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Klaude, artiste de cabaret : « Je veux être vraiment folle et faire sentir que tout peut déraper. »

Quentin Grosset· 29 juillet 2026

Divine (1945-1988), c’était une drag-queen incendiaire, icône du cinéma de John Waters. Chaque mois, notre journaliste part à la rencontre d’artistes qui perpétuent son esprit trash, camp, féroce et glam. Un artiste de cabaret qui se met du caca dans la wig en se revendiquant de Sylvie Vartan et de la saga gore Terrifier ? On hurle « Gang ! »

Résumé

1

Inspiration artistique trash

L’article présente Klaude, un artiste de cabaret qui s’inspire de figures comme Divine (1945-1988), une drag-queen emblématique du cinéma trash de John Waters.

Divine était connue pour son style excentrique, provocateur et son engagement dans des rôles audacieux, souvent associés au mouvement camp (un style artistique qui exagère les codes de la culture populaire pour en révéler l’absurdité ou la superficialité).

Klaude perpétue cette tradition en revendiquant une esthétique radicale, mêlant vulgarité, idiotie et colère.

Son univers artistique s’inscrit dans une démarche de subversion des normes sociales et culturelles, en opposition aux attentes traditionnelles du théâtre ou du cabaret.

Il cite notamment la saga gore Terrifier et des figures comme Sylvie Vartan comme influences, tout en rejetant les attentes liées à son physique ou à son identité de genre.

2

Performance provocatrice

Klaude est connu pour ses performances extrêmes, comme une vidéo virale où il incarne une créature glamour mais déjantée, recouverte de yaourt, d’œuf et de pâte à pizza dans une cuisine sombre.

Cette scène, comparée à un found footage (technique de tournage amateur donnant un aspect réaliste et brut) en infrarouge, illustre son approche artistique : mêler horreur et glamour pour créer un malaise ou une fascination chez le public.

Ses créations incluent aussi des autoportraits crades en charcuterie, des selfies cringe (expression désignant une situation embarrassante ou maladroite) devant des culs pailletés, ou des danses sur des monticules de fumier, comme dans son clip Icône.

Ces performances visent à choquer, à provoquer une réaction forte et à briser les conventions du cabaret traditionnel.

3

Rejet des normes culturelles

Klaude critique ouvertement le mépris culturel qu’il observe dans le milieu du théâtre, où l’accès à certains rôles ou reconnaissances serait conditionné par la consommation de références intellectuelles (lectures, films, pièces de théâtre).

Pour lui, cette exigence est vide de sens et sert souvent à exclure ceux qui ne correspondent pas aux normes bourgeoises ou hétérocentrées.

Il rejette également la récupération capitaliste des identités queer (non hétérosexuelles) par des institutions ou des individus qui les réduisent à des stéréotypes ou les exploitent commercialement.

Son cabaret, Pov’Konnes, qu’il a créé, vise à offrir un espace où la radicalité, la dangerosité et la brutalité priment sur les conventions, en mettant en avant des artistes femmes ou dissidentes comme Brigitte Fontaine, Jeanne Mas ou Lio.

4

Style et influences musicales

Klaude puise son inspiration dans la musique, notamment des artistes femmes qui osent aborder des thèmes sombres ou transgressifs.

Parmi ses idoles, on trouve Sylvie Vartan, pour qui il a écrit une chanson, ainsi que Lio, dont il admire la profondeur dark (sombre, mélancolique ou subversive) de titres comme Si belle et inutile.

Il a également collaboré avec Julie Pietri sur le morceau Garçon caresse, une période qu’il décrit comme terminée.

Aujourd’hui, ses créations se tournent vers des univers plus extrêmes, comme son clip Anthropophage en collaboration avec Élisabeth Wiener, ou des performances où il incarne Super Pédé, un héros fictif qui ne sauve que les personnes LGBTQ+ marginalisées.

Ses textes mêlent provocation et autodérision, comme dans Icône où il clame : *« Je suis la digne déception de votre humanité ratée / Reniez-moi, reniez-moi, reniez-moi !

»*.

5

Engagement dans les cabarets

Klaude se produit dans plusieurs cabarets parisiens, dont Pov’Konnes (qu’il a cofondé), Les Douze Travelos d’Hercule et Madame Arthur.

Ces lieux sont des espaces dédiés à des performances artistiques audacieuses, souvent en marge des circuits traditionnels.

Pov’Konnes, en particulier, se distingue par son ambition de faire évoluer le format des chansons de cabaret vers plus de radicalité et de dangerosité.

Klaude y défend une vision où le public n’est pas passif : ses spectacles visent à le bousculer, à le mettre mal à l’aise ou à le faire réagir.

Il rejette les soirées qui s’autoproclament « folles » sans l’être vraiment, insistant sur la nécessité de repousser les limites pour créer une expérience artistique authentiquement transgressive.

Son approche s’inscrit dans une volonté de donner une voix aux artistes marginalisés et de contester les normes esthétiques ou sociales dominantes.

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