Masculinisme : provoquer un « réveil des consciences » et renforcer le contrôle des plateformes

Dans un rapport dédié aux masculinismes, la délégation des droits des femmes du Sénat appelle à renforcer le contrôle sur les plateformes dont les modèles économiques et les outils de monétisation de contenus participent directement à alimenter la violence de genre. Fin juin, la délégation des droi…
Résumé
Rapport du Sénat
Fin juin 2025, la délégation des droits des femmes du Sénat français publie un rapport intitulé « Mascus : la nouvelle offensive contre les femmes ».
Ce document analyse la montée des mouvements masculinistes en France et à l’étranger, qu’il considère comme une menace pour la démocratie et la cohésion sociale.
Le rapport s’appuie sur l’audition de près d’une centaine de personnes et l’analyse de contenus en ligne.
Il souligne que ces mouvements, qui reposent sur la haine des femmes, constituent un enjeu majeur de politique publique nécessitant un « réveil des consciences ».
Les trois sénatrices à l’origine du rapport sont Béatrice Gosselin (LR), Olivia Richard (Union centriste) et Laurence Rossignol (PS).
Idées central du masculinisme
Le rapport identifie deux idées centrales du masculinisme qui se diffusent dans la société.
La première affirme que l’égalité femmes-hommes serait déjà atteinte, en niant des réalités comme les violences conjugales, les violences sexuelles, les écarts de salaire ou l’accès inégal aux postes de pouvoir.
La seconde idée présente les féministes comme des ennemies des hommes, cherchant à leur nuire.
Ces idées, bien que contestables, gagnent en visibilité dans l’espace public.
Le terme masculinisme désigne ici un mouvement politique et idéologique qui prône une supériorité masculine et s’oppose au féminisme, par opposition au machisme, qui relève davantage d’une attitude individuelle ou culturelle.
Rôle des plateformes numériques
Le rapport met en lumière le rôle des plateformes numériques comme TikTok ou YouTube dans la diffusion des idées masculinistes.
Une étude de 2024 révèle qu’il suffit de 26 minutes à un compte nouvellement créé sur ces réseaux pour se voir proposer des contenus misogynes.
Les sénatrices pointent du doigt les modèles économiques de ces plateformes, qui favorisent la monétisation de contenus sexistes ou haineux.
Elles proposent donc de démonétiser ces contenus, c’est-à-dire de supprimer les revenus publicitaires ou les partenariats liés à leur diffusion, afin de réduire leur attractivité financière.
Recommandations clés
Le rapport formule 24 recommandations pour lutter contre le masculinisme.
Parmi elles, l’assainissement de l’espace numérique figure en tête de liste.
Les sénatrices suggèrent d’interdire l’accès aux principaux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, afin de protéger les jeunes publics.
Elles plaident aussi pour une régulation plus stricte des algorithmes de recommandation, qui amplifient la visibilité des contenus haineux.
Enfin, elles demandent une meilleure formation des institutions, notamment des services d’enquête et du milieu judiciaire, pour mieux identifier et combattre les mouvements masculinistes.
Différence masculinisme/machisme
Dans les commentaires de l’article, des lecteurs soulèvent la confusion entre masculinisme et machisme.
Le machisme désigne une attitude ou un comportement individuel fondé sur la supériorité masculine, souvent associé à des stéréotypes de genre.
Le masculinisme, en revanche, est un mouvement politique et idéologique qui s’oppose au féminisme et cherche à rétablir une domination masculine dans la société.
Si les deux concepts partagent une base misogyne, le masculinisme a une dimension collective et organisée, tandis que le machisme relève davantage de l’attitude personnelle.
Défis de la régulation
Un commentaire souligne les difficultés à réguler les algorithmes des réseaux sociaux, en raison de leur puissance économique et de leur influence.
Les plateformes comme TikTok ou YouTube génèrent des milliards d’euros de revenus grâce à leurs algorithmes, ce qui rend toute réforme complexe.
Certains lecteurs proposent d’imposer une transparence totale sur le fonctionnement de ces algorithmes ou, plus radicalement, de les interdire, comme c’est déjà le cas sur des réseaux alternatifs comme Mastodon.
Cependant, la mise en œuvre de telles mesures se heurte à des obstacles politiques et économiques majeurs.
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