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Droit

RDC : une commission de l’ONU alerte sur une crise des droits humains « d'une gravité exceptionnelle »

ONU : Droits humains · mis à jour 29 juin

Avant même d’avoir rendu ses premières conclusions, la commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur les violations des droits humains dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) tire déjà la sonnette d’alarme..

Crise humanitaire en RDC

En juin 2026, une commission indépendante créée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a alerté sur une crise des droits humains « d’une gravité exceptionnelle » dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), plus précisément dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette crise est marquée par des violences extrêmes, des déplacements massifs de populations et des violations graves des droits fondamentaux. La commission, composée de trois experts dont Arnauld Akodjenou (son président) et Maxine Marcus, a été nommée en octobre 2025 pour enquêter sur les exactions présumées dans cette région. Jusqu’à présent, ses membres ont mené plus de 50 consultations en ligne et une trentaine de réunions en présentiel, notamment à Kinshasa, mais n’ont pas encore pu se rendre dans l’est du pays en raison de l’insécurité persistante. Leur travail en est encore à un stade préliminaire, sans que les responsabilités ne soient encore établies.

Conflit et groupes armés

Depuis janvier 2025, l’est de la RDC est le théâtre d’une offensive militaire majeure menée par le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé qui se présente comme le défenseur des Tutsis congolais. Ce conflit oppose le M23, soutenu par des éléments de l’armée rwandaise (selon l’ONU), aux forces gouvernementales congolaises, renforcées par des groupes d’autodéfense comme les Wazalendo et, dans certaines zones, par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe hutu créé par d’anciens responsables du génocide des Tutsis en 1994. D’autres groupes armés, tels que les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, agissent également dans la région. Malgré des accords de paix signés en 2024 entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’un processus de paix à Doha, les combats se poursuivent. La commission de l’ONU souligne que cette guerre a des répercussions régionales et affecte profondément la vie civile.

Violations des droits humains

Les témoignages recueillis par la commission de l’ONU révèlent des violations massives des droits humains dans l’est de la RDC. Ces exactions incluent des violences sexuelles (dont l’esclavage sexuel), des recrutements forcés, des homicides illégaux, des arrestations arbitraires, ainsi que des attaques contre des écoles et des centres de santé. Les enfants sont particulièrement touchés par cette crise. La commission a également reçu des informations sur des obstacles à l’acheminement de l’aide humanitaire, des mauvais traitements dans des lieux de détention ne respectant pas les normes internationales, et des menaces contre les victimes, les témoins et les défenseurs des droits humains qui coopèrent avec les Nations Unies. Ces actes visent à étouffer les mécanismes de documentation des crimes et à semer la peur parmi les populations.

Sanctions et exigences de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé, le 29 juin 2026, jusqu’au 1er juillet 2027 le régime de sanctions visant les groupes armés actifs en RDC, ainsi que le mandat du groupe d’experts chargé de les contrôler. Ces sanctions peuvent désormais s’appliquer à toute personne ou entité appartenant à un groupe armé qui entrave délibérément et gravement l’action de la mission de maintien de la paix de l’ONU (MONUSCO). Le Conseil exige un retrait immédiat et inconditionnel des forces rwandaises du territoire congolais, la fin du soutien du Rwanda au M23, et la cessation de l’appui de l’armée congolaise aux FDLR. Il exprime également sa préoccupation face à la souffrance des civils et aux violences sexuelles liées au conflit. Ces mesures visent à protéger les populations et à rétablir la stabilité dans la région.

Conséquences humanitaires

La crise en RDC dépasse la seule question sécuritaire : elle a des répercussions profondes sur les systèmes de santé, l’éducation, le commerce et la gouvernance locale. Les combats ont provoqué des déplacements massifs de populations, fragilisant encore davantage une région déjà instable. À cela s’ajoute une épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans l’est du pays, compliquant l’accès aux populations et le travail des organisations humanitaires. La commission de l’ONU rappelle que toutes les parties au conflit, ainsi que les acteurs contrôlant les territoires concernés, ont l’obligation de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, en particulier pour les femmes, les enfants et les personnes vulnérables. Cependant, des obstacles persistent, rendant l’aide difficile à acheminer.

Ce que ça pourrait changer

La commission de l’ONU a annoncé qu’elle poursuivrait ses investigations en respectant les standards internationaux de collecte et de préservation des preuves. Son **rapport final**, qui devra établir les faits et identifier les responsabilités, n’est pas attendu avant plusieurs mois. En attendant, elle insiste sur la nécessité d’une **attention soutenue**, d’une **enquête rigoureuse** et d’un **engagement international déterminé** pour mettre fin aux souffrances des populations. Ses membres espèrent pouvoir se rendre prochainement à Goma, la principale ville du Nord-Kivu, tombée aux mains du M23 en janvier 2025, dès que les conditions de sécurité le permettront. Leur priorité reste la protection des victimes et la garantie que leurs témoignages ne soient ni ignorés ni effacés.

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