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Gaza : des progrès fragiles, une crise humanitaire tenace

ONU : Droits humains· 18 juin 2026

Sept mois après l’adoption de la résolution 2803 du Conseil de sécurité, qui a entériné un plan de cessez-le-feu à Gaza, l’ONU estime que des progrès importants ont été accomplis, tout en avertissant que la population palestinienne reste confrontée à une crise humanitaire profonde.

Résumé

1

Cessez-le-feu à Gaza

Sept mois après l’adoption de la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU le 18 octobre 2025, un plan de cessez-le-feu a été mis en place à Gaza.

Cette résolution, votée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil, dont les cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Russie, Royaume-Uni), a permis de réduire les violences et d’améliorer l’accès à l’aide humanitaire.

Le Conseil de sécurité est l’organe de l’ONU chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales.

Le cessez-le-feu a notamment permis de faciliter le retour des derniers otages détenus par le Hamas, un mouvement politique et armé palestinien contrôlant la bande de Gaza depuis 2007.

Selon Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires de l’ONU, cette trêve a aussi permis de diminuer les pertes civiles et d’étendre les services essentiels comme l’eau, la santé ou l’éducation.

Cependant, malgré ces progrès, la situation reste fragile et dépendante des conditions sur le terrain.

2

Aide humanitaire en hausse

Grâce au cessez-le-feu, l’accès humanitaire à Gaza s’est amélioré, permettant aux organisations comme l’ONU ou l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) de distribuer plus d’un million de repas chauds par jour.

L’UNRWA (Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens), créée en 1949, joue un rôle clé dans l’aide aux populations déplacées.

Entre octobre 2025 et juin 2026, plus de 21 000 camions d’aide ont été acheminés, et les services d’eau, de santé et d’éducation ont été étendus.

Le taux de refus des missions humanitaires a fortement baissé, et Gaza n’est plus classée en situation de famine.

Cependant, ces avancées restent limitées par les restrictions persistantes, comme les procédures d’autorisation ou les limitations imposées par Israël, qui contrôle une grande partie du territoire.

L’ONU souligne que sans un accès complet et sûr, ces efforts ne suffiront pas à répondre à l’ensemble des besoins.

3

Crise humanitaire persistante

Malgré les progrès, la situation humanitaire à Gaza reste dramatique pour ses 2,1 millions d’habitants.

Depuis le début du cessez-le-feu en octobre 2025, près de 1 000 Palestiniens ont été tués, dont plus de 250 enfants.

La majorité de la population est déplacée, et 70 % des habitants n’ont toujours pas de logement adéquat.

Aucun hôpital n’est pleinement opérationnel, et 1,1 million d’enfants n’ont pas accès à l’eau potable.

Les pénuries de carburant, de pièces détachées et d’équipements médicaux aggravent la situation, rendant les opérations humanitaires plus difficiles.

L’ONU alerte sur la dégradation des conditions sanitaires, avec un risque accru de maladies en raison du manque d’infrastructures fonctionnelles.

Ces chiffres illustrent l’ampleur des défis restants pour une population épuisée par des années de conflit.

4

Financement insuffisant

L’ONU a lancé un appel urgent aux bailleurs de fonds (États, organisations internationales, entreprises) pour financer le plan humanitaire 2026 à Gaza.

Actuellement, moins d’un quart de ce plan est couvert, ce qui laisse près d’un million de personnes sans abri décent.

Le manque de financements bloque l’achat de matériel essentiel, comme des médicaments ou des générateurs, et limite la capacité des ONG à intervenir.

Tom Fletcher, chef des affaires humanitaires de l’ONU, a souligné que sans un soutien financier accru, les progrès réalisés pourraient être annulés.

Les restrictions imposées par Israël sur les livraisons de fonds et de biens compliquent aussi la situation.

Ce sous-financement aggrave une crise déjà profonde, où chaque dollar compte pour sauver des vies.

5

Violences en Cisjordanie

En parallèle de la situation à Gaza, la Cisjordanie occupée connaît une escalade des violences, notamment des attaques de colons israéliens contre des communautés palestiniennes.

Les colons sont des Israéliens vivant dans des colonies en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé depuis 1967, considéré comme illégal au regard du droit international.

Depuis dimanche, quatre mosquées dans le gouvernorat de Ramallah ont été incendiées, selon l’OCHA (Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires).

Ces actes, qualifiés d’« inacceptables » par l’ONU, menacent la cohésion sociale et risquent d’attiser les tensions.

Le coordonnateur humanitaire de l’ONU pour le Territoire palestinien occupé, Ramiz Alakbarov, a appelé à ce que les responsables de ces attaques rendent des comptes.

Ces violences s’ajoutent aux défis déjà immenses posés par le conflit israélo-palestinien.

6

Appel à la paix durable

Face à la persistance des violences et des crises humanitaires, l’ONU insiste sur la nécessité d’une solution à deux États, un concept visant à créer un État palestinien indépendant coexistant avec Israël.

Cette solution, soutenue par la communauté internationale, est considérée comme la clé d’une paix durable dans la région.

Tom Fletcher a exhorté les pays à maintenir leur attention sur Gaza tout en soutenant les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit.

La Chine, la France, la Russie et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité, ont joué un rôle actif dans les discussions.

Cependant, les divisions politiques et les violences persistantes rendent cette solution difficile à mettre en œuvre.

L’ONU rappelle que sans une volonté politique forte, les souffrances des populations civiles continueront.

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