Comment des lingots d'or soviétiques de la Seconde Guerre mondiale sont restés quarante ans enfouis dans les eaux
Un chasseur de trésors sous-marins a exhumé une cargaison d'or estimée à plus de quarante millions de livres sterling. En 1942, ces lingots d'or étaient transportés par bateau vers les États-Unis, pour payer du matériel de guerre.
Résumé
Contexte historique
En 1942, alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein, l'entrée en guerre des États-Unis renforce l'alliance contre les forces de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon).
Pour financer l'effort de guerre, l'Union soviétique (URSS) envoie une cargaison de 465 lingots d'or, d'une valeur de 1,5 million de livres sterling à l'époque, vers les États-Unis à bord du navire de guerre britannique HMS Edinburgh.
Ce transport maritime s'inscrit dans un contexte où les batailles navales contre les forces ennemies s'intensifient, notamment dans les eaux froides de l'Arctique, près de Mourmansk, un port soviétique situé au nord-ouest de la Russie.
Les lingots d'or, chacun pesant environ 10,4 kilogrammes, représentent une ressource stratégique pour soutenir l'économie de guerre et les dépenses militaires.
Attaque et naufrage
Le 30 avril 1942, le HMS Edinburgh est repéré par des avions allemands au large de Mourmansk.
Des sous-marins ennemis lancent une première salve de quatre torpilles, sans succès, puis une seconde série qui touche gravement la poupe du navire.
Après deux jours de poursuite, le croiseur léger britannique est de nouveau torpillé, causant la perte de 58 marins.
Les dégâts étant irréparables, la marine britannique décide de saborder le navire pour éviter sa capture par l'ennemi.
Le HMS Edinburgh sombre ainsi avec sa cargaison d'or, qui reste enfouie dans les eaux glacées de la mer de Barents pendant plus de quarante ans.
Premier projet avorté
En 1954, un premier projet de récupération de l'or est lancé, mais il est rapidement abandonné en raison d'un manque de moyens et de coopération internationale.
À cette époque, les technologies de plongée sous-marine sont moins avancées qu'aujourd'hui, et les conditions extrêmes de la mer de Barents rendent l'opération particulièrement complexe.
Les lingots, protégés par un contrat d'assurance, reposent alors tranquillement au fond de l'eau, sans que personne ne cherche à les récupérer.
Ce n'est qu'à la fin des années 1970 que l'idée d'une nouvelle tentative émerge, portée par des acteurs déterminés à exploiter ce trésor oublié.
Consortium germano-britannique
À la fin des années 1970, un consortium germano-britannique est formé pour tenter de récupérer les lingots d'or.
Ce groupe, dirigé par Keith Jessop, un chasseur de trésors marins expérimenté, signe un contrat avec le gouvernement britannique stipulant une clause clé : « pas de résultat, pas de paiement ».
Cela signifie que Jessop ne toucherait aucune rémunération si l'opération échouait, mais qu'il recevrait 45 % de la valeur des lingots récupérés en cas de succès.
Cette condition reflète le niveau de risque élevé associé à une telle entreprise, notamment en raison des dangers liés aux épaves et aux conditions météorologiques extrêmes de la région.
Localisation et extraction
Grâce à des témoignages de survivants et à des documents d'archives, l'équipe parvient à localiser l'épave du HMS Edinburgh à 400 kilomètres au nord-est de la baie de Kola, en mer de Barents.
Les plongeurs doivent d'abord dégager un accès à l'épave, fortement endommagée par les torpilles.
Cette opération prend plusieurs semaines et nécessite des travaux sous-marins minutieux pour sécuriser les lieux, car l'épave contient encore des bombes susceptibles d'exploser.
Le 16 septembre 1981, un plongeur de 27 ans, Jon Rossier, envoie enfin le message tant attendu : *« J'ai trouvé l'or !
»*.
Résultats et partage
Sur les 465 lingots initialement transportés, 431 sont remontés à la surface à l'aide de cages métalliques.
Cependant, des conditions météorologiques défavorables obligent l'équipe à quitter les lieux avant de pouvoir récupérer l'intégralité du trésor.
Finalement, 161 lingots sont récupérés, tandis que le reste est partagé entre l'URSS et le ministère britannique du Commerce.
La valeur totale de l'or récupéré s'élève à près de 40 millions de livres sterling, soit environ 47 millions d'euros à l'époque.
En 1986, une seconde expédition permet de remonter 29 lingots supplémentaires, ne laissant que 5 lingots toujours introuvables au fond de la mer.
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