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Un envoyé américain exhorte le Canada à en faire plus contre l’antisémitisme

ICI Radio-Canada· 5 août 2026
 Un envoyé américain exhorte le Canada à en faire plus contre l’antisémitisme

Yehuda Kaploun appelle Ottawa à révoquer des visas et à élargir les listes de personnes liées au terrorisme.

Résumé

1

Un envoyé spécial

L’envoyé spécial du président américain Donald Trump pour la lutte contre l’antisémitisme, le rabbin Yehuda Kaploun, a effectué une visite à Ottawa en août 2026 pour alerter le Canada sur la montée de l’antisémitisme dans le pays.

Nommé en décembre 2025, ce poste est équivalent à celui d’un ambassadeur, chargé de surveiller et de combattre les actes de haine envers les communautés juives.

Kaploun, qui a passé son enfance à Ottawa, a exprimé son inquiétude face à la dégradation de la situation, rappelant que le Canada était autrefois perçu comme un modèle d’inclusion et de tolérance.

Il a souligné que les actes antisémites, autrefois rares, sont désormais fréquents et violents, avec des attaques contre des synagogues, des commerces juifs et même des institutions américaines au Canada.

2

Chiffres alarmants

Les statistiques officielles révèlent une augmentation préoccupante des crimes haineux au Canada.

En 2025, la police canadienne a recensé 788 crimes haineux visant des juifs, contre 492 en 2021, soit une hausse de près de 60 % en quatre ans.

Parmi les incidents récents, on compte des fusillades contre des boulangeries juives à Toronto, une attaque par balles contre le consulat américain à Toronto pour la deuxième fois depuis mars 2026, et un incendie criminel dans un restaurant casher à Montréal.

Ces événements illustrent une escalade de la violence, perçue comme un signe de normalisation de l’antisémitisme dans l’espace public canadien.

Les organisations juives du pays ont également signalé une augmentation des alertes à la bombe et des menaces en ligne.

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Comparaison historique

Yehuda Kaploun a comparé la situation actuelle au Canada à l’Allemagne de 1933, année où le régime nazi a instauré des lois raciales et commencé à persécuter les communautés juives.

Bien que les contextes historiques diffèrent, cette comparaison vise à souligner l’urgence de la situation.

Le Troisième Reich avait progressivement privé les juifs de leurs droits avant d’organiser leur extermination systématique, faisant près de 6 millions de victimes.

Kaploun a expliqué que les niveaux d’antisémitisme observés aujourd’hui au Canada rappellent cette période sombre, notamment en raison de la banalisation des discours de haine et de la violence physique.

Cependant, des experts comme Doris Bergen, professeure à l’Université de Toronto, rappellent que les contextes ne sont pas identiques et que ces comparaisons peuvent détourner l’attention des enjeux actuels.

4

Propositions américaines

Pour lutter contre l’antisémitisme, Kaploun a proposé plusieurs mesures concrètes au Canada.

Il suggère notamment de révoquer des visas et d’élargir les listes de personnes ou groupes liés au terrorisme, en ciblant notamment les organisations financées ou armées par l’Iran.

Il recommande aussi de sanctionner les universités où les étudiants juifs ne se sentiraient pas en sécurité, en particulier lorsque des professeurs tiennent des propos propalestiniens extrêmes ou excluent les étudiants juifs de leurs cours.

Kaploun a insisté sur le fait que la liberté d’expression ne doit pas servir de prétexte pour diffamer les communautés juives ou entraver leur pratique religieuse.

Il a également salué les efforts de la plateforme X (anciennement Twitter), dirigée par Elon Musk, pour réduire de 25 à 30 % l’antisémitisme en ligne grâce à la détection des comptes étrangers.

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Réaction canadienne

Le gouvernement canadien, dirigé par le premier ministre Mark Carney, a réagi en affirmant avoir pris des mesures pour lutter contre l’antisémitisme.

Ces actions incluent l’adoption de lois plus strictes, des investissements dans la sécurité des communautés juives et des programmes de lutte contre la radicalisation.

Carney a remplacé le poste d’envoyé spécial chargé de l’antisémitisme par un conseil consultatif sur l’inclusion, chargé de promouvoir la cohésion sociale et de protéger les minorités.

Cependant, Kaploun a critiqué cette décision, estimant que le conseil manquait de représentativité et de fermeté, notamment en raison de la participation de certains membres à des rassemblements propalestiniens.

La porte-parole du gouvernement, Renée LeBlanc Proctor, a défendu cette approche en soulignant son objectif de protéger tous les Canadiens, y compris les communautés juives.

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Débats sur les réseaux sociaux

Kaploun a abordé le rôle des réseaux sociaux dans la propagation de l’antisémitisme, saluant les efforts de la plateforme X pour réduire les discours de haine.

Cependant, des organisations comme CyberWell, qui surveille l’antisémitisme en ligne, contestent ces affirmations.

Selon CyberWell, X serait la plateforme la plus réticente parmi les quatre principales à supprimer les contenus haineux ou les déformations de la Shoah.

Kaploun a également critiqué le gouvernement canadien pour avoir supprimé le poste d’envoyé spécial, un rôle traditionnellement occupé par des ambassadeurs ou des hauts fonctionnaires au sein de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, dont le Canada est membre.

Il a estimé que cette décision affaiblissait la lutte contre l’antisémitisme dans le pays.

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