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Droit

Aux Etats-Unis, la pilule abortive au cœur de la guerre menée par les anti-avortement

Le Monde : Droit à l'avortement · mis à jour 24 mai

Dans un Etat comme le Texas, ceux qui participent de près ou de loin à leur distribution peuvent être poursuivis par des citoyens..

Contexte légal aux États-Unis

En 2022, la Cour suprême des États-Unis a annulé l’arrêt Roe vs Wade de 1973, qui garantissait au niveau fédéral le droit à l’avortement. Cette décision a transféré la compétence aux États, entraînant des restrictions variables selon les régions. Deux ans plus tard, en 2024, la méthode médicamenteuse (pilules abortives) représente les deux tiers des interruptions volontaires de grossesse (IVG) aux États-Unis. Ces pilules, moins chères et accessibles via des plateformes de télémédecine, sont devenues un enjeu central pour les militants anti-avortement, qui cherchent à en limiter la diffusion.

Pilules abortives et télémédecine

Les pilules abortives, comme la mifépristone, sont utilisées pour réaliser une IVG médicamenteuse. Elles sont prescrites et fournies par des organisations spécialisées, souvent via des services de télémédecine, ce qui permet aux patientes d’éviter les déplacements et de garder leur anonymat. Ces méthodes sont particulièrement prisées car elles réduisent les coûts et simplifient l’accès à l’IVG. En 2026, des militants comme Rosy organisent l’acheminement de ces pilules dans des régions où l’avortement est restreint, comme Albuquerque (Nouveau-Mexique).

Bataille juridique nationale

Le 1er mai 2026, une cour d’appel fédérale a suspendu l’envoi par la poste des pilules abortives (mifépristone), fabriquées par les laboratoires Danco et GenBioPro. Ces entreprises ont immédiatement saisi la Cour suprême, qui a provisoirement maintenu la distribution par voie postale le 14 mai 2026, en attendant une décision définitive. Cette suspension illustre l’intensité de la guerre juridique autour de l’avortement, où les anti-avortement tentent de bloquer l’accès aux méthodes médicamenteuses, tandis que les défenseurs des droits reproductifs cherchent à préserver leur disponibilité.

Ce que ça pourrait changer

En septembre 2025, le Texas a adopté une loi autorisant « toute personne à poursuivre en justice toute organisation ou individu impliqué dans la fabrication, l’envoi ou la fourniture de pilules abortives ». Cette loi, surnommée *loi des citoyens*, permet à quiconque de déposer une plainte contre des acteurs de l’IVG médicamenteuse, avec une amende minimale de 100 000 dollars (86 000 euros). Cette mesure vise à dissuader les organisations et les militants de continuer à distribuer ces pilules, même dans les États où l’avortement reste légal.

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