C : Cookie – C’est pas du gâteau !
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La francisation des termes numériques, comme celle du mot cookie, pose des défis majeurs. Des organismes comme FranceTerme, une initiative officielle française, tentent de traduire des termes techniques anglais en français. Cependant, ces traductions sont souvent critiquées pour leur manque de pertinence ou leur complexité. Par exemple, cookie est traduit par témoin de connexion, un terme peu intuitif et rarement utilisé. Cette francisation s'inscrit dans une démarche plus large, comme l'alphabestiaire du numérique, visant à clarifier le vocabulaire technique pour le grand public. Pourtant, ces efforts se heurtent à la résistance des usages établis, où les termes anglais dominent largement.
Un cookie est un petit fichier de données envoyé par un site web à l'ordinateur de l'utilisateur lors de sa visite. Apparu dans les années 1990, ce terme est aujourd'hui universellement reconnu, bien que son fonctionnement technique reste méconnu du grand public. Les cookies servent principalement à faciliter la navigation en mémorisant des préférences ou des identifiants de session. Par exemple, ils permettent de rester connecté à un site ou de personnaliser l'affichage des pages. Cependant, ils sont aussi utilisés pour suivre les activités des utilisateurs à des fins publicitaires ou analytiques, ce qui soulève des questions éthiques et de protection des données.
Les traductions officielles des termes numériques échouent souvent à s'imposer. Par exemple, cookie est remplacé par témoin de connexion, un terme peu parlant pour la majorité des utilisateurs. Même FranceTerme, qui propose ces traductions, est contraint d'ajouter le terme anglais entre parenthèses pour garantir la compréhension. Les rares traductions qui réussissent sont celles dont l'équivalent français est simple et évocateur, comme intelligence artificielle pour artificial intelligence. Pour les autres, comme appliquette (proposé pour applet), l'usage reste confidentiel, voire ridicule, et ne facilite pas la communication.
Contrairement à une idée reçue, un cookie n'est pas un programme exécutable, mais un simple fichier de données passives. Il ne contient pas d'instructions et ne peut pas agir seul sur un ordinateur. Son rôle se limite à stocker des informations, comme un identifiant de session ou des préférences, qui seront ensuite lues par le site web lors de la visite suivante. Par exemple, un site de commerce en ligne peut utiliser un cookie pour retenir les articles consultés par un utilisateur. Cependant, ces fichiers peuvent être collectés et exploités par des tiers, notamment pour du ciblage publicitaire, ce qui pose des questions sur la vie privée.
Les auteurs de l'article, Yves Bertrand et Thierry Viéville, critiquent la méthode de francisation employée par FranceTerme. Ils estiment que les traductions proposées sont souvent inutiles, voire contre-productives, car elles complexifient la compréhension sans apporter de valeur. Par exemple, le terme pop-up est défini par erreur comme un livre en relief dans les ressources officielles. Les auteurs soulignent que la langue française ne gagne rien à imposer des termes obscurs, et que la communication en pâtit. Ils suggèrent de privilégier l'usage des termes anglais, déjà largement compris, plutôt que de forcer des équivalents artificiels.
Pour les utilisateurs, la confusion entre les termes techniques et leurs traductions peut entraîner des malentendus. Par exemple, le terme *témoin de connexion* ne permet pas de deviner qu'il s'agit d'un *cookie*, contrairement au terme anglais. Cette méconnaissance peut aussi avoir des conséquences pratiques, comme l'acceptation involontaire de cookies intrusifs lors de la navigation. Les auteurs encouragent les utilisateurs à configurer leurs navigateurs pour limiter l'impact des cookies, par exemple en bloquant les fenêtres intruses (*pop-ups*) ou en effaçant régulièrement les données de navigation. Cette démarche permet de mieux contrôler sa vie privée en ligne.

