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[MàJ] Springer Nature a republié les articles rétractés de Max Planck

Martin Clavey· 9 juillet 2026
[MàJ] Springer Nature a republié les articles rétractés de Max Planck

Des chercheurs québécois ont remarqué que deux articles du chercheur allemand Max Planck datant des années 1940 ont été rétractés par l’éditeur scientifique. La rétractation non datée, elle, accusant le physicien de violation de copyright, serait en fait due à une détection automatique zélée. [Mise…

Résumé

1

Rétractation d'articles historiques

Deux articles du physicien allemand Max Planck, publiés dans les années 1940 dans la revue Die Naturwissenschaften, ont été rétractés par l'éditeur Springer Nature en 2011.

Cette rétractation, initialement justifiée par une prétendue violation de copyright, a été jugée surprenante par des historiens des sciences québécois, Yves Gingras et Mahdi Khelfaoui.

En effet, Planck, lauréat du prix Nobel et figure majeure de la mécanique quantique, était décédé en 1947, bien avant cette décision.

Les historiens ont donc suspecté une application anachronique des règles éthiques contemporaines à des pratiques scientifiques d'une époque où ces normes n'existaient pas.

2

Origine de l'erreur

Les historiens ont découvert que la rétractation était due à un système automatique de détection de copyright mis en place par Springer Nature.

Ce système, conçu pour repérer les publications dupliquées ou les auto-plagiats, a identifié à tort des articles de Planck comme des infractions.

À l'époque de Planck, il était courant de republier un même article dans plusieurs revues pour diffuser plus largement les connaissances, une pratique aujourd'hui considérée comme de l'auto-plagiat.

Les historiens soulignent que cette obsession pour la productivité scientifique, appelée « publish or perish », n'existait pas dans les années 1940.

3

Contexte historique et éthique

Les historiens expliquent que les normes éthiques en matière de publication scientifique ont évolué au fil du temps.

Dans les années 1990, des règles strictes ont été instaurées pour lutter contre les pratiques frauduleuses, comme le publish or perish ou l'auto-plagiat, qui visent à gonfler artificiellement le nombre de publications.

Cependant, ces règles n'étaient pas applicables aux articles de Planck, publiés bien avant leur adoption.

Les historiens citent l'exemple de l'article de 1942, qui avait été publié dans plusieurs revues sans que cela ne pose problème à l'époque.

Pour l'article de 1940, une explication plausible serait la réutilisation d'un titre déjà utilisé par un autre physicien, Aloys Müller, sans que cela ne constitue une violation des règles de l'époque.

4

Réaction de l'éditeur

Après la publication d'un article par Gingras et Khelfaoui sur arXiv en juin 2024, Springer Nature a finalement réintégré les deux articles de Planck sur son site le 6 juillet 2024.

L'éditeur a ajouté une note indiquant que la rétractation était due à une « erreur humaine ».

Cette décision intervient après que les historiens aient souligné l'absurdité de la rétractation, notamment en raison de l'absence de justification plausible à l'époque des faits.

Springer Nature n'a pas fourni d'explications détaillées, invoquant la confidentialité des informations concernant les rétractations.

5

Enjeux des archives scientifiques

Les historiens Gingras et Khelfaoui ont également souligné l'importance de préserver l'accès aux articles historiques, même ceux publiés il y a plus de 80 ans.

Ils ont rappelé que des plateformes comme Internet Archive permettent toujours de consulter les articles rétractés, offrant ainsi un accès à des débats scientifiques toujours d'actualité, comme l'interprétation de Copenhague en mécanique quantique.

Les historiens ont critiqué la décision de Springer Nature, la qualifiant de « décision arbitraire et anachronique », et ont demandé le retour des textes sur le site de la revue.

La revue Die Naturwissenschaften a depuis été rebaptisée The Science of Nature.

6

Réputation des éditeurs

L'affaire a mis en lumière les critiques récurrentes envers les grands éditeurs scientifiques comme Springer Nature ou Elsevier, souvent perçus comme des « pompes à fric » par une partie de la communauté scientifique.

Ces éditeurs sont accusés de privilégier les profits au détriment de la qualité et de l'accès libre à la connaissance.

Certains chercheurs, comme ceux cités dans les commentaires de l'article, estiment que ces éditeurs ont une « réputation de charognard » et que leur valeur ajoutée est discutable.

D'autres, comme l'IEEE ou l'ACM, bénéficient d'une meilleure image dans le milieu scientifique.

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