Vous avez des difficultés de concentration ? Voici quelques astuces pour améliorer vos capacités d’attention
Si nos capacités de concentration n’ont pas forcément été altérées par les nouvelles technologies, le fait de passer constamment d’une tâche à l’autre altère la qualité de notre attention. FujiCraft/Getty Sollicités en permanence par les notifications de nos ordinateurs ou de nos téléphones, nous a…
Résumé
Notifications et stress
En moyenne, un adulte utilisant un smartphone aux États-Unis reçoit quotidiennement au moins 46 notifications push, soit une toutes les 20 minutes environ pendant ses heures d'éveil.
Ces alertes, conçues pour capter immédiatement l'attention, augmentent le niveau de stress et réduisent la productivité.
Selon des recherches publiées en 2024, elles peuvent aussi avoir des conséquences graves, comme des accidents mortels : en Australie, la distraction liée au téléphone coûte la vie à 29 personnes chaque année.
Ces interruptions fréquentes perturbent notre capacité à nous concentrer sur une seule tâche, car notre cerveau n'est pas adapté pour gérer simultanément plusieurs sollicitations.
Le terme notification push désigne un message envoyé par une application ou un site web directement sur l'écran d'un appareil, même lorsque l'utilisateur n'est pas actif sur cette application.
Mécanisme attention sélective
Notre capacité à nous concentrer repose sur un mécanisme appelé attention sélective, qui permet de se focaliser sur les informations pertinentes tout en ignorant le reste.
Ce processus dépend de la coordination entre différentes régions du cerveau.
Il repose sur un équilibre entre nos objectifs et notre environnement : un bruit soudain ou un mouvement inattendu peut détourner notre attention, car ce mécanisme a évolué pour renforcer notre sécurité.
Par exemple, dans un environnement naturel comme une forêt, un bruissement de feuilles pouvait signaler un prédateur, justifiant un changement immédiat d'attention.
Aujourd'hui, ce même mécanisme est sollicité par des distractions modernes comme les vibrations d'un smartphone, bien moins urgentes mais tout aussi captivantes.
Technologie et récompense
Les plateformes numériques exploitent les systèmes de récompense du cerveau pour capter et retenir notre attention.
Ces systèmes, qui libèrent de la dopamine lors de récompenses comme un like sur une publication, rendent les distractions plus difficiles à ignorer.
Les recherches montrent que les interruptions fréquentes réduisent notre capacité à rester concentré sur une tâche longue ou complexe.
Contrairement à une idée reçue, le multitâche n'existe pas : notre cerveau alterne rapidement entre les tâches plutôt que de les exécuter simultanément.
Cette alternance, appelée task switching, diminue les performances sur l'une ou les deux tâches concernées, quel que soit leur niveau de familiarité.
Le terme système de récompense désigne un réseau cérébral qui associe certaines actions à une sensation de plaisir ou de satisfaction.
Alternance et performance
Des études ont démontré que basculer rapidement entre plusieurs tâches, comme répondre à un message tout en travaillant, nuit à la qualité du travail accompli.
Cette alternance de tâches (task switching en anglais) réduit l'efficacité, même pour des activités simples ou prévisibles.
Par exemple, une tâche qui prendrait normalement 20 minutes peut nécessiter 40 minutes si elle est interrompue plusieurs fois.
Ce phénomène s'explique par le temps nécessaire à notre cerveau pour se réadapter à une tâche après une interruption.
Les chercheurs soulignent que cette perte de performance n'est pas liée à une baisse des capacités fondamentales de concentration, mais à la fréquence accrue des changements d'activité.
Facteurs influençant l'attention
Plusieurs facteurs peuvent affecter notre capacité à rester concentré, notamment la qualité du sommeil et la présence de troubles comme le TDAH (Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité).
Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des difficultés à maintenir son attention, une impulsivité et parfois une hyperactivité.
Il touche environ 5 % des enfants et 2,5 % des adultes dans le monde.
D'autres éléments, comme le stress ou une alimentation déséquilibrée, peuvent aussi jouer un rôle.
Pour améliorer sa concentration, il est donc important d'agir sur ces différents leviers, en adaptant son mode de vie plutôt qu'en cherchant à modifier directement ses capacités cérébrales.
Réduire distractions numériques
Pour limiter les distractions liées aux appareils électroniques, plusieurs solutions existent.
Activer le mode Concentration sur un smartphone permet de filtrer automatiquement les notifications pendant les périodes de travail ou de conduite.
Désactiver les notifications des applications et définir des plages horaires pour les consulter, comme 10 minutes avant le déjeuner, peut aussi aider.
Certaines applications de suivi du temps d'écran fournissent des données utiles pour prendre conscience de ses habitudes.
Cependant, il est préférable d'éviter celles qui transforment le temps passé loin de l'écran en un jeu, car ces fonctionnalités sont conçues pour capter l'attention.
L'objectif est de réduire l'exposition aux sollicitations numériques plutôt que de les remplacer par d'autres distractions.
Activités immersives
Les activités qui demandent une attention soutenue, comme jouer d'un instrument de musique ou pratiquer un sport de compétition, améliorent la capacité de concentration.
Ces activités, dites immersives, obligent à se focaliser sur une tâche pendant de longues périodes, ce qui renforce l'endurance attentionnelle.
Des recherches montrent que s'y adonner plusieurs fois par semaine peut avoir des effets bénéfiques.
Une autre méthode consiste à utiliser la technique Pomodoro, qui alterne des intervalles de 25 minutes de travail concentré avec des pauses de 5 minutes.
Cette approche permet de structurer son temps et de maintenir un niveau d'attention élevé sans épuisement.
Le terme immersif désigne ici une activité qui plonge totalement l'individu dans un état de concentration intense.
Sommeil et technologie
Éviter d'utiliser des appareils électroniques avant de dormir améliore la qualité du sommeil.
Des études révèlent que les personnes qui ne gardent pas leur téléphone dans la chambre dorment mieux.
Une meilleure nuit de sommeil se traduit ensuite par une meilleure concentration le lendemain.
Par ailleurs, résister à l'envie de consulter immédiatement son appareil pendant les temps libres favorise la créativité.
Des recherches suggèrent que laisser son esprit vagabonder régulièrement permet au cerveau de traiter l'information et de créer de nouveaux liens entre différentes idées.
En somme, réduire l'exposition aux écrans, surtout le soir, est un levier simple mais efficace pour optimiser son attention.
Contrôle progressif
Reprendre le contrôle de son attention ne nécessite pas de suivre des règles strictes ou des routines rigides.
Il s'agit plutôt d'adopter progressivement des gestes simples pour être plus présent au quotidien.
Par exemple, désactiver les notifications non essentielles ou réserver des plages horaires sans écran peut faire une différence notable.
L'attention est une ressource limitée, et son utilisation judicieuse dépend de petits ajustements dans nos habitudes.
L'objectif n'est pas la perfection, mais une amélioration mesurable de sa capacité à se concentrer sur ce qui compte vraiment.
Cette approche repose sur l'idée que la concentration se travaille comme un muscle, en l'exerçant régulièrement sans surcharge.
Commentaires (0)
Connecte-toi pour commenter
Se connecterAucun commentaire pour le moment.
Voir aussi
Plus de contenus dans cette catégorie →Découvre plus de contenu sur Napseflow


