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Comment Hannibal a-t-il pu traverser les Alpes avec des éléphants? Une nouvelle étude a résolu ce mystère

François Montcorbier· 29 juillet 2026

En calculant l'énergie dépensée par son armée, des chercheurs estiment avoir identifié le col le plus probable emprunté par le général carthaginois en 218 avant notre ère.

Résumé

1

Le mystère d'Hannibal

En 218 avant notre ère, le général carthaginois Hannibal a mené une expédition militaire majeure en traversant les Alpes avec près de 46 000 soldats et 37 éléphants de guerre.

Cet exploit, qui vise à attaquer Rome depuis le nord, reste l’un des plus grands mystères de l’Antiquité.

Les historiens débattent depuis des siècles sur l’itinéraire exact emprunté par Hannibal, d’autant plus que la présence d’éléphants, lourds et difficiles à nourrir, limite considérablement les chemins possibles.

Pourquoi avoir choisi de traverser les Alpes avec ces animaux, alors que leur transport semblait si périlleux ?

Ces questions alimentent des débats sans consensus, malgré les récits antiques qui décrivent l’événement.

2

Une étude scientifique

Une étude récente publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences et relayée par The Debrief propose une nouvelle approche pour résoudre ce mystère.

Plutôt que de se fier uniquement aux récits historiques, les chercheurs ont analysé l’énergie nécessaire pour faire traverser les Alpes à l’ensemble de l’armée, en tenant compte des soldats, des chevaux et des éléphants.

Leur objectif était de déterminer quel col aurait permis de minimiser l’effort global requis par les hommes et les animaux.

Cette méthode scientifique offre une perspective inédite sur le choix stratégique d’Hannibal.

3

Le col de la Traversette

Les résultats de l’étude désignent le col de la Traversette comme l’itinéraire le plus efficace sur le plan énergétique, malgré sa réputation de passage difficile.

Selon les calculs des chercheurs, l’armée d’Hannibal aurait dépensé environ 5,42 térajoules d’énergie pour traverser ce col.

À titre de comparaison, un passage par le col du Clapier, longtemps considéré comme le plus probable, aurait nécessité environ 16 % d’énergie supplémentaire, soit environ 6,29 térajoules.

Le col de la Traversette, situé entre la France et l’Italie, se révèle donc comme le choix le plus optimal pour une traversée aussi exigeante.

4

Le rôle des éléphants

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle les éléphants auraient été un fardeau, l’étude suggère qu’ils étaient en réalité mieux adaptés que les soldats ou les chevaux pour traverser les Alpes.

Leur physiologie, notamment leurs réserves de graisse, leur aurait permis de mieux résister à l’effort soutenu requis par une telle traversée.

Les éléphants n’auraient perdu qu’environ 4 % de leurs réserves corporelles pendant le passage, contre 11 % pour les chevaux et près de 19 % pour les soldats.

Leur capacité à se déplacer sur des terrains difficiles, comparable à celle d’un véhicule tout-terrain, aurait été un avantage décisif pour l’armée d’Hannibal.

5

Les limites en Italie

Bien que les éléphants aient survécu à la traversée des Alpes, leur situation s’est compliquée une fois arrivés en Italie.

Privée de lignes d’approvisionnement fiables, l’armée d’Hannibal a eu du mal à nourrir ses troupes et ses bêtes.

L’effet de surprise initial offert par ces animaux impressionnants n’a pas suffi à compenser leur coût logistique élevé.

La plupart des éléphants sont morts durant l’hiver suivant, mettant fin à leur rôle stratégique dans la campagne militaire.

Cette fin tragique souligne les défis logistiques rencontrés par Hannibal après sa traversée.

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