avant notre ère.
Résumé
Découverte archéologique majeure
En Chine, dans la province du Hubei, des archéologues ont exploré le cimetière de Zaoshulin, un site datant de 2 600 ans.
Ils y ont découvert une tombe ancienne contenant des dizaines d'objets en bronze, notamment des cloches, qui intriguaient par leur état : brisés et dispersés.
Cette découverte, datée du VIIᵉ siècle avant notre ère, concerne le seigneur Qiu, dirigeant de l'État de Zeng.
Les objets, initialement suspendus à des structures en bois aujourd'hui disparues, ont été retrouvés éparpillés dans la tombe, suggérant un geste intentionnel plutôt qu'un simple accident.
Les chercheurs excluent l'hypothèse de pilleurs de tombes, privilégiant celle d'un rituel de « désactivation » des objets avant leur enterrement.
Rituel de désactivation
Les archéologues avancent l'hypothèse d'un rituel de « désactivation » des objets en bronze, notamment des cloches, avant leur dépôt dans la tombe.
Ce geste symbolique consistait à neutraliser volontairement leur fonction et leur pouvoir, probablement pour marquer la transition du défunt vers un autre statut dans l'au-delà.
Cette pratique n'est pas isolée et a été observée dans plusieurs cultures anciennes, où certains artefacts perdaient leur utilité au moment du passage dans le monde des ancêtres.
L'archéologue Chinglong Tse souligne que ces objets ne doivent pas être interprétés comme de simples instruments de musique, mais comme des éléments d'un système de croyances lié aux esprits des ancêtres et à des forces surnaturelles.
Fonction originelle des cloches
Les cloches en bronze découvertes dans la tombe du seigneur Qiu, fabriquées au VIIᵉ siècle avant notre ère, avaient une fonction bien précise à l'époque.
Elles servaient probablement à invoquer la protection des ancêtres dans un contexte de guerre, marqué par les conflits de la période des Printemps et Automnes (770-481 av.
J.-C.).
À cette époque, les États chinois étaient en compétition constante, et les rituels liés aux ancêtres jouaient un rôle central dans les stratégies de protection et de légitimation du pouvoir.
Les cloches, suspendues à des structures en bois, étaient donc des objets sacrés, bien plus que de simples instruments de musique.
Changement politique et alliance
La situation politique évolua au fil du temps, conduisant à une alliance entre l'État de Zeng et celui de Chu.
Cette alliance fut scellée par un mariage entre Qiu, seigneur de Zeng, et la sœur du roi de Chu.
Ce rapprochement marqua un tournant dans les relations entre les deux États, passant d'un contexte de guerre à une période de paix.
Dans ce nouveau cadre, les cloches, initialement utilisées pour des rituels de protection liés à la guerre, perdirent leur utilité initiale.
Leur rôle symbolique, lié à la violence et aux conflits, devint obsolète.
Symbolique de la désactivation
Lors de l'enterrement du seigneur Qiu, les objets en bronze, notamment les cloches, furent volontairement « désactivés ».
Leurs structures en bois furent démontées, et les cloches dispersées dans la tombe.
Ce geste avait pour but d'empêcher leur pouvoir symbolique de se poursuivre dans l'au-delà, marquant ainsi la transition du défunt vers un autre statut dans le monde des ancêtres.
Cette pratique illustre la complexité des croyances anciennes, où les objets n'étaient pas simplement enterrés, mais soumis à des rituels précis pour neutraliser leur influence.
Un second ensemble de cloches, plus simples et intact, a également été découvert, suggérant qu'elles avaient une fonction différente, liée à l'accompagnement du défunt dans l'au-delà.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Voir aussi
Plus de contenus dans cette catégorie →Découvre plus de contenu sur Napseflow


