Hausse de la mortalité infantile en France : pourquoi les alertes restent sans effets ?
En 2024, selon une étude de la Drees publiée ce mardi 7 juillet 2026, 7 398 enfants sont nés sans vie ou sont décédés dans leur première semaine de vie en France. Un chiffre inquiétant, qui augmente depuis 2021. Pourquoi la France ne parvient-elle pas à enrayer le problème ?
Résumé
Chiffres alarmants
En 2024, la France a enregistré 7 398 cas de mortalité infantile périnatale, incluant les enfants nés sans vie ou décédés dans leur première semaine de vie.
Ce chiffre concerne un peu plus de 661 000 naissances cette année-là.
Le taux de mortalité périnatale atteint ainsi 11,2 pour 1 000 naissances, un niveau en hausse depuis 2021.
La mortalité périnatale désigne les décès survenant entre la 22e semaine de grossesse et les 7 jours suivant la naissance.
Ces données proviennent d’une étude publiée le 7 juillet 2026 par la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), un organisme public français chargé de produire des statistiques sur la santé et le social.
Cette augmentation contraste avec les objectifs de santé publique fixés par les autorités, qui visaient à réduire ce taux.
Contexte historique
La hausse de la mortalité infantile en France n’est pas un phénomène récent, mais elle s’aggrave depuis plusieurs années.
Le problème est régulièrement signalé par des experts, des associations et des professionnels de santé, sans que des mesures efficaces ne soient mises en place pour inverser la tendance.
Cette situation soulève des questions sur l’efficacité des politiques publiques et des alertes lancées par les acteurs du système de santé.
Le sujet est d’autant plus préoccupant que la France, souvent citée comme un modèle en matière de protection sociale, peine à garantir la sécurité des nouveau-nés.
Les causes de cette mortalité accrue restent multifactorielles et nécessitent une analyse approfondie pour comprendre pourquoi les solutions proposées jusqu’à présent n’ont pas permis de réduire ces chiffres.
Causes identifiées
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette hausse de la mortalité infantile.
Selon les experts, ils incluent des problèmes structurels dans le système de santé, comme la saturation des services de néonatologie, le manque de personnel soignant qualifié, ou encore des inégalités d’accès aux soins selon les territoires.
Un livre publié en 2025, intitulé *4,1.
Le scandale des accouchements en France*, met en lumière des dysfonctionnements dans les maternités, notamment des conditions de travail difficiles pour les équipes médicales et des délais d’intervention trop longs.
Anthony Cortès, co-auteur de cet ouvrage et journaliste, souligne que ces problèmes ne sont pas nouveaux mais s’aggravent avec le temps.
D’autres causes possibles incluent des facteurs socio-économiques, comme la précarité des parents, qui peut impacter la santé de la mère et du bébé pendant la grossesse et après la naissance.
Solutions envisagées
Face à cette situation, plusieurs pistes sont évoquées pour améliorer la prise en charge des nouveau-nés et réduire la mortalité infantile.
Parmi les propositions, on trouve l’augmentation des effectifs dans les services de néonatologie, la formation continue des professionnels de santé, et une meilleure répartition des ressources médicales sur le territoire.
Certains experts plaident également pour une réforme des protocoles de soins périnataux, afin d’accélérer les interventions en cas de complications.
Une autre solution serait de renforcer le suivi des grossesses à risque, en identifiant plus tôt les femmes vulnérables et en leur offrant un accompagnement adapté.
Enfin, des associations demandent une meilleure allocation des budgets publics pour la santé maternelle et infantile, afin de garantir un accès équitable aux soins pour toutes les familles, quel que soit leur lieu de résidence.
Rôle des institutions
Les institutions publiques, comme la Drees, jouent un rôle central dans le suivi et l’analyse des données sur la mortalité infantile.
Leur travail permet d’identifier les tendances et d’alerter les pouvoirs publics sur les risques.
Cependant, la mise en œuvre de solutions dépend aussi des décisions politiques et des priorités budgétaires.
Les professionnels de santé, quant à eux, sont en première ligne pour constater les dysfonctionnements au quotidien.
Leur voix est souvent relayée par des médias ou des ouvrages comme celui d’Anthony Cortès, qui mettent en lumière les lacunes du système.
Malgré ces alertes répétées, les changements concrets restent limités, ce qui interroge sur l’efficacité des mécanismes de réponse aux crises sanitaires en France.
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