Pour en finir avec les abandons, le permis pour avoir un chien débarque et voici l’examen

Fini les adoptions impulsives : à Brême, posséder un chien exige désormais de passer un examen théorique et pratique rigoureux. Une méthode drastique pour responsabiliser les maîtres. La France doit-elle emboîter le pas pour freiner ses abandons records ?
Résumé
Nouveau permis canin à Brême
Depuis le 1er juillet 2026, la ville-État de Brême en Allemagne impose un permis canin pour toute personne souhaitant adopter un chien, quelle que soit sa race ou sa taille.
Cette mesure vise à réduire les abandons d'animaux en responsabilisant les futurs propriétaires.
Contrairement aux règles existantes dans d'autres régions allemandes ou européennes, ce permis est généralisé à tous, marquant une étape importante vers une réglementation plus stricte en Allemagne.
Les autorités locales justifient cette décision par la saturation des refuges et la multiplication des abandons, souvent dus à une sous-estimation des besoins réels liés à la possession d'un chien.
Examen théorique obligatoire
Avant même d'accueillir un chien, les futurs propriétaires doivent réussir un examen théorique sous forme de QCM de 35 questions.
Ce test évalue quatre domaines principaux : le comportement animal, les soins et la santé, les techniques d'éducation positive, ainsi que le cadre légal quotidien (règles de tenue en laisse, interactions avec les usagers, etc.).
Pour obtenir l'attestation, un score minimal de 75 % de bonnes réponses est requis.
L'objectif est de vérifier que le candidat comprend la psychologie canine et sait reconnaître les signes de stress ou d'agressivité chez l'animal.
Une exception est prévue pour les personnes ayant déjà gardé un chien pendant au moins deux ans et ayant réussi l'épreuve théorique dans les cinq dernières années.
Test pratique en conditions réelles
Dans l'année suivant l'adoption, le propriétaire doit passer un examen pratique devant un examinateur agréé ou un éducateur canin certifié.
Cet examen évalue la maîtrise des ordres de base comme assis, reste ou rappel, ainsi que la capacité à promener le chien en laisse de manière détendue.
Le test se déroule en conditions réelles et inclut des situations génératrices de stress, comme le croisement avec d'autres chiens, le passage d'un joggeur ou le frôlement d'un vélo.
Contrairement à l'examen théorique, le permis pratique n'est pas valable à vie : il doit être repassé pour chaque nouveau chien adopté, car chaque animal a un tempérament unique.
Sanctions en cas de non-respect
Les propriétaires doivent être en mesure de présenter leur permis, sous forme physique ou numérique, lors d'un contrôle par l'office de l'ordre public.
En cas d'absence de document, les sanctions peuvent être lourdes : des amendes pouvant atteindre jusqu'à 50 000 euros, voire la suspension du droit de garder l'animal.
Ces mesures drastiques visent à garantir le respect des nouvelles règles et à dissuader les adoptions impulsives.
À Brême, cette approche s'inscrit dans une volonté de lutter contre la surpopulation des refuges et de promouvoir une relation responsable entre les humains et les chiens.
Contexte européen et français
Plusieurs pays européens ont déjà adopté des mesures similaires.
La Suisse impose une attestation de compétences depuis 2008, tandis que l'Autriche et l'Espagne ont renforcé leurs législations en intégrant des formations obligatoires pour les futurs propriétaires de chiens.
En France, la loi actuelle ne concerne que les chiens dits dangereux (catégories 1 et 2), avec une attestation d'aptitude et une évaluation comportementale.
Pourtant, la France détient le record européen d'abandons d'animaux, avec 335 000 chiens et chats abandonnés en 2025, soit un animal toutes les 94 secondes selon l'association Stéphane Lamart.
Cette situation soulève la question d'une possible généralisation du permis canin en France.
Objectifs et limites du dispositif
Le permis canin de Brême a pour but de réduire les abandons en responsabilisant les propriétaires avant l'adoption.
Cependant, cette mesure ne fait pas l'unanimité.
Certains estiment qu'elle pourrait décourager les adoptions légitimes ou compliquer l'accès aux chiens pour des personnes moins aisées.
D'autres soulignent que l'éducation canine devrait être encouragée plutôt que sanctionnée.
Malgré ces débats, Brême et d'autres régions allemandes montrent la voie d'une réglementation plus stricte, dans un contexte où les refuges sont saturés et les abandons en hausse.
La question reste ouverte : la France suivra-t-elle cette tendance ?
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